Les plus gros bijoux de la SNCB se concentrent à Bruxelles

©Laurent Photo SPRL

Pour le ministre Bellot, la SNCB a clairement un rôle à jouer dans la planification urbanistique.

"À Bruxelles tout particulièrement, et encore davantage sur le périmètre de la gare du Midi. Or, cela fait 25 ans qu’on y tourne en rond, qu’on dépense des millions d’euros en expertises et en études diverses et stériles. Il faut atterrir!" insiste-t-il. Et il prévient: "Qu’on cesse de croire que la SNCB, de guerre lasse, va donner les terrains. Nous ne le ferons jamais. Par contre, nous sommes prêts à investir 80 à 100 millions d’euros dans la gare du Midi."

→ La SNCB met en vente son patrimoine immobilier Lisez ici notre analyse

Becentral, le campus digital de la gare centrale, vient d'ouvrir ses portes. ©BELGA

Au-dessus de la gare centrale, où des espaces de bureaux étaient disponibles, c’est un campus digital, BeCentral, qui vient d’ouvrir pour accueillir les jeunes entreprises et autres start-ups. Il formera aux nouvelles technologies. Un projet cher à Alexander De Croo, ministre de l’Agenda numérique.

On sait également qu’il y a des surfaces de plus en plus importantes disponibles à proximité de la gare du Nord. "On a d’ailleurs parlé un moment d’y recentraliser notre personnel. Compte-tenu de nos besoins en espace d’ici 2020-2030, compte tenu de l’évolution du marché du travail, on a demandé à deux experts d’établir un plan stratégique à moyen et à long termes concernant nos besoins en espace pour les services centraux et sur la manière de satisfaire ces besoins", détaille François Bellot.

Concernant Bruxelles toujours, celui-ci rappelle également l’existence du Fonds des infrastructures ferroviaires, le FIF, qui a encore dans son escarcelle d’autres fonciers stratégiques à réhabiliter. Outre le quartier de la gare de l’Ouest avec son nœud intermodal (train/Metro/tram/bus), y figure aussi la "zone levier" de Schaerbeek-Formation. Un arrêté royal stipule que, pour 2020 au plus tard, le transfert de cette importante réserve foncière doit avoir été opéré vers la Région bruxelloise.

L’épicentre de la gare du Midi reste pour l’instant ce que François Bellot appelle sa "zone grise". Comprenez qu’on peut difficilement dire aujourd’hui si les bâtiments et terrains qu’y possède le groupe SNCB serviront tous à terme à sa mission de service public. La société anonyme de droit public est pour l’instant propriétaire d’immeubles de bureaux situés rue de France, de la gare et de ses abords, mais aussi de nouveaux bâtiments situés rue Fonsny et de ce qu’on appelle l’ancien centre de tri postal, accolé à la gare et en piteux état.

Plusieurs plans masse ont été esquissés sur la zone, notamment par l’architecte français Jean Nouvel. Plus récemment, un schéma directeur régional a été approuvé. Mais les tiraillements entre niveaux de pouvoir politiques plombent la concertation. Les bourgmestres de Saint-Gilles et d’Anderlecht, par exemple, souhaitent tous deux concentrer les projets résidentiels sur leur commune respective, notamment pour élargir leur assise fiscale…

"On sait déjà que nos bâtiments sis rue de France – vu l’évolution du télétravail et partant d’une surface nette par personne actualisée de 14 m² - offrent des superficies bien trop importantes pour nos besoins", lâche François Bellot.

Alors, moderniser la rue de France? Construire un nouvel immeuble rue Fonsny? Louer ailleurs et revendre prioritairement les bijoux de famille à des instances publiques régionales et communales à la valeur du marché? "J’ose espérer, d’ici six mois, pouvoir définir un scénario idéal. On a assez tergiversé!" promet-il.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content