"Quand on coupe dans le budget du rail, la SNCB va chercher l'argent chez le travailleur"

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Le service d'études du PTB pointe du doigt une progression des tarifs de la SNCB supérieure à la croissance de l'indice de consommation voire même des salaires. Inadmissible pour le PTB surtout quand le service ne suit pas. Plus de 38.000 trains ont ainsi été supprimés en 2016. C'est un record en dix ans...

Les tarifs moyens de la SNCB ont augmenté de 65% depuis 1995. Comparé à l'évolution des prix à la consommation, c'est 20% de plus et 14% si on se base sur les évolutions salariales. C'est ce qui ressort d'une analyse du service d'études du PTB.

Selon le PTB, si un abonnement mensuel "Gand-Bruxelles" avait suivi la même évolution que l'indice des prix à la consommation depuis 1995, il serait aujourd'hui 18 euros moins cher (près de 200 euros par an).

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En février 2017, les tarifs augmenteront d'environ 3% en moyenne. Pour Michael Verbauwhede, député bruxellois et spécialiste SNCB du PTB, "il est inacceptable d'augmenter les tarifs de la sorte alors que la qualité du service laisse de plus en plus à désirer: trains en retard et trop souvent en panne, RER qui se fait attendre, trajets plus longs, etc". Des informations circulent aussi sur le nombre record de trains supprimés l'an dernier.

Selon l'élu PTB, si la direction de la SNCB procède de la sorte, c'est surtout grâce au contrat de gestion conclu avec le gouvernement. "Et lorsque le gouvernement décide de couper 3 milliards d'euros dans le budget du rail belge sur la période 2015-2020, il ne laisse pas le choix: la SNCB comble une partie de ce manque à gagner en venant chercher l'argent dans la poche des travailleurs via une augmentation des tarifs".

Le PTB, qui a lancé mardi une opération de distribution de tracts dans les gares du pays, plaide pour un gel des tarifs, à inscrire dans le prochain contrat de gestion de la SNCB, car ils jouent selon lui un rôle crucial, à côté de la qualité du service, pour attirer les voyageurs vers le rail. Le parti d'extrême gauche plaide par ailleurs pour un investissement massif dans le rail pour améliorer les performances de l'entreprise ferroviaire.

Record de trains supprimés

Le nombre de trains supprimés a augmenté l'année dernière, atteignant son plus haut niveau depuis au moins dix ans. Plus de 38.000 suppressions ont été enregistrées au total, soit 3,1% de tous les trains, selon des calculs de l'agence Belga confirmés par le gestionnaire de réseau Infrabel.

En 2016, 38.041 trains ont été supprimés: 22.968 totalement et 15.073 partiellement. Ces statistiques constituent un pic important par rapport aux années précédentes, avec une hausse de deux tiers depuis 2015 (près de 23.000 suppressions de trains) et de près du double par rapport à la moyenne de la période 2006-2015 (environ 20.000 suppressions).

Pourquoi? Les causes de cette augmentation sont multiples:

• Plusieurs grèves ont largement influencé cette hausse. La grève de 48 heures menée début janvier par les syndicats de cheminots wallons a, par exemple, entraîné la suppression de plus de 5.000 trains. Les actions syndicales de fin mai-début juin ont, elles, mené à la suppression d'environ 12.000 trains.

• Les "tiers" ont eu un impact grandissant sur le trafic ferroviaire, notamment en raison de la présence de personnes le long des voies, d'alertes à la bombe ou d'interventions policières.

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