Plus fort que la French Tech, la Wallonie numérique affiche son identité régionale

  • 300 start-ups numériques
  • 3.000 emplois
  • C'est la Wallonie!
©BELGA

Fédérer les actions des différents acteurs wallons du numérique est l’un des objectifs du plan Digital Wallonia. Pour la région, c'est une question de lisibilité et de crédibilité sur la scène internationale.

La Wallonie compte plus de 300 start-ups actives dans le numérique. On leur attribue la création d’environ 3.000 emplois. Quelque 65% d’entre elles sont actives dans le BtoB et la majorité ont des clients à l’international. Pas mal, non? Pourtant, on en parle peu ou presque pas. Et cette remarque est valable pour une série de structures et initiatives existantes qui entendent par leurs actions redéfinir les modèles économiques et réindustrialiser la Wallonie par le numérique.

Outre une légère tendance au géocentrisme bruxellois, l’une des raisons avancées pour expliquer ce manque de visibilité (et en filigrane d’efficacité) est le foisonnement et le manque de cohérence entre les différents acteurs des différentes villes. Certaines, comme Liège ou Charleroi, n’ont pas attendu que le gouvernement wallon mette les mains dans le cambouis pour développer leur écosystème.

"Tous les réactifs sont là. Nous agissons comme un catalyseur."
benoit hucq
directeur général de l’agence du numérique

Le plan stratégique Digital Wallonia n’entend d’ailleurs pas se substituer à leurs efforts, mais il veut faire parler la région d’une seule voix numérique, en être la vitrine. "On connaît évidemment la volonté des acteurs locaux d’avoir une action sur leur sous-territoire. Mais on est plus forts en termes de moyens et d’impact si on peut coordonner nos actions et surtout s’il y a une vraie transversalité et un partage des bonnes pratiques, explique Benoit Hucq, directeur général de l’Agence du Numérique (ADN). Il ne s’agit pas de phagocyter ou de séparer le bon grain de l’ivraie. C’est aller plus loin et de façon plus efficace."

Le défi de l’innovation et de la recherche

Cette dynamique régionale n’existe pas encore vraiment en Flandre, même si cette dernière a compris la nécessité d’opérer sous une bannière, notamment lors de la fusion d’Imec et iMinds en 2016. "Les Flamands l’ont fait parce qu’en les regroupant, ils étaient plus forts. Mais cela va plus loin car ils mettent sous le même drapeau toutes les ressources de la recherche. Les plus grandes universités flamandes sont ‘taguées’ iMec. Selon moi, c’est le Saint-Graal. En Wallonie, le numérique est une thématique forte, mais une autre est de pouvoir fédérer les compétences d’innovation en mettant plus de poids dans les domaines de recherche où l’on est fort", explique Benoit Hucq.

Le travail est en cours et Digital Wallonia a déjà cartographié, comme elle l’a fait pour les start-ups numériques, toute une série d’unités de recherche structurées par thématique.

"L’étape suivante, ce serait de pouvoir définir en collaboration avec les universités des programmes de recherche plus ciblés pour éviter les pertes d’énergie et d’argent", ajoute Benoit Hucq.

Créer une marque

Derrière Digital Wallonia, il y a aussi l’idée d’une marque à développer, un peu à la manière de la French Tech, mais non limitée aux start-ups. "French Tech est liée aux entreprises et aux porteurs de projets innovants dans le numérique. Digital Wallonia, c’est une marque de la Wallonie numérique. Les entreprises peuvent se l’approprier, mais c’est aussi et surtout la Wallonie dans ses usages", conclut Benoit Hucq.

©Mediafin

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