Menace sur le nouveau plan de transport 2017 de la SNCB

©Hollandse Hoogte

D’après les syndicats, la SNCB faisait travailler 18.639 agents au 1er juillet, alors que 19.312 cheminots étaient prévus au budget. La situation risque d’empirer dans le futur.

Les prévisions du nouveau plan d’entreprise de la SNCB concernant la réduction des effectifs ne rassurent guère les organisations syndicales. Selon des documents que nous avons pu consulter, la SNCB pourrait se retrouver en 2020 avec un personnel plus réduit que prévu dans son plan initial.

Sans tenir compte des recrutements programmés dans le cadre de la lutte antiterrorisme (+ 100 agents) et ceux liés au nouveau plan de transport 2017, la SNCB se retrouverait avec 16.955 cheminots équivalent temps plein (ETP) en 2020, alors que l’ancien plan prévoyait 17.241 ETP à cette échéance. Soit une diminution de près de 18% par rapport à 2014 (20.628 ETP).

"Or la situation est déjà catastrophique aujourd’hui. La SNCB est déjà en déficit de personnel par rapport à ce qui est inscrit à son budget", clame Pierre Lejeune, secrétaire national de la CGSP-Cheminots. "Au 1er juillet 2016, l’entreprise occupait 18.639 ETP, alors qu’au budget étaient prévus 19.312 agents ETP. Il y a donc déjà un gap de 673 agents", détaille Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC-Transcom.

Manque d’attractivité

Il manque principalement des accompagnateurs de train et des techniciens. D’après les syndicats, la SNCB explique le trou actuel dans son effectif par le transfert d’agents vers la filiale logistique B Logistics désormais privatisée (soit 272 personnes) et la difficulté à recruter suffisamment d’agents pour combler le départ de 245 cheminots. "La SNCB souffre d’un manque d’attractivité. La garantie d’emploi et la bonne pension qui motivaient les jeunes à opter pour un travail de cheminot ne sont plus assurées", poursuit Marianne Lerouge.

"La SNCB souffre d’un manque d’attractivité. La garantie d’emploi n’est plus assurée."
Marianne Lerouge
responsable CSC-Transcom

Plan de transport 2017 compromis

La réforme de la pension qui se profile à l’horizon suscite des inquiétudes et pousse les cheminots à quitter l’entreprise ferroviaire avant 2018. La réforme allonge la carrière à partir de 2018.

Dans trois ans, le cheminot ne pourra partir à la pension qu’à 57 ans et en ayant 38 ans de service. Actuellement, l’âge de départ à la pension est de 55 ans avec 30 ans de service. "Des cheminots qui sont actuellement dans les conditions de partir le font alors qu’ils auraient aimé rester encore quelques années. La réforme de la pension les inquiète, ils préfèrent donc partir maintenant, ce qui a agrandi le trou dans les effectifs", analyse Pierre Lejeune.

Les syndicats, qui disent avoir applaudi des deux mains le nouveau plan de transport 2017 de la SNCB parce qu’il augmentait l’offre, se demandent donc aujourd’hui si l’entreprise aura les moyens de l’appliquer en raison du manque d’effectifs.

La direction de l’entreprise ferroviaire redoute la réforme des pensions. "En octobre 2016, une évolution de la loi sur les pensions du personnel roulant a été annoncée, qui pourrait entraîner une pénurie dans le personnel roulant et compromettre la mise en place entière ou partielle du plan de transport", lit-on ainsi dans le plan d’entreprise 2017-2020.

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