Deux tiers des start-ups tech et numériques wallonnes font moins de 100.000 euros de revenus

©Antonin Weber

Côté pile, les start-ups techs et numériques wallonnes s’internationalisent de plus en plus malgré la difficulté à trouver des financements. Côté face, deux tiers d’entre elles réalisent moins de 100.000 euros de chiffre d’affaires. Et c’est évidemment beaucoup trop peu.

Comme l’année passée, le Brabant wallon reste la principale terre des start-ups techs et numériques. 42% des 400 jeunes pousses recensées dans le baromètre Digital Wallonia Start-ups 2018 y ont élu domicile. La Province de Liège arrive en deuxième position (26%), suivie par le Hainaut (22%). Ce dernier réalise la plus forte progression, notamment grâce à la mise en place de l’incubateur Digital Attraxion.

Se rapprocher,  se spécialiser 

Sans surprise, la majorité d’entre elles sont actives dans le B2B (61,5%) et s’adressent principalement à quatre secteurs d’activité: la santé, l’industrie, la distribution et le commerce, le transport et la logistique. "Ce sont des secteurs forts de l’économie wallonne, souligne André Blavier, expert senior et manager à l’Agence du Numérique (AdN). Cela suggère qu’il faut encore renforcer le rapprochement entre les start-ups, les pôles de compétitivité et les grandes entreprises. Il faudrait privilégier des modèles de proximité avec les grandes entreprises et/ou les centres de recherche."

Par ailleurs, ces résultats suggèrent également qu’il est sans doute temps de sélectionner quatre ou cinq secteurs économiques sur lesquels mettre le paquet en termes de développement numérique. "On ne sera jamais les leaders en Wallonie dans une vingtaine de domaines, mais les politiques doivent cibler ceux dans lesquels il y a des entreprises qui ont des technologies et de la recherche avec du potentiel et des moyens", commente André Blavier.

"Il faudrait privilégier des modèles de proximité avec les grandes entreprises et/ou les centres de recherche."
André Blavier
senior expert et manager à l’Agence du numérique (ADN)

 Au niveau des écosystèmes existants et perçus par les start-ups, l’e-santé (13%), l’industrie 4.0 (8%) et les smart cities (8%) réalisent une percée, mais globalement, le paysage reste encore très disparate, ce qui va dans le sens de la réforme de l’écosystème d’accompagnement des start-ups proposée par le ministre wallon de l’Economie et du Numérique Pierre-Yves Jeholet (MR). Celle-ci prévoit que chaque zone se verra attribuer une ou plusieurs spécialisations en fonction des critères territoriaux et technologiques.

Les logiciels restent les produits les plus proposés par les start-ups numériques (43%), mais la progression la plus forte se remarque dans celles qui proposent des technologies avancées (38%) comme l’IoT (14%), les Data & Analytics (12%) ou encore l’intelligence artificielle (6%). "Cela correspond peu ou prou aux domaines dans lesquels, en Wallonie, il y a une présence de la recherche relativement forte", fait remarquer André Blavier. À peine 33% des start-ups ont un partenariat technologique avec un autre acteur (université, centre de recherche, pôle…). "Cela mériterait d’être plus parce que c’est là qu’il y a de la valeur", ajoute-t-il.

Entre 800 et 1.500  emplois en plus en 2019

Selon les chiffres de l’enquête, les start-ups wallonnes occupent environ 4.000 personnes en 2018, dont 3.500 personnes sur base annuelle: employés ou indépendants (3.000) et des stagiaires (450). Pour 2019, elles prévoient de créer entre 800 et 1.500 emplois supplémentaires. Les profils techniques sont, sans surprise, les plus difficiles à recruter (66%) et à retenir.

Là où le bât blesse sérieusement, c’est au niveau des revenus. Environ deux tiers (66%) des start-ups interrogées réalisent moins de 100.000 euros de chiffre d’affaires. C’est évidemment beaucoup trop peu, même si elles sont 27% à estimer qu’elles doubleront leur chiffre d’affaires en 2019. Notez que 4% d’entre elles enregistrent un million d’euros de chiffre d’affaires en 2018 et 3% plus de deux millions d’euros.

La bonne nouvelle, c’est que les start-ups tech et numériques wallonnes s’internationalisent de plus en plus. En 2018, 7 start-ups sur dix ont au moins un client à l’international et près d’une sur trois réalise la majorité de son chiffre d’affaires à l’étranger. Les pays limitrophes européens sont les premiers visés. "Cette année, on observe une belle percée en Allemagne. C’est intéressant car c’est un gros marché, difficile à pénétrer", commente André Blavier.

Financement difficile

En ce qui concerne le financement, la perception des start-ups est qu’il reste difficile de trouver pour plus de 56% d’entre elles. Une majorité n’est parvenue qu’à lever moins de 100.000 euros et 17,5% n’ont fait appel à aucun financement extérieur. "Et pour tordre le cou aux idées reçues, elles ne sont que 16% à être majoritairement financées par le public"conclut André Blavier.

©Mediafin



Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content