450.000 euros et un méga contrat pour Shayp, la start-up qui traque les fuites d'eau

©Olivier Papegnies

La start-up bruxelloise a développé un outil qui permet de détecter les fuites d’eau et de gérer sa consommation. Elle est sur le point de signer un contrat avec un assureur mondial qui va la faire changer de dimension. Pour assurer sa croissance, Shayp vient de lever 450.00 euros et envisage déjà une nouvelle levée de fonds de 3 millions d’euros.

Alexandre McCormack a un nom qui sent bon le whisky, pourtant c’est l’eau qui le fait vibrer. C’est en tout cas un jeune homme qui n’aime pas perdre une goutte. Le jour où il a découvert que 22% des montants des factures d’eau des bâtiments institutionnels étaient à imputer à des fuites, il a avalé de travers.

Ingénieur de formation, il a sorti sa boîte à outils et a développé un premier prototype en 3 mois. L’idée? Surveiller la consommation d’eau d’un bâtiment via un boîtier relié au compteur pour détecter les éventuelles fuites et ensuite les localiser et les colmater. Accompagné de deux autres ingénieurs, Alexandre McCormack a fondé Shayp en 2017. Incubé chez GreenBiz à l’époque, c’est aujourd’hui que la start-up est prête à révéler tout son potentiel. Un potentiel financier, environnemental et technologique.

Des fonds pour décoller

La start-up bruxelloise a levé 360.000 euros en 2017 lors d’un premier tour de table et vient de boucler une deuxième levée de fonds auprès de la SRIB et de la banque Triodos à hauteur de 450.000 euros. Elle vise déjà une troisième levée de fonds pour la fin de l’année avec comme ambition de recueillir 3 millions d’euros.

©Marco Mertens

La structure devrait atteindre son seuil de rentabilité début 2020. Pour l’instant, elle s’était majoritairement concentrée sur les bâtiments institutionnels privés ou publics. Elle a notamment monitoré l’ensemble des bâtiments appartenant à la Ville de Bruxelles. Un contrat qui lui a, par exemple, permis de mettre au jour une fuite qui lui a donné une visibilité mondiale: "Via notre boîtier, nous nous sommes rendu compte que le Manneken Pis fuitait depuis sa construction. Au lieu de tourner en circuit fermé comme une fontaine classique, le petit enfant emblématique consommait 55l/heure", raconte avec le sourire Alexandre McCormack, fondateur de la start-up.

Un outil taillé pour les assureurs

La start-up bruxelloise a mis le doigt sur un problème qui préoccupe particulièrement le secteur des assurances, lassé de devoir intervenir pour des dégâts des eaux qui auraient pu être évités en amont. Intéressé depuis le départ par l’outil développé par Shayp, plusieurs assureurs ont déjà montré leur intérêt sans pour autant signer de contrat ferme avec la start-up.

Les sinistres imputés à des fuites d’eau coûtent chaque année 12 milliards d’euros aux assureurs en Europe.

Mais l’évolution de la start-up bruxelloise est sur le point de prendre un tournant décisif. Shayp est maintenant dans la phase de finalisation d’un contrat avec un assureur mondial. Un contrat qui risque de la faire changer de dimension. Quand on sait que les sinistres imputés à des fuites d’eau coûtent chaque année 12 milliards d’euros aux assureurs en Europe, ces derniers sont prêts à mettre la main au portefeuille pour faire baisser ce montant drastiquement.

Les particuliers dans le viseur

Pour son offre s’adressant aux professionnels et qui vise les bâtiments à grosse consommation, Shayp se rémunère directement sur la facture d’eau. En garantissant un pourcentage d’économie, la start-up s’octroie 5% du montant de la facture en contrepartie. Dans le cadre de son partenariat avec le secteur de l’assurance, le modèle change complètement.

"Le principe est que l’assureur va pouvoir offrir une série de services à ses clients comme par exemple l’intervention d’un plombier ou le remplacement de tuyaux."
Alexandre McCormack

Ce contrat va représenter des centaines de milliers de clients privés à équiper du fameux boîtier intelligent. Shayp se rémunérera en prenant un pourcentage de la prime d’assurance, le prix étant répercuté sur la prime elle-même. "Le principe est que l’assureur va pouvoir offrir une série de services à ses clients comme par exemple l’intervention d’un plombier ou le remplacement de tuyaux", nous explique Alexandre McCormack.

Pour pouvoir répondre à la demande, Shayp va devoir grandir vite et bien. C’est là que se situe le danger pour la start-up. Habituée à fonctionner en équipe réduite, elle va devoir engager à tour de bras pour pouvoir produire et assurer le service après-vente que représente un tel type de contrat.

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