Quatre enquêtes pour faire la lumière sur l'accident ferroviaire de Morlanwelz

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Outre la Justice, la SNCB et Infrabel mèneront des investigations pour identifier les causes de l’accident de lundi soir. L’administration aussi mènera son enquête. Plusieurs questions se posent. Les agents d’Infrabel ont-ils mis des pétards sur la voie pour être prévenus comme prévu en cas de train fantôme sur la voie? Pourquoi les trains qui étaient accouplés automatiquement se sont désolidarisés?

Au lendemain de l’accident ferroviaire de Morlanwelz, des enquêteurs sont désormais à pied d’œuvre pour déterminer les raisons du drame qui a fait deux morts et 7 blessés, dont 2 graves. Il y a d’une part l’enquête judiciaire qui, d’après l’auditeur du travail du Hainaut Charles-Eric Clesse, prendrait des semaines. "Les constatations et expertises sont toujours en cours. La partie des trois wagons qui s’est détachée a été saisie et sera remorquée à l’atelier de Charleroi pour expertises. Il est encore impossible de dire si l’accident est d’origine humaine ou technique", a-t-il déclaré mardi après-midi lors d’un point presse.

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Au total, quatre enquêtes seront diligentées pour faire la lumière sur l’accident. Outre les investigations de la Justice, l’organisme d’enquête sur les accidents et incidents ferroviaires (logé au SPF Mobilité et Transports) a ouvert sa propre enquête sur les circonstances de l’accident. Ses analyses ont débuté dès lundi soir et sont distinctes des investigations menées par les services internes du transporteur ferroviaire et de celles du gestionnaire d’infrastructure Infrabel. "De notre côté, on fera les constats nécessaires. Au stade actuel, tout chez nous était normal. La voie était hors tension et nos hommes étaient en train de travailler quand ils ont vu arriver les rames", nous a confié un agent d’Infrabel.

Électricité coupée

L’auditeur du travail Charles-Eric Clesse a donné des précisions sur l’accident. Il a précisé que le train sinistré ne s’est pas désolidarisé du remorqueur mais s’est scindé en deux pour des raisons encore à éclaircir. La partie du train endommagée dans l’accident survenu lundi matin à un passage à niveau de Morlanwelz a ensuite dévalé la pente sur une distance de plus ou moins 14 km.

"En début de soirée lundi, des équipes d’Infrabel devaient remplacer quelques mètres de rails et remorquer le train endommagé", a-t-il expliqué. "Pour ce faire, un train de remorquage avec grue de levage a été envoyé sur place. Lors de la manœuvre de remorquage, et pour une raison qui reste actuellement inconnue, les trois derniers wagons du train accidenté se sont détachés des trois premiers. Contrairement à ce qui a déjà été indiqué dans la presse, ils ne se sont donc pas détachés du train de remorquage. C’est le système d’attelage entre les deux motrices du train accidenté qui a cédé", a souligné Charles-Eric Clesse.

Les wagons ont ensuite été emportés par la pente. "Ils ont croisé un train de voyageurs dont le conducteur a pu avertir les opérateurs en cabine de signalisation, qui ont coupé l’électricité sur la voie. Cependant, les trois wagons n’étant pas sous électricité, ils ont continué leur course. Arrivés quatre kilomètres plus loin, à hauteur du passage à niveau de Morlanwelz, tous feux éteints, ils ont fauché le groupe d’ouvriers qui travaillaient sur les voies. Le convoi a continué sa route sur dix kilomètres et a heurté un train de passagers à Bracquenies, après la gare de La Louvière-Sud", a-t-il.

Des manquements

Le convoi de voyageurs percuté était à l’arrêt à la suite de la coupure de courant sur le tronçon ferroviaire. L’accident était inévitable. Plusieurs questions se posent aujourd’hui. "Un accident est souvent la succession de plusieurs manquements. Par exemple, la règle voudrait qu’on mette des pétards sur la voie pendant les travaux au cas où un train dévalerait la voie, ainsi, les agents seront prévenus. Il faut maintenant savoir si cette précaution a été prise", nous a confié un spécialiste de la question.

La question aussi est de savoir comment des trains qui étaient en accouplage automatique ont pu se séparer. Mais, relève-t-on à la SNCB, l’équipement en ETCS du train et de la voie n’auraient servi à rien, car en raison du premier accident avec incendie, tout était mis hors service.

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