La Wallonie rejette le plan transport 2017 de la SNCB

La remise en service du Thalys ne figure pas dans le plan 2017 de la SNCB. ©© Iain Masterton

Pour le ministre-président Paul Magnette et le vice-président Maxime Prevot, le plan 2017 n’intègre pas la relance du Thalys wallon, ni un train rapide entre Tournai et Liège. Ils ont signifié leur rejet au ministre Bellot.

Carton rouge en Wallonie pour le nouveau plan de transport 2017 de la SNCB. Selon nos informations, le gouvernement régional a envoyé officiellement un courrier au ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) lui indiquant qu’il ne peut souscrire aux propositions qui sont actuellement sur la table.

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"Les attentes du gouvernement wallon n’ont été rencontrées que marginalement."
Paul Magnette (ps)
ministre-président wallon

"De ces propositions, il ressort que les attentes formulées par le gouvernement wallon en sa séance du 12 mai 2016 qui vous furent transmises le 23 mai 2016 n’ont été rencontrées que marginalement", lit-on dans le courrier du 14 novembre dont nous avons eu connaissance. Il est cosigné par le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS), le vice-président Maxime Prevot (cdH, Travaux publics) ainsi que par le ministre wallon de la Mobilité et des Transports, Carlo Di Antonio (cdH).

Ils concèdent que le nouveau plan de transport de l’entreprise ferroviaire qui entrera en vigueur en décembre 2017 augmente légèrement l’offre en Wallonie de 1,7 million de trains-km. Mais ils relèvent qu’il y manque plusieurs souhaits de la Wallonie. "À titre d’exemple, ni la remise en circulation du Thalys wallon, ni la création d’un train direct et rapide entre Tournai et Liège desservant Mons, Charleroi et Namur, ni l’augmentation de la fréquence sur l’axe 3 entre Namur et Arlon n’ont été rencontrées", critiquent les autorités wallonnes.

Ensemble indissociable

Elles ne semblent pas être convaincues par les explications du ministre Bellot sur les dossiers ferroviaires lors de la réunion du CEMM (Comité exécutif des ministres de la Mobilité, NDLR) du 8 novembre. Dans un entretien qu’il nous a accordé récemment, le ministre Bellot indiquait qu’il y avait une confusion dans le chef des Régions sur l’agenda. "Ils (les ministres régionaux, NDLR) ne voulaient pas discuter du plan de transport 2017 sans parler du PPI (Plan pluriannuel d’investissement, NDLR) 2017-2021. Je leur ai expliqué que le plan de transport 2017 se réalisait sur la base de l’infrastructure existante qui résulte des investissements passés. Le PPI 2017-2021 va conditionner les futurs plans de transport", nous avait-il répondu.

Pour Paul Magnette, Maxime Prevot et Carlo Di Antonio, le plan de transport 2017, le PPI 2016-2020, les contrats de gestion de la SNCB et d’Infrabel, les échéances sur la fin du chantier RER "forment un ensemble indissociable pour le développement du pays et des Régions et pour la mobilité intra et inter régions".

Ils dénoncent les perspectives qui se dessinent pour l’utilisation de l’enveloppe d’un milliard d’euros d’investissement public promis par le ministre Bellot pour le RER et d’autres projets.

"À l’évidence, la part du budget d’un milliard qui serait réservée à la Wallonie est largement insuffisante pour garantir un achèvement complet, dans des délais raisonnables du réseau RER wallon", précisent Magnette & Co.

Les travaux encore à réaliser sur le RER en Wallonie sont estimés à environ 550 millions d’euros. Ils concernent la mise à quatre voies sur la ligne 161 Bruxelles-Ottignies et la ligne 124 Bruxelles-Nivelles. Les travaux en Flandre sont évalués à environ 150 millions. Comme le budget d’un milliard doit financer tant le RER et d’autres projets, la Wallonie en arrive à la conclusion que la part qui lui sera réservée ne suffira pas pour terminer les travaux du RER sur son territoire surtout que l’enveloppe d’un milliard d’euros devrait respecter la clé 60/40.

Retard dans les nominations

Les autorités wallonnes dénoncent le retard pris dans la nomination effective des administrateurs régionaux de la SNCB et d’Infrabel . Le gouvernement wallon a désigné ses administrateurs au printemps 2015. Mais d’après les autorités wallonnes, "rien n’annonce une nomination rapide", déplorent-elles.

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