Les 5 priorités de Sophie Dutordoir pour la SNCB

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Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, veut mieux informer les usagers et rendre le voyage en train plus agréable. Pour cela, elle annonce un plan d’entreprise et un plan pluriannuel d’investissement pour début 2018.

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB depuis mars dernier, passera son grand oral aujourd’hui devant les députés de la commission Infrastructures de la Chambre. C’est cet après-midi que la nouvelle patronne de la SNCB présentera sa vision stratégique pour le rail aux députés. Selon nos informations, elle a exposé sa stratégie et ses projets au personnel il y a quelques jours. Pour Sophie Dutordoir, le navetteur doit être le point central de la stratégie de l’entreprise ferroviaire et sa satisfaction l’objectif final. Le discours servi au personnel exhorte celui-ci à ne pas perdre de vue les valeurs du transporteur ferroviaire. Elles sont résumées dans un acronyme, PROS, pour Professionnalisme (faire son travail avec rigueur et passion), Respect (atteindre les engagements de résultat, notamment en matière de budget et de planning; respecter ses collègues, les usagers et les partenaires), Oser entreprendre (s’interroger sur son travail pour s’améliorer) et Savoir collaborer (créer un environnement de travail stimulant).

Elle a défini 5 objectifs prioritaires:

• sécurité et ponctualité,
• clients satisfaits,
• politique de ressources humaines basée sur les valeurs PROS,
• méthodes de travail efficaces,
• maîtrise des budgets et croissance.

Toujours plus d'informations

Misant tout sur la satisfaction du voyageur (une voie déjà empruntée sous l’ère de son prédécesseur Jo Cornu), la nouvelle patronne de la SNCB a décliné plusieurs actions pour le chouchouter. Elle espère ainsi en attirer d’autres en les détournant de la voiture. L’accent est donc mis sur l’information aux voyageurs en temps réel. Elle doit être cohérente, correcte, claire, compréhensible et complète. Il faut aussi procurer aux navetteurs des solutions concrètes.

À titre d’exemple, elle prévoit de mettre à la disposition des usagers en 2018 une carte digitale du réseau automatisée et qui les informera sur la position de chaque train. L’objectif ici est de permettre d’avoir une idée précise de l’état du trafic et d’être correctement informé s’il y aura du retard ou pas. Le corollaire à ce projet est la fourniture d’une information cohérente sur les horaires des trains et les retards sur tous les canaux (site Internet, application sur smartphone, dans les gares). Pour éviter une perte de temps pour le client qui, souvent, doit courir pour chercher le wagon adéquat sur les quais, Sophie Dutordoir veut lui fournir une meilleure information sur la position de la première classe et les parties du train inaccessibles temporairement pour diverses raisons.

Effectif désormais stable

Toujours annoncé pour 2018, des informations supplémentaires sur le taux d’occupation des convois et le type de train. La SNCB veut aussi livrer des informations commerciales aux voyageurs, notamment sur les événements (concerts, etc.), les tarifs spéciaux et les offres d’emploi, dans les trains. Elle veut aussi mieux communiquer sur les travaux sur le réseau (via les différents canaux; Facebook, Twitter, etc.) pour rassurer les voyageurs. À cet effet, les écrans d’information dans les trains seront adaptés. Les nouveaux trains Desiro disposent déjà de ces nouveaux écrans et les anciens trains seront rénovés.

Après 3 ans de baisse de l’effectif, l’évolution est à la stabilisation. Il est passé de 20.628 agents Équivalent temps plein (ETP) au 1er janvier 2014 à 19.927 ETP au 1er janvier 2015 (-3,5%), puis à 19.352 ETP au 1er janvier 2016 (-2,9%) pour atteindre 18.195 ETP au 1er janvier 2017. Au 1er juillet 2017, la SNCB occupait 18.149 ETP. La raison de la stabilisation est qu’il y a eu moins de départs que prévu et les recrutements compensent désormais les départs. À fin août, l’entreprise a procédé à 1.693 recrutements (dont 258 promotions internes) contre 1.634 départs.

Sophie Dutordoir prévoit pour le premier trimestre 2018 au plus tard la finalisation d’un plan d’entreprise (coûts, productivité, revenus), d’un plan pluriannuel d’investissement (matériel roulant, gares) et du contrat de gestion.

nouvelle gare: Charleroi airport accessible depuis fleurus

La SNCB, le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), ainsi que les ministres wallons Jean-Luc Crucke (MR, Aéroports régionaux) et Carlo Di Antonio (cdH, Mobilité et Transports) ont exposé mardi le projet d’une nouvelle gare à Fleurus couplée à une navette de bus pour mieux desservir l’aéroport de Charleroi. Pour François Bellot, la croissance du trafic aérien et les nouvelles habitudes de mobilité de la population imposent de trouver une bonne alternative au profit de Brussels South Charleroi Airport (BSCA). Il a rappelé que 25% des voyageurs de l’aéroport de Bruxelles-National prennent le train pour s’y rendre ou le quitter après leur atterrissage.

La SNCB doit encore choisir entre trois options d’emplacement concernant la future gare de Fleurus. Mais elle évoque déjà un investissement de 9,4 millions d’euros et des travaux qui devraient démarrer à la mi-2019 pour une mise en service en 2021. La construction de la nouvelle gare sera accompagnée d’un renforcement des relations ferroviaires vers Fleurus (ligne 140) et la gare de Luttre (ligne 124). Ces nouvelles liaisons permettront à des voyageurs du Brabant wallon, du Brabant flamand et d’Ottignies de rejoindre l’aéroport carolo grâce à la collaboration avec les transports en commun wallon (SRWT). Elles entraîneront un coût d’exploitation de près de 3 millions d’euros.

La SNCB annonce un gain de temps de 15 à 50 minutes. La SRWT a déjà fait des simulations concernant la navette de bus entre Fleurus et l’aéroport (9 minutes) pour un coût de 600.000 euros. Mais la navette entre Fleurus et BSCA est toujours à l’étude. Il faudrait évaluer son attractivité et ses coûts, d’autant plus qu’il y a encore la navette entre la gare de Charleroi-sud et BSCA, qui sera maintenue et développée. Pour Jean-Jacques Cloquet, CEO de BSCA, le projet a un réel potentiel et permettra de toucher une nouvelle zone de chalandise (Leuven, Ottignies, Wavre, etc.).

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