La SNCB réduit les effectifs plus que prévu dans son plan initial

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Le nouveau plan d’entreprise prévoit 16.955 agents en 2020 contre 17.241 à l’origine.

"La SNCB devrait stabiliser sa dette totale à partir de 2018, un an plus tôt que la dette sous sa responsabilité propre (dette totale après déduction des dettes contractées pour des préfinancements fédéraux, etc., NDLR) et cela, grâce aux remboursements de préfinancements antérieurs par l’Etat", d’après le plan d’entreprise 2017-2020 qui a été présenté vendredi au conseil d’administration.

"Les objectifs sont ambitieux et la SNCB s’engage à les réaliser."
direction de la sncb

En effet, dès 2018, la dette totale de la SNCB affichera 3,236 milliards d’euros contre 3,256 milliards en 2017 et 3,226 milliards en 2016. Les prévisions pour 2019 la situe à 3,191 milliards et dès 2020, l’endettement du transporteur ferroviaire devrait passer chuter à 3,127 milliards. Dans 4 ans, la dette passera donc sous son niveau de 2014 (3,189 milliards). La stabilisation de la dette sous sa responsabilité propre est attendue en 2019. Cette année-là, elle s’élèvera à 2,589 milliards et en 2020 elle sera de 2,557 milliards.

Donc, si les hypothèses retenues sont réalisées, la dette de la SNCB devrait amorcer une diminution après 2018. Dans le même temps, son excédent brut d’exploitation (Ebitda) récurrent qui mesure mieux la performance d’une entreprise continuerait à progresser. Il était de 10 millions en 2015 et cette année, la SNCB s’attend à enregistrer 16 millions d’Ebitda récurrent, 24 millions en 2017 et 41 millions en 2018. L’équilibre structurel n’est attendu qu’à partir de 2019 quand la SNCB générera suffisamment de cash-flow opérationnel positif pour rembourser les charges d’intérêt de la dette (65 millions). En effet, les prévisions annoncent l’Ebitda cash récurrent à 67 millions en 2019 et 85 millions en 2020.

Les conditions qui doivent être rencontrées pour que la SNCB améliore sa situation financière sont nombreuses, mais pas impossibles à concrétiser. Il y a notamment l’amélioration de la productivité de 4% (voire 4,5%) qu’elle a acceptée de faire, alors que la moyenne européenne est de 1,5%. "Les objectifs sont ambitieux et la SNCB s’engage à les réaliser", concèdent les dirigeants.

Réduction de l’emploi

L’augmentation de la productivité devrait lui permettre d’engranger une économie évaluée à 230 millions d’euros sur la période 2014-2020. Elle entraînera une diminution des effectifs. Ils passeront de 20.628 agents équivalents temps plein (ETP) en 2014 à 17.251 ETP dans le nouveau d’entreprise 2017-2020 si l’on inclut les 100 ETP qui devraient être engagés dans le cadre des mesures de lutte contre le terrorisme et le nouveau plan de transport.

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Sans ce dernier lot, l’effectif sera de 16.955 ETP, soit une baisse de 17,8% par rapport à 2014. Il faudrait aussi que la croissance des voyageurs prévue se concrétise. Elle est estimée à 0,9% par an de 2014 à 2020 (1,2% sur 2016-2020).

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Liberté tarifaire dès 2018

L’entreprise semble avoir revu ses ambitions à la baisse entre son plan de décembre 2015 et celui d’octobre 2016. L’impact des attentats et des grèves expliquent en partie cette révision à la baisse. Pour que la situation financière de l’entreprise ne déraille pas, elle s’attend à ce que le Fédéral lui accorde une grande liberté dans sa politique tarifaire et espère l’appliquer au plus tard début 2018.

Cette disposition devrait lui permettre:

• d’augmenter davantage les tarifs (en heures de pointe pour le trajet domicile-travail) pour récupérer progressivement les retards d’évolution des prix par rapport aux pays voisins (recette 0,06 euro par voyageur en Belgique contre 0,11 euro au Luxembourg, 0,17 euro en Suisse et 0,18 euro au Royaume-Uni).

• de proposer des tarifs réduits pendant les heures creuses et être compétitive par rapport à la voiture.

• de mettre fin à la pénalisation basée sur la ponctualité. Elle a la garantie que l’augmentation de la redevance infrastructure pour les Missions de service public (MSP) qu’elle paie à Infrabel sera "neutralisée" par le Fédéral. Concrètement le péage sera bloqué au niveau de 2014 (soit 612 millions) et l’augmentation sera compensée par une augmentation de sa dotation (couplée à une diminution de celle d’Infrabel).

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