Cowboy lève 10 millions d'euros pour conquérir l'Europe

Le fonds new-yorkais Tiger Global Management mène la seconde levée de fonds de la start-up bruxelloise Cowboy. Dix millions d’euros pour inonder l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France avec son vélo électrique urbain.

Agressive, la start-up Cowboy? Oui, et pas qu’un peu. Fondée en janvier 2017 par les ex de Take Eat Easy (Adrien Roose, Karim Slaoui et Tanguy Goretti), elle a démarré la vente de ses premiers vélos électriques urbains en avril 2018 et a dépassé les 1.000 vélos vendus après l’été, atteignant le chiffre d’affaires d’un million d’euros en à peine 4 mois. Un autre chiffre? Au début de l’année, Cowboy employait 5 personnes. "Nous sommes 25 aujourd’hui", commente Tanguy Goretti, cofondateur. "Et de nouvelles personnes nous rejoignent chaque semaine."

Du capital et de l’expertise américaine

"Il y a donc clairement encore du potentiel sur le territoire et nous sommes prêts à étendre nos activités au-delà des frontières belges."
Tanguy Goretti
Cofondateur de Cowboy

Pour supporter sa croissance et ses ambitions, la start-up a procédé à une nouvelle levée de fonds de 10 millions d’euros, emmenée majoritairement par le fonds new-yorkais Tiger Global Management et soutenue par ses investisseurs de la première heure - (Oscar Salazar (Uber), Thibaud Elzière (eFounders), Bertrand Jelensperger (LaFourchette), Harold Mechelynck (Ogone), Frederic Potter (Netatmo) et Francis Nappez (BlaBlaCar). "C’est un fonds qui investit au niveau global, mais rarement dans de petites structures comme la nôtre. C’est une vraie preuve de confiance", souligne Tanguy Goretti, qui souligne avoir eu d’autres offres de la part de fonds européens.

Tiger Global Management, qui vient d’annoncer une augmentation de capital à hauteur de 3,75 milliards de dollars, s’est fait une vraie réputation dans la construction de marques "direct to consumers" qui réinventent une industrie, produisent eux-mêmes et distribuent en ligne. Dans son portefeuille, on retrouve notamment des marques comme le distributeur américain de lunettes Warby Parker ou le fabricant de vélos d’appartement Peloton.

Expansion européenne

Actuellement, Cowboy ne réalise ses ventes que sur la Belgique et principalement à Bruxelles et Anvers. "Il y a donc clairement encore du potentiel sur le territoire et nous sommes prêts à étendre nos activités au-delà des frontières belges", commente Tanguy Goretti. Les pays visés sont limitrophes: France, Pays-Bas, Allemagne et Royaume-Uni. "Pour commencer, nous allons ouvrir des points de vente physiques dans les grandes villes comme Paris, Berlin, Amsterdam et Londres", poursuit-il.

Pour Cowboy, l’ouverture de points de vente est un moyen d’asseoir la marque au niveau local, mais également de développer ses services centers par pays. "Nous vendons un vélo, mais également toute l’expertise qui va avec, nous allons donc aussi devoir augmenter la taille des équipes opérationnelles pour assurer un service après-vente de qualité", ajoute Tanguy Goretti.

"Nous vendons un vélo mais également toute l’expertise qui va avec, nous allons donc aussi devoir augmenter la taille des équipes opérationnelles pour assurer un service après-vente de qualité"
Tanguy Goretti
Cofondateur de Cowboy

Une partie des fonds sera évidemment allouée à l’amélioration constante du produit. Après les premières ventes, Cowboy avait été surpris par le fait que seul 1% des acheteurs étaient des femmes. "Clairement, il y a une forte demande pour une version avec un cadre en V", reconnaît Tanguy Goretti. "Mais aujourd’hui, on se concentre sur notre premier modèle parce que l’attraction est grande. Quand on aura suffisamment de 'bande passante', on envisagera d’autres possibilités."

40 à 50 personnes supplémentaires

L’objectif est de recruter entre 40 et 50 personnes supplémentaires. Les profils recherchés sont essentiellement des ingénieurs: pour le web, le mobile, le hardware, le firmware, la méca ou encore le manufacturing. "Nous en avons besoin pour continuer à innover et supporter l’augmentation de volume en termes de production. À la grosse louche, on a déjà produit un peu moins de 1.500 vélos et l’on va multiplier au minimum par 5 l’année prochaine", explique Tanguy Goretti.

"À la grosse louche, on a déjà produit un peu moins de 1.5000 vélos et l’on va multiplier au minimum par 5 l’année prochaine."
Tanguy Goretti
Cofondateur de Cowboy

Le recrutement concernera donc également le quartier général à Bruxelles. La start-up, dont les bureaux sont situés à la rue de la Régence, va d’ailleurs étendre sa surface en investissant un second étage. "Nous avons vocation à rester Bruxelles parce que nous sommes convaincus que l’on peut réussir à partir d’ici, même si c’est parfois compliqué au niveau du recrutement", déclare Tanguy Goretti. Pour le cofondateur de Cowboy, il s’agit même d’un des principaux enjeux pour l’année à venir.

"La Belgique a de très bonnes écoles d’ingénieurs et de véritables talents. Mais il y a très peu d’écosystème pour la scène hardware, et même start-up en général. La plupart des talents que nous recrutons proviennent donc de grosses entreprises. L’une de nos valeurs c’est d’itérer et délivrer rapidement. Conserver cette agilité quand tu passes de 25 à 75 personnes en quelques mois sera un gros défi", confie Tanguy Goretti.

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