La SNCB refuse de livrer Securail à la police

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La SNCB refuse l’intégration des agents de Securail dans la future direction "Surveillance et Contrôle" de la police fédérale imaginée par le ministre Jambon. Securail occupe 540 agents assermentés dédicacés au rail.

La SNCB entre en résistance contre le projet de la future direction "Surveillance et Contrôle" de la police fédérale imaginé par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA). Dans le cadre de ce projet, celui-ci souhaiterait y intégrer Securail, le service de sécurité de la SNCB.

Selon nos informations, le comité de direction de l’entreprise ferroviaire s’est prononcé fermement contre cette intégration de Securail dans la police. Il s’aligne ainsi sur les positions défendues par le directeur général Etienne De Ganck, du général manager Koen Kerckaert et du chef de service Hendrik Vanderkimpen.

Ces derniers ont récemment informé le comité de direction de manière approfondie sur les spécificités de Securail et les conséquences d’une telle intégration.

Pour quelle efficacité?

C’est ce qui ressort d’une communication interne dont nous avons eu connaissance. Selon des sources proches du dossier, l’intégration des agents de Securail dans la police fédérale n’entraînerait pas une amélioration du service. Au contraire. "Outre la formation classique en matière de sécurité, les agents de Securail sont également familiarisés au contrôle des tickets et ont une approche de la clientèle qui n’a rien à voir avec les pratiques policières. De plus, les intégrer dans la police fédérale ne les rendra pas plus proches des usagers, au contraire, cela risque d’être un handicap à la construction d’une relation de confiance et de proximité qu’ils cultivent actuellement avec le public", nous a confié une source proche du dossier.

Contactée par nos soins, la SNCB se refuse à tout commentaire et renvoie à la déclaration du ministre de la Mobilité, François Bellot (MR). Celui-ci a déclaré le 11 mai au Parlement que Securail devait conserver son lien avec le secteur ferroviaire. Implicitement, il avoue une certaine réticence au projet du vice-Premier ministre et ministre de la Sécurité et de l’Intérieur. Ou à tout le moins un certain doute sur l’efficacité d’une intégration des agents de Securail dans la nouvelle direction de la police fédérale. "Après tout, ce sera une décision politique", murmure-t-on à la SNCB.

540 agents Securail

Securail, c’est environ 540 agents assermentés qui font la patrouille dans les trains de la SNCB, assurent la surveillance des bâtiments de l’entreprise ferroviaire et de certains immeubles du gestionnaire d’infrastructure Infrabel. Ce nombre tient aussi compte de criminologues.

Le service dispose de trois control rooms (à la gare du midi, à Anvers et à Liège) et d’un Service operation center (SOC) qui assure la coordination des activités des équipes.

Securail dispose également d’un numéro vert à l’usage tant des navetteurs que des agents de la SNCB en cas de problème.

C’est le SOC qui, en fonction du lieu du problème, envoie l’équipe le plus proche en intervention. En cas d’intégration à la police fédérale, cette rapidité sera-t-elle encore garantie? Au total, le SOC reçoit bon an mal an environ 80.000 appels téléphoniques.

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