Infrabel et la SNCB revoient le calcul de la ponctualité

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Le ministre Bellot a demandé aux deux entreprises de réviser le calcul pour qu'il colle au vécu des usagers. Une note circule.

Du nouveau pour les usagers du rail qui, souvent, pestent contre les résultats de la ponctualité des trains du trafic ferroviaire. Selon nos informations, le gestionnaire d’infrastructure, Infrabel, a décidé de remplacer la méthode actuelle de calcul de la ponctualité par une nouvelle norme de mesure. À l’avenir, il parlera plutôt de la "ponctualité pondérée et neutralisée". Selon des sources proches du dossier, la nouvelle méthode de calcul tient compte de:

• la performance des trains dans leur terminal commercial et à Bruxelles pour les convois qui passent par le tronçon Bruxelles-Nord et Bruxelles-Midi
 le moment de la journée (pics, heures de pointe)
• le nombre de passagers présents dans le train
• le nouveau contexte social

Ce dernier point vise à tenir compte du nouveau climat marqué par les attentats terroristes et les risques de faits violents visant à toucher le plus de victimes possibles, la présence de colis suspect et le phénomène de trespassing (personnes traversant les voies ferrées). Avec la nouvelle norme, Infrabel, qui doit encore s’accorder avec le transporteur ferroviaire (SNCB), espère coller le plus près possible au vécu des navetteurs et répondre ainsi aux demandes des associations de défense des usagers du rail.

Applicable dès juin

"Le nouveau mode de calcul est plus réaliste et plus fiable."

Selon nos informations, le comité de direction d’Infrabel aurait déjà marqué son accord sur le nouveau mode de calcul de la ponctualité. Mais le gestionnaire de l’infrastructure ferrée et la SNCB doivent encore recevoir l’aval de leur ministre de tutelle, François Bellot (MR). "Le nouveau mode de calcul est plus réaliste et plus fiable", nous dit-on dans le milieu ferroviaire. Contacté par nos soins, Infrabel confirme qu’une réflexion sur la mise en place sur un nouveau mode de calcul de la ponctualité est en cours, mais aucune décision n’a encore été prise. Mais selon nos informations, les chiffres de ponctualité de juin pourraient déjà être calculés sur base de la nouvelle norme.

Actuellement, un train est considéré à l’heure quand il affiche un retard de moins de 6 minutes. Le chiffre général de ponctualité reflète donc le pourcentage des trains arrivés avec moins de 6 minutes de retard à leur gare terminus. À l’avenir, la règle des 6 minutes ne change pas. Actuellement, la ponctualité est présentée sous deux formes:

• sans neutralisation: tous les trains quelle que soit la cause du retard.
 avec neutralisation: les trains arrivés avec au moins 6 minutes de retard mais dont la cause du retard est externe à Infrabel et aux transporteurs ferroviaires.

Mais la méthode actuelle est souvent critiquée par les usagers du rail qui estiment qu’elle ignore la réalité du terrain (pics, nombre de passagers, perception de l’usager). La nouvelle norme intègre donc ces éléments et devrait donc traduire le ressenti du voyageur.

Objectif de 90% pour 2017

90%
La SNCB et Infrabel se fixent comme objectif d’atteindre un taux moyen de ponctualité des trains de 90% pour 2017 grâce au nouveau mode de calcul qui tient notamment compte du contexte terroriste et de la perception du navetteur.

Un premier exercice réalisé avec la nouvelle norme (ponctualité modérée et neutralisée) appliquée à l’année 2016 affiche une ponctualité moyenne de 90,2%, alors que la ponctualité globale classique (avant neutralisation) indique 89,2%, soit une amélioration de 2,7%. Appliquée aux 5 premiers mois de 2017, on arrive à une ponctualité de 91,7%, alors qu’avec la norme actuelle, elle est de 89,6%.

Infrabel et la SNCB ont déjà fixé leur objectif de ponctualité à atteindre pour 2017. Ils estiment qu’un objectif d’une moyenne de 90% est le plus réaliste.

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