La hausse du trafic voyageur intérieur dope les résultats de la SNCB 

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En 2018, la compagnie du rail a enregistré une progression de 3,7% du nombre de voyageurs intérieurs, après +3,6% en 2017. Son Plan Transport semble porter ses fruits. La SNCB en a profité pour réduire sa dette et constituer un bas de laine pour ses futurs investissements.

L’an dernier, l’opérateur du rail belge a récolté les fruits de son Plan Transport en terme de trafic passagers. L’augmentation du nombre de voyageurs a permis à la SNCB d’encore améliorer son Ebitda cash récurrent, son principal indicateur de résultat opérationnel, et partant de réduire sa dette économique pour la ramener dans les clous de l’objectif imparti par le gouvernement fédéral. Le tour des principaux résultats en huit questions...

Le chiffre d’affaires a-t-il progressé? Oui, les produits d’exploitation ont crû de 3,8% pour atteindre 2,552 milliards d’euros contre 2,458 milliards un an plus tôt. Les charges d’exploitation ont augmenté de 3,1% à 2,457 milliards.

Comment a évolué le trafic passagers? Après avoir enregistré une croissance de 3,6% du nombre de voyageurs intérieurs en 2017, la SNCB a récidivé l’an dernier en réalisant une nouvelle progression de 3,7%. Quelque 243,9 millions de voyageurs ont pris le train, nouveau record. C’est davantage que ce qu’elle avait prévu et cela signifie que le bond de 2017 était plus qu’un simple mouvement de rattrapage après des années difficiles (2014-16). La compagnie le doit à son Plan Transport, grâce auquel elle a augmenté son offre de 5% et qui a connu sa première année pleine en 2018 (introduit en décembre 2017). Mieux, les deux premiers mois de 2019 confirment la tendance avec une nouvelle forte augmentation. A se demander si, au-delà de l’effet du plan et des améliorations commerciales, il n’y aurait pas aussi un effet "climat" par lequel un nombre croissant de citoyens abandonneraient la voiture pour le train...

Le résultat opérationnel s'inscrit-il aussi en hausse? Oui, la compagnie a dégagé un Ebitda cash récurrent de 94,7 millions d’euros, en hausse de 22,5% sur un an. Ce résultat est porté par l’augmentation du nombre de voyageurs dans toutes les catégories de produits, tant en heures de pointe qu’en heures creuses. La recette unitaire moyenne a crû de 2,8%.

Quel usage est-il fait du surplus de résultat opérationnel? La direction de la SNCB a saisi l’occasion de ces bons résultats opérationnels pour transférer 24 millions d’euros de l’Ebitda cash récurrent vers sa dotation d’investissement. Une mesure de prudence pour l’avenir, que la compagnie s’autorise parce qu’elle a défini sa ligne de flottaison opérationnelle, qui se situe à 70 millions d’euros: c’est ce dont elle a besoin pour honorer la charge d’intérêt de sa dette et ses besoins de financement sur fonds propres. Le surplus est donc thésaurisé, afin de constituer une sorte de bas de laine pour investissements.

Combien la compagnie a-t-elle investi? En 2018, la SNCB a investi 615 millions d’euros, dont deux tiers dans le matériel roulant (nouvelles voitures à double étage M7) et les ateliers.

A quel niveau sa dette économique se situe-t-elle? La compagne a profité de ses bonnes performances pour diminuer sa dette économique de 107 millions d’euros. Elle atteignait 2,376 milliards à fin décembre dernier, nettement sous l’objectif donné par le fédéral et qui était de la stabiliser au niveau du 1er janvier 2014, soit à 2,437 milliards. Une large partie de la dette est libellée à taux fixe et porte sur de longues durées, avec des taux d’intérêt moyen de 1,7 à 1,8%.

Comment a évolué la ponctualité? Cet indicateur es le seul à s’inscrire dans le rouge, puisque la ponctualité des trains a reculé à 87,2% en 2018 contre 88,3% un an plus tôt. La SNCB n’est pas seule en cause, on songe par exemple à l’intensification des chantiers d’Infrabel.    Nuance: sur les cinq derniers mois, le taux est remonté.

L'emploi a-t-il continué de diminuer? Les effectifs de la SNCB sont revenus de 18.002 à 17.703 collaborateurs à temps plein l'an dernier. Une quasi stabilisation. Cela ne l'empêche pas de continuer à recruter. L'an dernier, la compagnie a procédé à 1.600 engagements. Et elle prévoit de recruter 1.400 personnes cette année. En termes de profils, elle recherche en priorité des candidats conducteurs de train, des accompagnateurs ainsi que des techniciens.


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