La SNCB débourse 3 millions pour racheter les jours de récupération de ses cheminots

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La SNCB va racheter les jours de crédit de ses agents pour solder les comptes du passé et disposer du personnel nécessaire pour assurer le nouveau plan de transport 2017. Plus de 7.000 cheminots sont concernés et ont environ 56.000 jours de congé en souffrance.

La SNCB s’apprête à solder le compte des jours de crédit (JC), qui empoisonnent la vie de l’entreprise depuis longtemps. Selon nos informations, les dirigeants ont décidé purement et simplement de payer les cheminots ayant dépassé la limite autorisée de jours de crédit à prendre.

De quoi parle-t-on? Ces jours de crédit sont en fait des jours de récupération octroyés aux cheminots parce qu’ils prestent plus que les 36 heures de travail hebdomadaires fixées. Chaque agent reçoit 13 JC par an et pouvait en totaliser un maximum de 35. Mais vu la charge de travail, plusieurs cheminots ont accumulé des JC (qui sont en fait des jours de récupération ou des congés), dépassant le maximum de 35 jours. S’ils venaient à faire valoir leurs droits à prendre ces jours de congé, le service ferroviaire serait fortement pénalisé. D’où la décision des dirigeants de la SNCB de payer le surplus des jours de crédit aux agents pour qu’ils ne les prennent pas. "Dans le cadre du nouveau plan de transport 2017, qui sera lancé le 10 décembre, il était important d’avoir le personnel suffisant pour en garantir le succès", nous a confié un porte-parole de l’entreprise ferroviaire.

Réduire l’enveloppe

D’après les estimations de l’entreprise ferroviaire, ils sont 3.141 cheminots dont le nombre de JC dépasse la limite des 35 jours. Ceux-ci affichent un total de 23.334 jours de récupération encore à prendre (au delà des 35). Les agents de la division "Transport", principalement les conducteurs et les accompagnateurs de train, sont les plus touchés par le phénomène. On y dénombre au total 1.809 agents, affichant 17.549 JC, sur les 23.334 jours. Pour les agents qui ont dépassé le maximum des 35 jours de crédit, la SNCB a décidé de payer d’office. Mais pour réduire l’enveloppe des jours de crédit, le transporteur ferroviaire propose aux agents qui ont entre 30 et 35 jours de crédit non pris de les leur payer, sur base volontaire.

Dans cette seconde catégorie, on dénombre un total de 4.228 agents concernés avec 32.611 jours de récupération à prendre. Ici aussi, ce sont les conducteurs et les accompagnateurs de train qui sont les plus touchés. Ils sont 2.123 agents traînant dans leur sillon un total de 17.239 jours supplémentaires à prendre. La SNCB précise que les agents volontaires de cette seconde catégorie qui demanderont le paiement de leurs jours de crédit non pris entre 30 et 35 jours doivent le faire savoir avant le 1er décembre pour qu’elle puisse intégrer la facture dans son exercice comptable de 2017. Au total, ce sont 7.369 agents qui sont concernés par la problématique avec 55.945 jours de crédit encore à prendre pour les deux catégories.

Combien ça coûte? Selon des sources proches du dossier, la SNCB évalue à environ 3,1 millions d’euros la facture pour ses comptes. Le personnel d’Infrabel, le gestionnaire d’infrastructure, et celui de HR Rail, la structure chargée de la gestion des relations sociales pour les deux entreprises, ne sont pas concernés par la problématique.

Courroux des syndicats

Les syndicats dénoncent la manière de procéder des dirigeants de la SNCB. "Il n’y a eu aucune discussion sur le sujet, c’est un coup de force. La décision nous a été imposée. Or, il y a des agents qui ne veulent pas d’argent et seront contents de prendre ces jours de crédit pour passer du temps avec leurs enfants dans leurs familles. On se demande si la SNCB ne cherche pas la confrontation", nous a confié un responsable syndical. D’après lui, le paiement des jours de crédit confirme les problèmes de personnel dont souffre le transporteur ferroviaire.

Les dirigeants de la SNCB soulignent que le paiement des JC se fait parallèlement à la campagne de recrutement d’agents en cours. Au total, l’entreprise a déjà engagé 1.250 personnes et devrait encore en recruter 300 autres d’ici la fin de l’année. Elle peine à trouver de la main-d’œuvre en Flandre, car dans les 300 personnes encore à engager, près de 90% doivent provenir du nord du pays. L’une des explications est que le marché de l’emploi est beaucoup plus tendu en Flandre.

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