"Je ne m'occupe pas du fonctionnement de la SNCB"

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François Bellot soutient la CEO de la SNCB dans sa transformation de l'entreprise publique, notamment en y diminuant l’ingérence politique.

Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot soutient la demande de la nouvelle CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, pour moins d’interventionnisme politique au sein de l'entreprise publique. "Je ne me mêle pas du fonctionnement de la SNCB, contrairement aux précédents ministres", a déclaré Bellot à la rédaction. "Je suis probablement le ministre le moins interventionniste que la SNCB ait jamais connu."

Dutordoir a déclaré hier à la Chambre qu’elle souhaitait que la SNCB fonctionne "comme une entreprise normale, avec une structure de gestion claire et efficiente", comme d’autres entreprises publiques telles que Proximus et bpost, qui connaissent une belle dynamique.

Nominations

La liberté du management est une condition essentielle pour atteindre les objectifs. "Nous devons avoir le droit de choisir nous-mêmes nos collaborateurs, à tous les niveaux et en toute objectivité", a déclaré Dutordoir. Elle demande que le conseil d’administration – composé de représentants du monde politique – puisse uniquement nommer les membres de la direction, et souhaite une complète autonomie pour les autres niveaux.

"Je suis probablement le ministre le moins interventionniste que la SNCB ait jamais connu."
François Bellot
Ministre de la Mobilité

Par cette exigence, la CEO pointe clairement du doigt les partis politiques qui ont catapulté ces dernières années de nombreux membres de leurs cabinets vers les hautes sphères de la SNCB.

Le MR doit aussi balayer devant sa porte. En effet, Jean-Claude Fontinoy, le fidèle lieutenant du vice-premier ministre Didier Reynders, nommé au poste de président de la SNCB, a eu son mot à dire pendant des années dans toutes les importantes transactions immobilières, adjudications et nominations.

Au sein du comité de direction de la SNCB – qui compte six membres – les libéraux sont bien représentés, avec Olivier Henin, nommé directeur financier en 2015, après avoir passé près de 15 ans au sein du cabinet Reynders, dont les dernières années comme chef de cabinet. Mais François Bellot minimise le pouvoir du MR au sein de la compagnie. "Vous pouvez compter les fidèles du MR au top de la SNCB sur les doigts d’une main", explique-t-il. "D’autres, comme le CD&V et le PS, sont beaucoup plus impliqués."

Syndicats

Le ministre de la Mobilité souligne également l’interventionnisme du parlement au sein du dossier SNCB. "Le parlement m’interroge sur toutes sortes de sujets", explique le ministre. "Sur la couleur des trains, et l’emplacement des WC dans les gares. Cela m’est indifférent. Je ne m’occupe pas du fonctionnement opérationnel des chemins de fer."

"Le parlement m’interroge sur toutes sortes de sujets. Sur la couleur des trains, et l’emplacement des WC dans les gares. Cela m’est indifférent."
François Bellot
Ministre de la Mobilité

Luc Piens, le représentant du syndicat CSC-Transcom a critiqué jeudi sur la première chaîne de la radio flamande (Radio 1) l’impact des "restructurations constantes" et "l’interventionnisme politique" au sein de la SNCB.

"Chaque semaine, les parlementaires posent des questions sur le prolongement ou la hauteur des quais, ou sur les horaires des trains", explique Piens. "Cela s’appelle de l’ingérence politique dans une société publique autonome. Je préférerais qu’ils aient un débat sur les investissements et sur l’avenir de l’entreprise. Faire rouler et entretenir les trains, ça coûte cher!", conclut-il.

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