The Family, une fabrique à pépites qui attire les start-ups… jusqu'en Belgique

Derrière cette imposante façade typiquement parisienne, se cache un lieu étrange où se mêlent tapis persans, lampes Art déco, chaises néoclassiques, néons à l’américaine et statuettes en tout genre. "On a voulu éviter l’aspect Silicon Valley Ikea", sourit l’un des responsables interrogé sur le sujet.

Une conférence est justement sur le point de commencer, à destination des élèves de la célèbre école de l’image Gobelins, venus en visite. Tout le monde s’agite et se rue sur la série de chaises placées devant un podium prévu pour l’occasion.

C’est dans ce tumulte et ce décor atypique que nous rencontrons celui pour lequel nous sommes venus, le très occupé Oussama Ammar. Entre deux rendez-vous, l’homme nous invite à une table où il doit manger rapidement avant de sauter sur autre chose. Au menu aujourd’hui: start-ups. Et sur le sujet, il est un insatiable.

Normal pourrait-on dire quand l’on est aux commandes de The Family, célèbre enseigne de la scène start-up parisienne, à la frontière entre l’accélérateur, l’incubateur et le fonds de venture capital. "On est un peu tout cela à la fois", reconnaît-il d’ailleurs sans problème aucun. En fait, la structure se veut être "un associé minoritaire stratégique de long terme (ce qui passe par une prise de participation standard de 5% dans chaque projet, peu importe le capital initial, NDLR)" des jeunes pousses qui sont ici.

"Notre métier, c’est l’humain"

Et parmi elles, l’on retrouve de belles success stories comme celle de Captain Train, cette application spécialisée dans la vente en ligne de billets de train, rachetée en mars de l’année passée pour un montant proche des 200 millions d’euros par son concurrent britannique Trainline.

Un beau coup, mais qui n’empêche que pour The Family, ce n’est pas tant le business qui compte, mais plutôt les hommes (et les femmes) qui sont derrière. D’ailleurs, quand une nouvelle pousse frappe à la porte, la question première qui se pose est de savoir si une envie existe de construire avec le candidat concerné une relation professionnelle, voire amicale, sur les trente prochaines années, explique Oussama Ammar.

Silicon Europe

L’Europe regorge d’entrepreneurs et dispose de technologies de niveau mondial. Nous sommes partis à leur rencontre dans 5 pôles d'innovation. 

Notre dossier.

Toute une philosophie qui peut s’expliquer… par les 30 ans d’âge moyen des directeurs de la structure. "Même avec vingt ans de plus, on serait toujours plus jeune que les VC en exercice à l’heure actuelle", tacle le cofondateur de The Family. "Cela change forcément la perspective que nous avons."

Ici, aucun secteur d’activité spécifique n’est arrêté ou de modèle préconçu recherché. "Notre métier, c’est l’humain", résume-t-il. "Nous avons un rôle d’empowerment, d’exprimer le potentiel de la singularité des gens qui sont ici", et ce peu importe le champs d’action dont il est question.

Une mission profonde et véritable, qui n’a rien de quelques lignes figées sur papier. Car, The Family, cela se traduit aussi en fait… et donc en chiffres. Tous les ans, un total de 120 projets rentrent dans la famille sans limite de temps précise. Pendant leur passage, ils sont chapeautés par une équipe de trente personnes.

Aujourd’hui, de vivantes, persistent 230 start-ups depuis les débuts parmi lesquelles 110 ont levé des fonds. Et dans ces 110, "5 boîtes valent désormais plus de 50 millions d’euros", se félicite Oussama Ammar. Et ce dans des domaines aussi divers que la recherche au sein de bases de données, la modernisation des fiches de paie, l’optimisation des flux de marchandises ou encore l’agriculture urbaine.

Startups are going to save the world, Oussama Ammar, Partner at TheFamily

Prisée par les Belges

Lors d’une récente mission économique au sein de la capitale française, la popularité du lieu parmi la centaine d’entrepreneurs présents nous avait déjà frappé. The Family semblait être sur toutes les lèvres. Maintenant que l’on y est, on peut comprendre pourquoi…

D’ailleurs, le lieu a attiré quelques pépites belges dans ses murs. C’est le cas notamment de Slidenjoy, cette start-up carolo qui a développé un système de doubles écrans portables, ou encore de MenuNextDoor, application qui permet de se transformer en traiteur d’un soir pour ses voisins. Et concernant cette dernière, Oussma Ammar ne tarit pas d’éloges. "C’est une entreprise qui me fascine." Pourquoi? Parce qu’après une expérience bruxelloise "qui a cartonné", suivie d’uneexpansion à Londres et Paris durant laquelle la start-up s’en rendu compte que "son modèle n’était pas répliquable, les équipes ont eu le courage de ‘scale-down’ et de passer 9 mois dans une cave à retravailler le modèle".

"Ils ont tout compris", se réjouit Oussma Ammar, parce que "les entreprises du numérique ont trop tendance à oublier qu’elles ont besoin d’un modèle économique solide". Un élément qui lui est cher car c’est comme cela que le succès peut naître, selon lui, et permettre à l’Europe de dépasser la Valley… l’ambition ultime du Vieux Continent.

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