L'app belge Fibricheck en quête de crédibilité et de millions

©Debby Termonia

Pour soutenir son internationalisation tant en Europe qu’aux Etats-Unis, la start-up hasseltoise Fibricheck chiffre ses besoins financiers à "plusieurs dizaines de millions" d’euros. Rien que ça.

Ce n’est pas tous les jours qu’une application dans le domaine médical se voit certifiée tant en Europe (CE) qu’aux Etats-Unis (FDA). Et ça l’est encore moins lorsque celle-ci est belge et développée par une petite scale-up limbourgeoise lancée en août 2014. "Cela nous a apporté davantage de crédibilité. Il n’y a pratiquement aucune app qui passe avec succès le processus d’autorisation de la FDA. Cela nous a clairement aidés à nous étendre en Europe et à l’international", nous confie Bieke Van Gorp, cofondatrice de Fibricheck.

L’application Fibricheck a été conçue au départ d’une thèse de master développée en collaboration avec l’université d’Hasselt et les principaux hôpitaux de la région. Objectif? Identifier comment un smartphone, et dans un futur proche une montre intelligente, peut aider à détecter l’arythmie (rythme cardiaque anormal). "Ce type de pathologie est très difficile à repérer à temps. Or, elles peuvent avoir de graves conséquences, la plus connue étant l’AVC", commente la COO.

Plus qu’une app

Pendant deux ans et demi, la start-up Quompium, qui développe l’application, s’est concentrée sur le développement du produit et la réglementation. "Lorsqu’on développe un appareil médical, on ne peut pas débarquer sur le marché comme n’importe quel autre appareil technologique. Il faut être complètement certifié et suivre les directives médicales. En gros, cela signifie qu’on doit avoir le même type d’autorisation qu’un pacemaker sinon ce n’est qu’une app", précise Bieke Van Gorp.

Jusqu’en janvier 2017, Fibricheck a financé son développement grâce à de petits investisseurs privés et quelques milliers d’euros. Les fonds d’investissement LRM et Volta Ventures, accompagnés de quelques investisseurs privés, ont ensuite injecté environ deux millions d’euros dans la société pour porter le produit sur le marché, tester différents modèles et surtout de nouveaux marchés.

Quelques mois plus tard, la start-up lance son premier modèle commercial dans lequel c’est le médecin qui "prescrit" l’application au patient. Ce dernier reçoit un QR code. Il télécharge l’application (disponible sur iOs et Android) et effectue les mesures demandées par son prescripteur en apposant son doigt sur la caméra de son smartphone pendant 60 secondes.

Au moins dix millions

En octobre 2018, l’application Fibricheck a franchi un cap important en recevant l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis. Alors qu’elle est déjà présente en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Suisse et en Espagne, la scale-up étudie comment pénétrer au mieux le marché américain. "Dans deux mois, nous retournons aux Etats-Unis où nous avons une série de rencontres prévues. En tant que start-up, il faut choisir ses batailles. Tout le monde rêve des Etats-Unis, mais pour lancer un produit qui s’adresse directement aux consommateurs, il faut d’abord qu’on lève au minimum dix millions d’euros, voire plus. Et il faut aussi qu’on ait acquis suffisamment de crédibilité auprès du secteur Health Digital aux Etats-Unis", conclut Bieke Van Gorp.

Dernièrement, Fibricheck s'est illustrée sur la scène internationale en remportant  l'EIT Venture Award, une prestigieuse distinction qui confère à l'entreprise limbourgeoise une reconnaissance internationale et lui rapporte au passage un chèque de 50.000 euros qui l'aidera à poursuivre sa croissance. 

Plutôt méconnu, l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) est un organe européen indépendant dont la mission est de contribuer à la compétitivité de l’Europe, à sa croissance économique durable et à la création d’emplois grâce à la promotion et au renforcement des synergies et de la coopération entre les entreprises, les établissements scolaires et les organismes de recherche.

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