Les trains rouleront lundi finalement

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La CGSP cheminots et son aile flamande ne font plus appel à la grève prévue à partir de dimanche 22h, "afin de laisser une dernière chance aux négociations avec la direction". Un geste apprécié par les dirigeants

La CGSP cheminots s'est réunie vendredi à 10h00 en bureau exécutif. A l'issue de cette réunion, le syndicat socialiste a décidé de ne plus appeler ses affilés à faire grève. Il avait pourtant déposé un préavis de grève à partir du dimanche 12 juin à 22h00.

"Nous voulons prouver que nous ne sommes pas des preneurs d'otages comme le prétendent certains."
Michel Abdissi
Président national du syndicat socialiste

"Nous avons récolté les points de vue de toutes les régionales et analysé ceux-ci. Nous sommes arrivés à un consensus qui est celui de ne pas appeler à la grève. Nous tendons une dernière fois la main à la direction pour trouver une solution et sortir de cette impasse. Nous voulons prouver que nous ne sommes pas des preneurs d'otages comme le prétendent certains. Nous espérons que la démarche sera appréciée par la direction. Nous allons renégocier la semaine prochaine", a indiqué vendredi Michel Abdissi, le président national du syndicat socialiste. 

Une nouvelle réunion du comité de coordination a eu lieu cet après-midi. La CGSP cheminots y a annoncé son intention de ne pas appeler à la grève. A la sortie de cette énième entrevue réunissant le syndicat socialiste, la CSC Transcom et les directions de la SNCB, d'Infrabel et de HR-Rail, on apprenait qu'une prochaine réunion du comité de coordination a été fixée à lundi 15h00.

"L'ambiance n'était pas mauvaise et je pense que la direction a apprécié notre geste. Nous n'avons néanmoins pas parlé du fond aujourd'hui."
Michel Abdissi
CGSP Cheminots


La direction des chemins de fer est satisfaite que le syndicat socialiste ait décidé de ne pas appeler à la grève. "C'est une très bonne nouvelle pour les voyageurs", a réagi le porte-parole de la SNCB Bart Crols. L'objectif reste d'obtenir un accord au cours de la semaine prochaine. HR Rail, l'employeur juridique du personnel de la SNCB et d'Infrabel, indique qu'il fera "tout" pour y parvenir.

Pourquoi tant de réunions?

Le comité de coordination prévoit de se réunir lundi, mais également mardi à 08h00 et jeudi à 10h00. "Vendredi matin, ce sera la dernière réunion, le point final", a souligné le syndicaliste. "Nous reprendrons les bases du texte. L'objectif n'est pas de tout recommencer mais nous avons quelques soucis sur certaines propositions."    

La principale pierre d'achoppement est la dernière proposition de la SNCB d'instaurer des horaires de travail de 9 ou 10 heures dans les ateliers, alors que les syndicats ont déjà accepté certaines mesures pour augmenter la productivité. "Lorsqu'on fait un pas, ils reculent de deux. On creuse un fossé et ce n'est pas comme ça qu'on arrive à un bon compromis. Il faut que l'on marche sur le même sentier", a répété le syndicaliste.

La CGSP souhaiterait que la direction se décide à faire des économies ailleurs que "sur le dos des travailleurs", mais bien "là où il y a de l'argent". "Il faut qu'on arrête de presser les cheminots comme des citrons. Réduisons d'abord le nombre d'interfaces; il y a onze pouvoirs différents au sein de la SNCB", déplore Michel Abdissi.

Jours de crédit - La pomme de discorde

Les jours de crédit sont une compensation pour les heures de travail supplémentaires des cheminots. Ils remontent à 1996. Il avait alors été convenu entre direction et syndicats de la SNCB que les cheminots travailleraient 38 ou 40h, mais ne seraient payés que 36h (avec une perte de salaire de 1,65%). Les heures non rémunérées étant compensées par les fameux 13 jours de crédit qui ne sont autres que des jours de récupération. Ces jours viennent s’ajouter aux 20 jours de congés légaux des agents de la SNCB.

Le problème: même le cheminot qui ne travaille pas (congé ou maladie) bénéficie toujours des jours de crédit. C’est cette "anomalie" que la direction veut corriger en supprimant un jour de crédit après 18 jours d’absence.

1. Quid de la perte de salaire acceptée par les cheminots en 1996?

2. Parmi ces 18 jours d'absence, la SNCB prend en compte les jours de maladie, de congé (annuel, syndical, parental) et... les jours de crédit. A ce rythme-là, tous les cheminots sont concernés.


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