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Des Belges lèvent 7 millions d'euros pour le confort quotidien de nos aînés

©birdie

Pilotée depuis Londres par un entrepreneur et des associés belges, la start-up Birdie ambitionne de révolutionner l'industrie de l'aide à domicile aux personnes âgées, voire de remplacer carrément les maisons de retraite. Elle a convaincu l'assureur AXA de miser 7 millions d'euros sur son futur.

Nombreux sont les secteurs qui résistent encore et toujours à l’envahisseur numérique. Mais ce constat est encore plus déplorable lorsqu’il touche des domaines aussi sensibles et précieux que l’aide aux personnes âgées. "J’entends encore trop souvent que des personnes âgées tombent à leur domicile et ne reçoivent de l’aide qu’après plusieurs jours. Nous devons parler d'innovation dans cette industrie parce que elle est archaïque: la façon dont nous prenons soin de nos aînés n'est pas acceptable et nous devons changer cela au plus vite", s'insurge Maxime Parmentier depuis Londres où il a émigré pour lancer sa société en 2017.

Cet entrepreneur belge, passionné d’innovation sociale et membre du groupe du Vendredi, a fondé Birdie, une start-up spécialisée dans les "AgeTech". Son objectif : proposer une alternative crédible et efficace, basée sur le suivi des paramètres de santé et de confort quotidien de la personne âgée, aux coûteuses maisons de retraite. "En Angleterre, on note qu’une personne âgée de plus de 80 ans, présentant deux affections de longue durée, enregistre un déclin cognitif de 20% à peine trois semaines après son entrée en maison de retraite", souligne-t-il.

Birdie a donc développé une plateforme qui "digitalise" et optimise le travail des auxiliaires de vie à domicile grâce à une application sur leur smartphone. Face au désengagement progressif des pouvoirs publics dont les moyens diminuent, Birdie soulage également les familles en leur fournissant des rapports quotidiens et circonstanciels sur la santé de leurs aïeux et propose des services liés comme de la télémédecine ou du transport des personnes. "Surtout, nous travaillons sur la prévention en permettant de "flaguer" les problèmes au quotidien et temps réel", ajoute Maxime Parmentier.

Miser sur la prévention

Si Birdie a choisi de se lancer de l’autre côté de la Manche pour des raisons de marché, ses liens avec la Belgique sont restés très forts. Pour gérer l’opérationnel, Maxime Parmentier s’est associé à Alban Heerinckx, qui a participé avec Mathieu de Lophem au développement de Deliveroo en Belgique, et Laetitia Van Hoecke, ex-L’Oréal. Birdie est également en train de s'entourer d'un comité médical à la pointe en gériatrie, dont fait partie le Belge Alain Goorden (Cliniques St Luc).

Birdie a même carrément une vision globale du traitement de la problématique du vieillissement de la population. "Nous voulons être à la manœuvre d’une initiative paneuropéenne de prévention à domicile", explique Maxime Parmentier. "Avec toutes les données que nous récoltons, à travers les rapports des auxiliaires de vie et du personnel de soin, mais également des différents capteurs infrarouges non invasifs que nous utilisons, nous pensons que nous pouvons réduire de 20 à 30% les hospitalisations d’urgence (obstruction intestinale, infection urinaire …) chez les personnes âgées".

L’Angleterre d’abord, l’Europe ensuite

L’Angleterre comptabilise environ 8.000 agences de prestataires de services aux personnes âgées. Birdie travaille actuellement avec une grosse centaine d’entre elles, soit 10.000 auxiliaires de vie qui sont en train d’être formés ou qui utilisent déjà son application. "Si vous visez directement les familles, les coûts d’acquisition sont beaucoup trop élevés. Nous fournissons la technologie aux agences et elles nous donnent accès à leurs familles. A long terme, nous ambitionnions d’avoir une offre BtoC complète".

La start-up doit encore valider son modèle en Angleterre, raison notamment pour laquelle elle vient de procéder à une nouvelle levée de fonds à concurrence de 7 millions d’euros auprès d’AXA. Outre des investissements dans le R&D (pour la prévention) et le hardware (pour les capteurs), Birdie pourrait s’étendre à plus ou moins long terme à d’autres marchés comme la France, le Benelux, l’Espagne. Et puis, pourquoi pas les Etats-Unis et l’Asie ?

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