La patronne de la SNCB accuse Georges Gilkinet de "rupture de confiance"

La patronne de la SNCB Sophie Dutordoir et le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet ont discuté de la fermeture des guichets de gare. ©BELGA

La SNCB va fermer 44 guichets de gare. Le ministre de la Mobilité s'y oppose et la patronne des chemins de fer, Sophie Dutordoir, parle de "rupture de confiance profonde".

Le torchon brûle entre la patronne de la SNCB Sophie Dutordoir et le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo). Lundi, l'opérateur des chemins de fer annonçait la fermeture de 44 guichets de gare. L'annonce a choqué les syndicats, les associations de navetteurs, le monde politique, et pas que dans l'opposition.

Mardi, Georges Gilkinet faisait savoir qu'il désapprouvait la décision de la SNCB et demandait un moratoire sur la décision. Voilà qui a fait bondir Sophie Dutordoir. Elle l'a écrit à Georges Gilkinet, dans un courrier révélé ce jeudi par la RTBF.

"J'estime que votre nouveau courrier, entre-temps complété par un désaveu public, est incompréhensible tant au niveau du fond que du timing."
Sophie Dutordoir
CEO de la SNCB

Le courrier de Sophie Dutordoir

"Votre intervention du vendredi soir 29 janvier pour introduire un moratoire sur la décision prise (…) était totalement incompréhensible", écrit-elle. Après un début de conversation difficile (…) vous et moi sommes parvenus à un accord explicite concernant un engagement clair de la part de la SNCB concernant la mise en œuvre concrète d’un certain nombre de mesures d’accompagnement supplémentaires."

Sophie Dutordoir parle alors de "rupture de confiance". "Dans ce contexte global, j'estime que votre nouveau courrier, entre-temps complété par un désaveu public, est incompréhensible tant au niveau du fond que du timing. Cette initiative qui n'a pas été annoncée a provoqué chez moi une rupture de confiance profonde. J'en ferai part au conseil d'administration."

"Je ne nierais pas que la situation est un peu difficile, les discussions prochaines risquent d’être houleuses, mais ma responsabilité de ministre est de soutenir l'intérêt général. "
Georges Gilkinet
Ministre de la Mobilité (Ecolo)

Le ministre Gilkinet était questionné lors de la plénière de la Chambre, par sa majorité et même un député Ecolo... Il a expliqué que ce dossier était à l'ordre du jour du conseil d'administration de la SNCB fin novembre et qu'il y a été unanimement soutenu. "L'ancienne commissaire du gouvernement n'a pas introduit de recours", pointe-t-il.

Bras de fer

Rappelant le statut d'entreprise publique autonome de la SNCB, le ministre a insisté: "Mais je ne peux raisonnablement pas me satisfaire de la situation. Après différents contacts avec l’administratrice générale, j’ai demandé par courrier, ce lundi, au conseil d'administration de revoir fondamentalement sa décision." Concrètement, il voudrait une révision de la liste des gares visées, des salles d'attente couvertes garanties, des partenariats (public, privé, associatif) pour occuper les locaux concernés et des mesures pour lutter contre la fracture numérique.

"Je ne nierais pas que la situation est un peu difficile, les discussions prochaines risquent d’être houleuses, mais ma responsabilité de ministre est de soutenir l'intérêt général. Dans les prochains jours/semaines, nous pourrons poursuivre le dialogue avec la SNCB."

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