A l'écart du "hype start-up"

©Kristof Vadino

François Verbeeren et Patrick De Caluwé sont sur la voie du succès. Après avoir obtenu un partenariat avec la RTBF pour leur application Matchtalks, ces deux jeunes entrepreneurs ne comptent pas s'arrêter là. Portrait de deux jeunes Belges aux ambitions débordantes mais qui ne veulent pas surfer sur la tendance start-up.

Ils ne se connaissaient pas avant de lancer leur application mais une chose est sûre, ce projet aura fait naître une vraie amitié entre ces deux jeunes entrepreneurs. Quand nous retrouvons Patrick et François dans un café bruxellois, les deux ont en effet plutôt l’air d’amis attablés autour d’un café que d’associés, une complicité flagrante existant entre les deux jeunes hommes.

Patrick, 26 ans, grand blond à l’allure assez détendue et François, 29 ans, brun à l’allure plus stricte, se sont en réalité rencontrés sur un réseau social réservé aux entrepreneurs à la recherche d’un partenaire pour leur projet. Depuis, ils ne se quittent plus, que ce soit par Skype ou autour d’un café, ils multiplient leurs rendez-vous professionnels. En même temps, l’application qu’ils ont lancé à deux leur prend énormément de temps et d’énergie, mais ils sont fiers de là où ils sont arrivés. Leur voie n’était pourtant pas toute tracée.

Deux parcours, une même ambition

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Patrick a suivi des études d’ingénieur civil à l’Université Catholique de Louvain, souhaitant avant tout se spécialiser dans le domaine de l’informatique. Il réalisa son rêve quand il entra à l’Agence spatiale européenne, mais il s’est vite rendu compte qu’il n’était pas aussi à l’aise que ce qu’il aurait pu le croire dans ce milieu. "Je n’arrivais pas à me concentrer, j’avais besoin de quelque chose de beaucoup plus créatif", explique le jeune homme. C’est alors qu’il est attiré par le monde de l’entrepreneuriat.

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On retrouve un parcours assez similaire - dans la forme - pour son co-équipier. Egalement scolarisé à l’UCL, François suit, lui, des études de droit. Après un master complémentaire, il exercera deux ans au Barreau mais il le quittera très vite. "L’entrepreneuriat est un monde qui me convient beaucoup mieux, la position d’entrepreneur me correspond mieux que celle de conseiller que j’avais au barreau", déclare François. Cependant, ses débuts en tant qu’entrepreneur ne seront pas forcément heureux. "J’ai lancé quelques projets qui n’ont jamais réellement abouti", avoue-t-il.

Après avoir tout plaqué, les deux jeunes veulent lancer leur propre entreprise mais bien que l'idée soit là, chacun craint de tenter l'aventure seul. "Je me suis inscrit sur un réseau social réservé aux entrepreneurs et c'est comme ça que j'ai fait la rencontre de François", explique Patrick. Quelques semaines plus tard, germait leur premier projet qui s'est avéré être un échec mais plutôt que d'abandonner là et de reprendre leurs occupations laissées en suspens, ils tirent les leçons de cette tentative ratée et s'en servent pour mettre en place un nouveau plan. C'est ainsi qu'est née MatchTalks, l'application de sondages sportifs en direct, enfant chéri de François et Patrick.

MatchTalks est une application de sondages sportifs en direct. Le concept est simple: une fois que vous êtes inscrits, vous recevrez une série de questions telles que "Quelle performance lors des épreuves de nages synchronisées méritait le plus une médaille?", "Le pénalty pour la France était-il mérité?", etc. Le but est que vous répondiez à ces questions et que vous puissiez ensuite consulter les sondages et vous situez par rapport à la tendance générale. En partenariat avec la RTBF, cet outil a été très utile à la chaîne pour interagir avec son audience. 

Des fins de mois parfois compliquées

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"On l'a lancée en mai dernier environ et depuis ça marche assez bien, les chiffres sont bons", se réjouissent les deux entrepreneurs. Mais cependant, cela ne suffit pas encore à nos deux amis pour que ceux-ci puissent vivre de leurs activités, forçant les deux jeunes à puiser dans leurs économies et à multiplier les projets à côté de l'application déjà lancée. "C'est le côté le plus dur dans notre choix de carrière, ce n'est pas tous les jours faciles et on a aucune certitude quant à notre avenir", regrette François.  

Mais à côté de ça, les deux jeunes ne regrettent pas un instant leurs choix, se rappelant surtout des bons moments. "On n'oubliera jamais la première émission de la Tribune sur la RTBF où MatchTalks a été présentée, les utilisateurs sont arrivés en masse, chaque seconde avait sa nouvelle vague, c'était génial de voir que notre application était autant téléchargée et utilisée", s'émerveillent les deux créateurs. La volonté des deux jeunes pour l'avenir seraient de nouer d'autres partenariats de ce genre à l'étranger et pourquoi pas d'élargir l'application à des sondages d'un tout autre type, tels que politiques. 

Loin du phénomène "start-up"

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Ce succès grandissant n'a pourtant pas l'air de monter à la tête des deux Belges, décidés à garder les pieds sur terre. "De nos jours, il y a un réel hyper start-up et nous voulons rester en dehors de ça, c'est un véritable business qui ne nous intéresse pas, explique François, il faut savoir qu'au final très peu de start-up deviennent de réelles entreprises rentables et durables". Raison pour laquelle les deux entrepreneurs ne passent pas énormément de temps dans leur incubateur, un environnement très porté sur la tendance start-up. "Nous ne voulons pas être associés à cette vague, déclarent les deux associés, notre but en soi n'est pas d'être entrepreneurs mais de créer une entreprise qui fonctionne."

Conseils de François et Patrick pour les jeunes qui, comme eux, voudraient lancer leur start-up :
  • Travailler sans relâche. Cela peut paraître anodin, mais il est très important, quand on veut lancer sa start-up, de s'y mettre à fond. Beaucoup auront tendance à ne pas se donner un certain horaire de travail puisqu'ils sont libres, ils sont leur propre employeur mais il ne faut pas penser comme ça. Chaque minute compte.
  • Toujours concernant le temps, il ne faut pas trop tarder avant de lancer la première version de l'application ou du site que l'on veut créer. L'entrepreneur ne sera jamais content de cette première version mais c'est normal, c'est pour cela que ce n'est qu'une première version. On pourra l'améliorer ensuite.
  • Eviter absolument le "hype start-up". Lancer sa start-up c'est quelque chose qu'il faut faire parce qu'on a un réel projet qui nous motive et non pas parce qu'on a envie d'être le nouveau Mark Zuckerberg. En ce moment, il y a un véritable phénomène qui s'est formé autour des start-up, beaucoup de jeunes veulent donc se lancer pour avoir l'air "cool", mais ce n'est pas là les motivations adéquates à la réussite d'une start-up. 

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