"Je veux faire évoluer la SNCB vers une entreprise plus moderne"

©BELGA

Sophie Dutordoir, l'ancienne patronne d'Electrabel, est la nouvelle CEO de la SNCB. Elle accepte le plafond salarial fixé pour un dirigeant d'entreprise publique.

Le nouveau CEO de la SNCB est enfin connu après que Jo Cornu ait joué les prolongations. C'est donc Sophie Dutordoir, l'ex-CEO d'Electrabel, qui reprend le flambeau, a décidé vendredi le comité ministériel restreint. C'est la première femme à diriger la SNCB.

"Laissez-moi 3 mois pour répondre à toutes ces questions."
Sophie Dutordoir
Nouvelle CEO de la SNCB

Sophie Dutordoir aurait profité du soutien du CD&V pour avoir travaillé dans un cabinet du parti dans le passé. Mais Elle était aussi prête à se contenter du plafond salarial pour la fonction (290.000 euros par an). L'autre favori à la fonction était Jean-Paul Van Avermaet. L'actuel dirigeant de la société de gardiennage G4S aurait quant à lui voulu dépasser ce plafond salarial.

La nouvelle CEO se donne du temps pour étudier les principaux défis qui attendent l'entreprise publique, a-t-elle indiqué lors d'une courte conférence de presse. "Peut-être pas un an mais quelques semaines, laissez-moi 3 mois pour répondre à toutes ces questions", a-t-elle dit. Elle veut faire "évoluer la SNCB vers une entreprise plus moderne au service des voyageurs". Il y a aura dès lundi prochain une réunion entre le ministre de la Mobilité François Bellot, Jo Cornu et Sophie Dutordoir. 

Sophie Dutordoir, Charles Michel et François Bellot ©BELGA

Après avoir passé 24 ans chez Electrabel dont elle a pris la direction générale en 2005, elle a démissionné de son poste par surprise en 2014 pour réaliser un vieux rêve: ouvrir une épicerie fine italienne à Overijse qui fait également table d'hôte le midi. Elle était toutefois restée administratrice chez BNP Paribas Fortis (depuis 2010), Valeo (depuis 2013) et Bpost (depuis 2013). "Il s'agissait d'un rêve d'enfant. Je me suis donné le droit de l'accomplir. Après avoir travaillé des journées de 10, 12, 14 heures à Electrabel, j'ai découvert la vie de travailleur indépendant, 18 heures par jour, 7 jours sur 7. Aujourd'hui, j'ai le droit de retourner dans le grand monde économique", a-t-elle dit.

Attendue de pied ferme par les syndicats

La CSC-Transcom lui souhaite ainsi "beaucoup de courage car les défis sont nombreux et les attentes des voyageurs et du personnel très grandes": un service de qualité aux voyageurs, remotiver le personnel, retrouver des synergies opérationnelles entre la SNCB et Infrabel et concilier le bien-être des travailleurs et les impératifs de l'entreprise.

"J'espère que nous pourrons ensemble faire de la SNCB une épicerie fine."
Luc Piens
ACV

"J'espère que nous pourrons ensemble faire de la SNCB une épicerie fine", a déclaré Luc Piens de l'ACV (pendant flamand de la CSC Transcom) en faisant référence à l'expérience de Sophie Dutordoir. Plus sérieusement, le syndicaliste espère que Sophie Dutordoir s'attaquera rapidement au plan d'entreprise et au contrat de gestion de la SNCB. "Nous les attendons depuis longtemps et cela crée de l'incertitude", a-t-il confié. 

Un président d'Infrabel N-VA

Le comité ministériel restreint a également nommé le N-VA Herman De Bode président conseil d'administration d'Infrabel en remplacement de Christine Vanderveeren (CD&V). Cet ancien chef de cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon a également été à la tête du bureau de consultance McKinsey. Aux dernières élections pour la Chambre, il poussait la liste dans l'arrondissement d'Anvers. Il est l'un des signataires du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe promu par le groupe d'influence flamingant "In de Warande". Ce geste l'avait obligé à quitter McKinsey. 

Outre les compétences, le gouvernement a dû prendre en compte des équilibres politiques et linguistiques, sachant que la N-VA voulait être présente dans les organes de gestionLe vice-premier ministre CD&V Kris Peeters a toutefois regretté ce qu'il a qualifié de "vieille culture politique": "J'avais compris que la N-VA n'en voulait plus", a-t-il dit avant la réunion du conseil des ministres.

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