L'hyper réalité virtuelle de Terragame attire le capital d'un Dassault

La force de Terragame est d'allier mondes physique et virtuel par le biais d'éléments de décor matériels, aussi présents numériquement. ©Terragame

Adrien Dassault, petit fils de l'industriel français Serge Dassault, a participé à une levée de fonds de 1,75 millions d'euros du côté de la société wallonne Terragame.

D'un côté, Adrien Dassault, petit-fils de l'industriel et homme d'affaires français Serge Dassault. De l'autre, Jemeppe-sur-Sambre, commune du namurois d'une vingtaine de milliers d'habitants. Aucun lien a priori. Pourtant, un trait d'union existe: Terragame.

La jeune pousse wallonne est spécialisée dans l'hyper réalité virtuelle. En clair, elle propose aux visiteurs de participer à des expériences de réalité virtuelle (VR) classiques, tout en y rajoutant - et c'est là toute la force - de pouvoir se déplacer librement et interagir avec des objets bien réels; la porte virtuelle à ouvrir dans le monde numérique existe dans le monde physique, de même que la fenêtre par laquelle vous vous penchez recrée la sensation d'une brise caressant votre visage.

15.000
visiteurs
Terragame accueillait environ 15.000 visiteurs par an pré-covid dans son centre du namurois.

Le concept fait mouche. 15.000 visiteurs par an (pré-covid) environ font le déplacement jusqu'au centre niché aux abords de la sortie d'autoroute de Spy. Mais pas que, car Terragame a aussi attiré les regards d'une belle brochette d'investisseurs, parmi lesquels Adrien Dassault. Le Français a en effet pris part à un récent tour de table de 1,75 million d'euros, nous est-il revenu, aux côtés du fonds d'investissement dédié aux entreprises audiovisuelles Wallimage Entreprises et des invests Wapinvest et Namurinvest. L'homme connaît bien la Belgique puisqu'il travaille et vit à Bruxelles.

Pour Terragame, ces capitaux frais sont bienvenus. Et vont permettre à la jeune pousse d'ouvrir un quatrième centre. Terragame propose à ce stade, outre dans le namurois, ses expériences depuis mai 2019 à Tournai, qui a servi de preuve que le modèle pouvait être répliqué, de même que depuis mars dernier à Paris, qui n'a pas encore pu ouvrir.

"20% des fonds levés seront utilisés pour nous installer désormais du côté de Bruxelles", évoque Sophian Bhiri, cofondateur. Quid des 80% restants? "Ils serviront à financer le développement de jeux maisons", expressément pensés pour les lieux exploités par Terragame, explique Ismaël Bhiri, son frère et associé. Deux développeurs devraient ainsi être embauchés suite à l'opération. De quoi porter les effectifs à sept codeurs, sans compter les freelances qui peuvent parfois venir en soutien aux projets.

"20% des fonds levés seront utilisés pour nous déployer du côté de Bruxelles."
Sophian Bhiri
Cofondateur de Terragame

Et pour cause, en l'état, Terragame ne propose "que" trois expériences, amenant les participants à incarner des magiciens qui se livrent à une lutte sans merci à coups de sorts, à explorer un manoir infesté de zombies ou à devoir défendre un convoi attaqué de toutes parts. "On veut aller encore plus loin", lancent en choeur les deux frères. Ce qui demandera à Terragame de se muer "en notre propre studio de jeux vidéo en quelque sorte".

Né en 2017

Qu'à cela ne tienne. La passion est là. Et ce, depuis 2017 déjà lorsqu'Ismaël et Sophian ont le déclic. Oui, le casque de réalité virtuelle qu'ils viennent d'acheter est sympa, procurant "des sensations nouvelles" fort d'une technologie "géniale", mais d'un autre côté, "on s'est vite retrouvé limité dans nos mouvements, ce qui cassait complètement l'expérience".

La solution? A l'époque, elle n'existe pas. Une opportunité. Ismaël et Sophian Bhiri partent à l'aventure. Ils découvrent alors une société active dans le tracking (suivi) appliqué à la VR. Seul hic, il est prévu pour fonctionner dans un espace de maximum 10 mètres sur 10. "On a pris le risque. On a tout de suite ouvert un espace de 450 mètres carrés et tout fait pour adapter le système. Heureusement, cela a marché", sourit Sophian.

Terragame compte depuis 2018 quelques noms intéressants au rang de ses actionnaires. L'on citera par exemple le cofondateur de Fotolia (revendu à Adobe) et du start-up studio eFounders, Thibaud Elzière, ou encore l'entrepreneur et business angel français Pierre-Édouard Stérin. Ce dernier cofondait Smartbox (derrière Bongo) et a investi par le passé dans le Puy du Fou et La Fourchette, revendue à Tripadvisor.

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