SNCB: combien de feux rouges dépassés?

Les mesures de la SNCB pour garantir la sécurité du trafic portent leurs fruits: les dépassements de feu chutent. ©belga

Les agents ont dépassé les signaux 48 fois en 2017 contre 82 en 2016. Huit ans après l’accident de Buizingen, qui a fait 19 morts le 15 février 2010, le rail belge est faiblement équipé du système de sécurité ETCS: 20% du réseau équipés contre 41% pour les trains.

Après les 230 millions de voyageurs transportés par la SNCB en 2017 (+ 3% par rapport à 2016), place au bilan sécurité. Selon des données dont nous avons eu connaissance, le transporteur ferroviaire a enregistré 48 dépassements de signal (feu rouge) contre 82 dépassements en 2016, soit une baisse de 41,46%. La diminution du nombre de dépassements se remarque dans tous les métiers. En effet, les conducteurs de train affichent 33 franchissements de feu rouge en 2017 contre 53 dépassements en 2016. Les techniciens et les agents de triage enregistrent aussi un bon bilan: 4 dépassements de feuen 2016 contre 14 en 2016.

D’après l’entreprise ferroviaire, plusieurs raisons expliquent la diminution des dépassements de signal. Il y a notamment le fait que les trains de la SNCB sont aujourd’hui tous équipés du système d’arrêt d’urgence TBL1+ depuis fin 2014 et que les conducteurs l’ont aujourd’hui totalement intégré dans leur fonctionnement et peuvent anticiper les réactions du système. TBL1+ est le système de base d’arrêt d’urgence. Son efficacité est relative car il n’évite pas totalement le franchissement des signaux. En effet, il ne prend le train en charge qu’à 300 mètres du feu. Par conséquent, si le conducteur roule à une vitesse trop élevée, il risque de franchir le signal. En 2017, le TBL1+ est intervenu dans 17 cas de dépassements de signal en voie principale et son intervention a permis d’éviter le franchissement du premier point dangereux dans 16 cas, mais sans éviter le dépassement de signal. La baisse des dépassements de signal en 2017 résulte aussi de l’équipement des trains du système de sécurité européen ETCS (European traffic control system). Il contrôle la courbe de vitesse du train et l’arrête dès que le conducteur dépasse la vitesse maximale autorisée. Fin 2017, 41% du matériel roulant de la SNCB étaient équipés de l’ETCS et les cheminots commencent à bien le maîtriser.

Le bon bilan s’explique aussi par les mesures en matière de formation et de suivi des connaissances garantissant ainsi une efficacité dans la conduite (parcours spécifiques sur simulateur, films de sensibilisation, sessions dédiées aux dépassements, etc.). Diverses mesures particulières sont prises en cas de dépassement d’un signal par un conducteur: analyse des antécédents de l’agent, visite médicale ou psychologique, complément de formation, tests sur simulateur, re-certification, retrait de service, etc.

Rail belge faiblement équipé

Aucun dépassement de signal n’a débouché sur un accident en 2017. Le déraillement de train à Leuven le 18 février 2017, ayant provoqué le décès d’un passager de 21 ans, n’était pas lié à un dépassement de signal, mais au non-respect de la vitesse limite. Dans ce cas-ci, le TBL1+ n’aurait servi à rien, mais l’ETCS aurait permis d’éviter l’accident. L’infrastructure à Leuven n’en était pas équipée, le train 3636 qui avait déraillé non plus. L’infrastructure à la gare de Leuven en est équipée depuis la mi-décembre 2017.

À fin 2017, seulement 20% du réseau étaient équipés de l’ETCS, soit 745 km sur un total de 3.595 km. Le réseau belge est donc faiblement équipé de l’ETCS à fin 2017 (131 km ont été équipés de l’ETCS en 2017). À cette allure, l’objectif risque de ne pas être atteint.

"Notre objectif est d’équiper la totalité du réseau en ETCS pour fin 2022."
frédéric sacré
porte-parole d’infrabel

Si on continue à raison de 131 km par an, on ne réaliserait que 786 km équipés en ETCS d’ici 2023. Or, après l’accident ferroviaire de Buizingen le 15 février 2010, qui a fait 19 morts, la SNCB et le gestionnaire d’infrastructure Infrabel ont présenté en 2011 un plan d’investissements estimé à 3,7 milliards d’euros pour couvrir l’ensemble du rail belge du système ETCS à l’horizon 2022-2023. Infrabel est censé investir 2,004 milliards et la SNCB 1,693 milliard. Contacté par nos soins, Infrabel signale que les chiffres d’équipement concernent l’ETCS niveau 1, dont le signal est envoyé par des balises installées sur les voies. "À ce jour, 22% (soit 1.463 km) des voies principales du réseau en sont dotés, ce qui fait d’Infrabel un des leaders européens en la matière. Notre objectif est d’équiper la totalité du réseau en ETCS pour fin 2022", nous a confié Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Une nouvelle version du système ETCS est actuellement testée sur la ligne 73 La Panne-Dixmude, en collaboration avec Siemens. Il s’agit de l’ETCS niveau 2, qui permet l’envoi des informations par le réseau GSM-R. L’ETCS 2 nécessite moins de travaux et l’équipement du réseau devrait aller plus vite, mais tout dépend des résultats du test et des partenaires d’Infrabel.

ponctualité

Moins de trains supprimés en 2017

La SNCB affiche un taux de ponctualité de 88,3% pour l’année 2017, contre 89,2% en 2016. Soit moins de trains arrivés à l’heure ou avec un retard de moins de 6 minutes sur un an. En tenant compte du nombre de voyageurs à bord des trains (ponctualité pondérée), on obtient une ponctualité de 86,2% en 2017 contre 87,3% en 2016. Le trio de tête qui affiche une bonne performance en matière de ponctualité est constitué de la ligne 50 Gand-Bruxelles (93,2%), la L60 Dendermonde-Bruxelles (92,7%) et la L124 Charleroi-Bruxelles (92,1%).

Le bilan est encourageant au niveau des trains supprimés en 2017. Il y en a eu moins l’an dernier. Le bilan indique, en effet, qu’un total de 19.272 trains ont été supprimés en 2017 dont 6.804 trains totalement supprimés et 12.468 trains partiellement supprimés. En 2016, la SNCB a enregistré un total de 38.041 trains supprimés dont 22.968 trains totalement supprimés et 15.073 trains partiellement supprimés. L’analyse des chiffres révèle que les grèves expliquent le nombre élevé de trains supprimés en 2016. En effet, 2.594 trains ont été supprimés pour faits de grève en 2017 contre 18.570 trains supprimés en 2016 pour cause d’actions sociales. Il faut dire que la SNCB n’a connu aucune grève liée au secteur cheminot en 2016.

Le nombre total de minutes de retard enregistrées sur le réseau est en progression. C’est la conséquence logique du fait qu’il y a plus de trains en retard en 2017. Le tableau de bord affiche près de trois millions de minutes de retard (2.954.481 minutes) l’an dernier contre quelque 2,71 millions de minutes (2.710.543 minutes) en 2016, soit une augmentation de 9%.

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