À Chelsea, la tradition comme forme ultime de modernité

Le stade de Chelsea est implanté dans un quartier chic et densément peuplé: un défi de taille pour sa rénovation. ©BELGAIMAGE

Cet été, L'Echo vous plonge dans l'architecture des plus grands stades de football au monde. En construction ou en rénovation, découvrez les stades les plus innovants. Troisième épisode: le stade de Chelsea.

Le prochain Stamford Bridge a déjà son surnom: la cathédrale du football. L’architecture du nouveau stade, d’inspiration gothique, évoque en effet celle de Westminster Abbey. Les architectes du projet prennent à contre-pied la tendance dominante dans le football, à savoir des stades futuristes et qui semblent parfois séparés de l’histoire, voire de l’identité du club. Chelsea FC a choisi d’assumer les siennes, et d’en faire une force.

Prendre de la hauteur

Alors qu’il avait été question de construire un nouveau stade sur de grands espaces à Battersea, de l’autre côté de la Tamise, le propriétaire du club, Roman Abramovitch, a préféré satisfaire les puristes en faisant demeurer le club au même endroit, malgré d’innombrables contraintes.

©HERZOG & DE MEURON

Établi en 1876 sur cet emplacement qui était alors quasiment désert, Stamford Bridge est désormais cerné par une ligne de chemin de fer impossible à déplacer, d’un cimetière dont les locataires seront difficiles à déloger, et de grands immeubles d’habitation trop modernes pour être détruits. Le seul flanc du stade où demeure un certain espace est une esplanade dont la surface ne dépasse guère celle d’un court de tennis.

Les architectes ont donc choisi de prendre de la hauteur, à défaut de pouvoir prendre le large. Le nouveau stade devrait être construit au-dessus du chemin de fer et doté de nombreuses allées et passerelles, dont l’une reliera directement les fans avec l’artère principale, Fulham Road, ce qui permettra de mieux exploiter l’espace de l’actuelle esplanade pour y installer des bars, des magasins et des restaurants. La brique sera privilégiée, pour préserver ce sentiment de familiarité, d’appartenance. "Nous avons voulu faire en sorte que ce soit un endroit où les gens se sentent vraiment chez eux, confirme l’architecte Jacques Herzog. Ce sera comme un château ou un village médiéval entouré de remparts… Quelque chose que vous ne trouverez nulle part ailleurs."

Le stade est déjà à part, car situé dans un quartier très chic qui a su conserver des allures très british. Ce projet à 500 millions de livres va encore un peu plus ancrer le club dans l’histoire de Chelsea et de l’ouest londonien.

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©BELGAIMAGE

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