14 millions européens par an pour l'innovation belge

©Fibricheck

L’institut européen de la technologie et de l’innovation a déjà investi 43,2 millions d’euros en Belgique. Cette enveloppe pourrait doubler.

Il est de notoriété publique que l’Europe a vocation, au travers de ses institutions et programmes, à soutenir l’innovation mais il est parfois difficile de saisir les aspects concrets de cette volonté régulièrement exprimée. Au milieu de la constellation d’organisations financées par l’Union Européenne se trouve l’EIT, l’institut européen de la technologie et de l’innovation.

2.000 start-ups ont déjà été soutenues financièrement par ce programme.
Martin Kern
Directeur de l’institut européen de la technologie et de l’innovation

Avec une enveloppe annuelle de 500 millions d’euros, il n’est pas inintéressant de se plonger dans ses activités et son impact jusqu’au niveau belge. Son directeur, Martin Kern, résume: "Peu de gens nous connaissent, mais nous avons un impact considérable. Depuis que nous existons, 2.000 start-ups ont été soutenues financièrement par ce programme." L’institut est une initiative de l’Union européenne qui a pour but de stimuler l’innovation sous trois axes: les entreprises, l’éducation et la recherche. "Le travail que nous effectuons serait impossible à faire au niveau national. Il est nécessaire de pousser l’innovation de façon globale", poursuit Martin Kern. Différentes thématiques sont privilégiées comme le changement climatique, la santé ou la mobilité urbaine.

Depuis son lancement en 2008, l’EIT déclare avoir participé à la création de 6.100 emplois, la grande majorité étant issue du financement des 2.000 start-ups. Ces jeunes pousses ont ensuite levé pour un total d’un milliard et demi d’euros dans les années qui ont suivi le soutient européen. Un chiffre qui reste abstrait et difficile à vérifier.

Les universités en première ligne

Plus concrètement, l’EIT investit en Belgique plus de 14 millions d’euros chaque année. L’institut a noué des partenariats avec la plupart des universités du pays et finance de nombreux programmes d’éducation liés à l’innovation et à la recherche, notamment à l’ULB et à l’ULG. Il crée également des communautés par secteur d’activité réunissant start-ups, universités et entreprises dont le groupe Colruyt qui est très impliqué dans ce programme. Depuis 2014, pas moins de 43,2 millions d’euros ont été investis en Belgique via l’EIT. Ce montant fait de la Belgique le 7e pays le plus bénéficiaire du programme.

Cet argent a notamment servi à la création de 4 centres d’innovation, au financement de 10 cursus et au soutien de nombreuses start-ups belges. Parmi elles, FibriCheck, une start-up qui a développé une application qui aide à prévenir et déceler les problèmes cardiaques. Fondée par Bieke Van Gorp, la start-up belge a reçu un prix de l’EIT et 95.000 euros pour soutenir son développement. Au niveau européen, une première licorne a émergé après avoir été soutenue par l’EIT. Il s’agit de la start-up suédoise NorthVolt qui a dépassé le cap symbolique du milliard de dollars de valorisation.

Une mission de l’institut est aussi de transformer les idées innovantes des Européens en produits ou services concrets. À ce niveau-là, l’EIT a fait fort puisqu’il a, depuis son lancement, fait aboutir 900 d’entre eux à travers l’Europe. Les ambitions pour les prochaines années sont encore plus grandes: "Nous aimerions avoir encore plus d’impact et dévoiler le potentiel innovant de l’Europe qui n’a rien à envier aux autres continents", déclare Martin Kern. Pour l’aider dans ses ambitions, l’enveloppe de 500 millions d’euros annuels dédiée à l’innovation pourrait doubler d’ici peu, tout comme le montant alloué à la Belgique.

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