277 millions pour doper l'offre digitale de la SNCB

L'application Railtime permettait aux navetteurs de consulter les retards des trains en temps réel, mais la SNCB l'a intégrée au site www.sncb.be en avril 2015. Une nouvelle vague de digitalisation est bientôt en cours. ©BELGA

La SNCB a lancé un important marché public de modernisation de ses outils informatiques. L’objectif est de développer de nouvelles applications et de transformer les applications existantes. Le montant du marché est évalué à près de 277 millions sur 7 ans. L’entreprise veut aussi offrir un service wi-fi aux navetteurs à bord des trains et dans les gares.

La SNCB a décidé de s’engager avec force et détermination sur la voie de la digitalisation. Selon nos informations, l’entreprise ferroviaire vient de lancer un marché public sans précédent de modernisation de ses outils informatiques et ce, avec l’aide de sa filiale informatique Ypto. Pour ses dirigeants, il s’agit d’un "exceptionnel marché public" d’une valeur de 190 à 277 millions d’euros pour les 7 prochaines années. L’objectif est de trouver un partenaire qui pourra aider l’entreprise dans la mise en œuvre d’un vaste programme de modernisation numérique.

"L’objectif est d’être plus efficace et de faire des économies sur d’autres choses."
Thierry ney
porte-parole de la sncb

"Le marché vise à signer un contrat-cadre avec le ou les partenaires qui seront retenus. L’objectif est d’être plus efficace, ce qui nous permettra de faire des économies sur d’autres choses. L’informatique a de plus en plus une place importante dans notre business", nous a confié le porte-parole de la SNCB, Thierry Ney. Il précise que le processus ne fait que démarrer et qu’il suivra son cours durant plusieurs mois avant l’attribution effective du contrat. L’entreprise ferroviaire semble avoir intégré le fait que le contrat pourrait éventuellement donner lieu à des recours, vu son importance. La procédure risque donc de durer plusieurs semaines, voire quelques mois. Mais elle entend conduire le processus avec professionnalisme et rigueur pour éviter de prêter le flanc à la critique.

Meilleur niveau de sécurité

Avec un marché de cette envergure, la SNCB veut s’adjoindre les services d’un partenaire fiable pour renforcer son expertise interne dans le traitement informatique. Selon des sources proches du dossier, la filiale informatique Ypto était un peu à la traîne. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’ancien CEO Jo Cornu a demandé à Giovanni Palmieri, l’ancien patron de la cellule RER de la SNCB, d’en prendre la direction. Il y est installé depuis décembre dernier. D’après les dirigeants, le partenaire devra garantir à la SNCB les niveaux de service les plus élevés et les plus modernes des technologies IT.

7 ans
Le contrat-cadre de 277 millions d'euros pour renforcer l’informatique de la SNCB et améliorer l’offre à la clientèle porte sur une période de 7 ans.

L’outil informatique sera non seulement au service du personnel, mais le partenaire doit aussi accompagner la SNCB dans le développement de nouvelles applications et la transformation des applications existantes. L’entreprise veut donc en finir avec des pannes qui parfois ont empêché l’impression de tickets de transport ou qui brouillent la communication des informations sur les retards de trains aux voyageurs. En se dotant de logiciels plus puissants et d’applications informatiques plus fiables, la SNCB pourra donc améliorer le feed-back vers les navetteurs en matière de ponctualité et de perturbations. Le marché permettra aussi de renforcer la présence de la SNCB sur les réseaux sociaux. Le marché vise donc aussi à améliorer considérablement la qualité du service aux voyageurs.

Même si son outil informatique est bien protégé contre les attaques, la SNCB veut également, par le futur contrat-cadre, renforcer la sécurité de ses données à l’heure ou les piratages informatiques sont de plus en plus fréquents. D’après le CEO d’Ypto, Giovanni Palmieri, grâce à la collaboration avec le futur partenaire, la SNCB fait un choix ambitieux pour une technologie informatique du "cloud" adaptée au secteur public avec les meilleurs niveaux de sécurité.

Bientôt le wi-fi à bord des trains

Parallèlement, la SNCB vient aussi d’initier la première étape d’un autre projet pour enrichir le service à la clientèle. Il s’agit d’une offre de connexion wi-fi à bord des trains et dans les gares. Elle a lancé un Request for information (RFI) ou encore une demande d’information pour sonder le marché des opérateurs susceptibles d’offrir un service performant et de qualité aux usagers du rail. "Le RFI est une modalité de dialogue technique qui repose sur une demande d’information écrite, sur un sujet donné, à destination des opérateurs économiques, afin de déterminer la faisabilité technique, financière d’un projet. Les entreprises disposent d’un temps déterminé pour répondre à des questions techniques précises", nous a confié un observateur averti de ce type de procédure.

©BELGA

Il précise que le RFI permet à l’entreprise publique qui l’a lancé de tester la capacité du marché à répondre à son besoin et aux opérateurs économiques d’exposer et de défendre les avantages et les caractéristiques des solutions techniques qu’ils proposent. Ces demandes d’informations peuvent, par la suite, faire l’objet d’une consultation. Le RFI précède le lancement d’un marché public.

Navetteurs satisfaits

L’an dernier, la SNCB avait réalisé un test en offrant du 25 février au 25 mai 2016 le wi-fi gratuit aux navetteurs à bord des trains de la ligne Eupen-Ostende. Deux voitures de première classe avaient été équipées à cet effet des systèmes propres à chaque opérateur d’offre mobile et d’une rampe d’antennes. Les signaux 3G et 4G des différents opérateurs (Base, Mobistar et Proximus) sont captés pour être agrégés et convertis en un signal wi-fi. Ce sont les sociétés françaises Icomera et Nomad qui avaient été choisies par la SNCB pour fournir le service lors de cette phase test aujourd’hui clôturée.

Elle avait été un succès au regard des résultats de l’enquête de satisfaction menée anonymement auprès de la clientèle. À ce stade-ci de la procédure, on ne connaît pas encore les modalités de cette offre qui sera proposée aux navetteurs (gratuit, incorporé dans le tarif, etc.). Ici aussi le processus vient de démarrer. Il est également piloté par Ypto.

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