Le ministre Bellot ouvre la voie à un CEO francophone à la SNCB

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Sur proposition du ministre Bellot, le Conseil des ministres a décidé de recourir à un chasseur de têtes pour trouver le futur CEO de la SNCB. La procédure validée prévoit que le futur CEO peut être un francophone ou un néerlandophone.

Il y a urgence pour le remplacement de Jo Cornu à la tête de la SNCB. L’intéressé a dénoncé son contrat en mai et le préavis de trois mois qui court depuis le 1er juin se termine le 31 août. L’actuel CEO de l’entreprise ferroviaire est donc dans le dernier virage de son départ. Selon nos informations, sur proposition du ministre de tutelle François Bellot (MR), le Conseil des ministres a approuvé récemment la procédure ouvrant la voie à la désignation du nouveau CEO. Il est donc prévu de confier la sélection des candidats à un chasseur de têtes. "Nous sommes en train de finaliser la procédure pour désigner le consultant qui fera les sélections. Il y a urgence, mais nous devons respecter la législation sur les marchés publics", dit-on au cabinet du ministre de la Mobilité.

Celui-ci espère encore trouver dans les temps l’oiseau rare qui prendra les rênes de la SNCB avec tous les défis à relever, mais selon plusieurs sources proches du dossier, le calendrier risque d’être trop serré. Le ministre Bellot pourrait devoir solliciter Jo Cornu pour une rallonge de son bail à la tête de la SNCB, le temps de trouver son remplaçant. Le match se jouera entre quelques bureaux de chasseurs de têtes: Russell Reynolds Associates, Korn Ferry, Egon Zehnder, etc.

Privilégier la compétence

Selon des éléments dont nous avons eu connaissance, il n’est plus question de remplacer Jo Cornu, un CEO néerlandophone, par un autre patron du même rôle linguistique. La majorité fédérale s’est accordée pour privilégier la compétence quitte à ce que le futur patron soit un francophone. "Open Vld, N-VA et MR et CD&V sont désormais d’accord sur le principe que le futur CEO peut être un francophone", raconte un habitué du sérail politique. La recherche du nouveau CEO se fera tant en interne qu’à l’extérieur.

Le jeu étant donc ouvert, la nomination du futur patron pourrait déboucher sur un séisme au sein du groupe ferroviaire. En effet, si un francophone est investi comme patron de la SNCB, le mandat de président du conseil d’administration (CA) devrait donc revenir à un néerlandophone. Car les titulaires des deux principales fonctions de l’entreprise ne doivent pas être du même rôle linguistique. Actuellement, c’est Jean-Claude Fontinoy (71 ans) qui préside le CA. C’est un francophone, un précieux et proche collaborateur de longue date du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR).

Question du salaire

Parallèlement et par ricochet, le poste de CEO du gestionnaire d’infrastructure Infrabel, actuellement occupé par un autre francophone, Luc Lallemand, étiqueté PS, changera de main pour être confié à un néerlandophone aussi. Renommé en 2013 pour un mandat de 6 ans, il faudra payer à Luc Lallemand des indemnités de départ, soit un an de salaire (290.000 euros). La présidence d’Infrabel était exercée jusqu’il y a peu par Christine Vanderveeren, étiquetée CD&V. Elle a été nommée en juin responsable financière à la grande surprise des administrateurs qui ont jugé ce "tour de passe-passe inédit et interpellant". Elle a pris ses fonctions depuis le 1er juillet, mais assure toujours l’intérim à la présidence pour 3 mois. Après cette période, elle sera remplacée par un faisant fonction (Jacques Etienne/cdH) si un président définitif n’est pas trouvé.

Si le CEO de la SNCB est un néerlandophone, la situation ne changera pas au niveau de la présidence de la SNCB et chez Infrabel. Mais les CA des deux entreprises subiront d’importances modifications afin d’y garantir l’entrée de la N-VA. Une autre question se posera si le futur CEO de la SNCB devait venir de l’extérieur: celle de son salaire. La limitation de la rémunération à 290.000 euros brut par an risque d’être un obstacle.

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