300 millions économisés par an à la SNCB

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Sophie Dutordoir a présenté sa vision stratégique et son ambition pour l’entreprise ferroviaire. Elle plaide pour une liberté tarifaire encadrée pour lui permettre de mieux remplir les trains en heures creuses avec des tarifs attractifs.

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, nommée en mars, a passé son premier grand oral devant les députés de la commission Infrastructure de la Chambre. Un exercice au cours duquel elle a fait une analyse du fonctionnement de l’entreprise ferroviaire avant son arrivée et fait part de l’ambition qu’elle a pour le transporteur. Sans ciller, elle a posé un constat réaliste, estimant que les "priorités du passé ont fortement impacté la culture de l’entreprise" et que ses modes de fonctionnement sont inadaptés face aux défis à relever. D’après elle, l’organisation est caractérisée par "une hiérarchie trop forte, quasi militaire et à sens unique, avec son cortège de silos internes déconnectés les uns des autres".

Pour l’avenir, elle prône un dialogue constructif avec les organisations syndicales. Motivée et ambitieuse, elle fait preuve d’une passion pour l’entreprise et sa mission de transporteur ferroviaire. Elle croit en son personnel, précisant au passage que "les accompagnateurs de train sont des bijoux. Ils sont confrontés à des clients qui vont du content au très mécontent. Ils font leur métier comme si leur vie en dépendait".

Elle mise sur la satisfaction des navetteurs et espère ainsi en attirer d’autres. Pour ce faire, elle mise sur une meilleure information des usagers via tous les différents canaux (réseaux sociaux, application pour smartphone, etc.). Elle veut par exemple leur permettre de pouvoir identifier le train sur le réseau en temps réel. La sécurité reste une priorité. Elle l’affirme haut et fort: la mission principale de la SNCB est d’amener les voyageurs à destination de manière sûre, ponctuelle et confortable. Sans oublier de les accueillir en toute convivialité dans des gares fonctionnelles.

"Je veux juste que la SNCB soit une entreprise normale avec une gouvernance claire et efficiente."
sophie dutordoir
ceo de la sncb

Elle mise sur un meilleur entretien des trains pour garantir davantage de disponibilité du matériel roulant. Comme nous vous le révélions (L’Echo du 18/10), les valeurs de la SNCB se résument autour de l’acronyme PROS (Professionnalisme, Respect, Oser entreprendre et Savoir collaborer).

Respect des budgets

Elle veut atteindre ses objectifs tout en permettant à l’entreprise de retrouver une santé financière saine. Le défi qu’elle s’est fixé est d’y imposer un respect des budgets et une stratégie basée sur la priorisation des projets. Tout projet doit viser la satisfaction du voyageur, mais aussi aller dans l’intérêt de l’entreprise.

"Je ne demande pas plus de moyens financiers, mais la SNCB doit d’abord apprendre à mieux gérer les moyens mis à sa disposition", a-t-elle martelé. Elle annonce une réduction des coûts et évalue les économies à 300 millions d’euros par an à l’horizon 2020. Elle passeront par la poursuite de la rationalisation des filiales, une réduction de la consommation d’énergie et une réduction de moitié de la consommation de papier. Après 2018, la SNCB ne remplacera que deux agents sur trois qui partiront à la retraite. Elle entend négocier des accords sociaux "win-win" avec les syndicats pour réduire l’absentéisme et les accidents de travail.

Liberté tarifaire

Selon nos informations, elle souhaite réduire les accidents de travail de 10%. Elle demande d’alléger la régulation tarifaire pour donner plus de liberté au management. Le but ici n’est pas une augmentation des tarifs, mais de permettre à l’entreprise de pouvoir remplir les places inoccupées en heures creuses en proposant des tarifs attractifs. "Le message de madame Dutordoir est très optimiste et il n’est pas tellement différent de celui de ses prédécesseurs. Mais on se demande si elle a les moyens de ses ambitions quand on voit les réductions de dotations qui sont imposées à l’entreprise", nous a confié Pierre Lejeune, secrétaire national de la CGSP-Cheminots.

La CEO assume l’abandon de projets qui ne servent pas l’intérêt des voyageurs et qui contribuent à l’endetter davantage. L’objectif fixé par le gouvernement fédéral est de ramener la dette à 2,4 milliards (2,6 milliards actuellement). Pour ce faire, la SNCB doit réaliser un résultat de 60 millions pour stabiliser la dette. La CSC-Transcom réclame une commission d’enquête pour vérifier la bonne utilisation des deniers publics par la SNCB. Sophie Dutordoir demande une "délégation de pouvoirs saine et responsable" pour lui permettre de nommer ses collaborateurs. "Je veux juste que la SNCB soit une entreprise normale avec une gouvernance claire et efficiente", conclut-elle.

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