Dutordoir garantit la gare de La Louvière

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Le ministre Bellot et la nouvelle CEO de la SNCB ont rassuré les autorités communales de La Louvière sur l’avenir de la gare de La Louvière-Centre. Sophie Dutordoir a pris officiellement hier ses fonctions. Elle doit relever de nombreux défis.

La nouvelle CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir (54 ans), a officiellement pris ses fonctions hier, succédant à Jo Cornu. Heureux hasard du calendrier, elle entre en fonction à la veille de la Journée internationale des droits de la femme, et devient en même temps la première femme à diriger l’entreprise ferroviaire. La nouvelle patronne n’a pas attendu sa prise de fonction pour faire connaissance avec les dossiers et les collaborateurs. "Elle est déjà venue rencontrer les équipes et participer à des réunions de travail avec Jo Cornu", nous a soufflé un observateur. Elle a d’ailleurs participé lundi soir au pot de départ de son prédécesseur, organisé à l’hôtel Pullman, près de la gare du Midi (Bruxelles).

A La Louvière

Hier, pour sa prise de fonction officielle, Sophie Dutordoir a accompagné le ministre de tutelle, François Bellot (MR), à La Louvière, pour une visite de travail avec les autorités communales. Il faut dire que des rumeurs de fermeture de la gare de La Louvière-Centre circulent, suscitant l’inquiétude, notamment des navetteurs et des édiles locaux. "Ceux qui s’attendaient à une fermeture de la gare ou soutiennent qu’on va raser le bâtiment seront déçus. La nouvelle patronne de la SNCB et le ministre Bellot nous ont rassurés. Le ministre nous a d’ailleurs indiqué que l’objectif est d’accueillir les navetteurs au chaud et à l’abri. Une convention sera d’ailleurs signée entre la Ville et la SNCB en vue d’une collaboration pour le contrôle et la sécurité du bâtiment", nous a confié le député wallon Olivier Destrebecq (MR), conseiller communal à La Louvière.

"Ceux qui s’attendent à ce qu’on rase la gare de La Louvière-Centre seront déçus."
olivier destrebecq (mr)
député wallon

Pour son premier jour d’activité officiel à la SNCB, Sophie Dutordoir a donc fait connaissance avec un sujet qui intéresse beaucoup les navetteurs: les fermetures de gare ou de guichets. Elle refuse tout entretien pour l’instant, soutenant, à juste titre, vouloir prendre le temps d’approfondir les dossiers et de rencontrer davantage les collaborateurs. Selon nos informations, la SNCB n’envisage pas de fermetures de guichets ou de gare d’ici 2020.

En ce qui concerne la gare de La Louvière-Centre, les discussions vont se poursuivre entre l’entreprise ferroviaire et la Ville pour lui trouver une affectation. "La gare va subsister. Il y aura une collaboration entre la Ville et la SNCB pour y recréer une activité; soit il pourrait y avoir une occupation mixte avec des commerces, soit on pourrait utiliser une partie du bâtiment pour accueillir une extension des activités de la Maison de l’entreprise, qui est située à environ 100 mètres de la gare. Tout est ouvert", dit Olivier Destrebecq.

Des défis à relever

Au-delà du dossier de la gare louviéroise, Sophie Dutordoir a de nombreux défis à relever à la tête de la SNCB. Elle devra faire aboutir le dossier de la signature du nouveau contrat de gestion (en souffrance depuis 2012). Le contexte dans lequel elle va devoir travailler n’est facile au regard des économies imposées à la SNCB jusqu’en 2020. "Il faudra faire plus avec moins d’argent", ironise-t-on dans les rangs des cheminots. La nouvelle patronne de la SNCB devra aussi calmer les organisations syndicales, qui attendent de pied ferme l’initiative annoncée par le ministre Bellot d’imposer par une loi le service minimum ou garanti sur le rail, faute d’accord entre les partenaires sociaux dans le délai imparti (jusqu’au 31 décembre 2016).

Il y a également l’amélioration de la ponctualité, qui suscite la colère des navetteurs. Sophie Dutordoir devra aussi gérer les départs de personnel, qui risquent d’avoir un impact sur la qualité du service. Les prévisions annoncent le départ de 10.000 cheminots à la pension dans les prochaines années alors qu’il n’est prévu d’engager que quelque 5.000 collaborateurs.

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