Le "Waze" wallon du pilotage d'entreprise se "scale-up" avec 4,5 millions d'euros supplémentaires

Didier Vankeerberghen et Hugues Vandepeutte, co-fondateurs d'EMAsphere

EMAsphere passe à la vitesse supérieure. Après la Belgique où elle consolide sa position, la scale-up et son outil d’aide à la décision pour petites et grandes entreprises envahissent la France, avant d’amorcer le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Lancée en 2013 à Marche-en-Famenne, la fintech belge EMAsphere et son tableau de bord de gestion destiné aux dirigeants de PME et aux fiduciaires a véritablement le vent en poupe. Sa plateforme logée dans le cloud, qui permet de suivre les indicateurs financiers et opérationnels nécessaires à la prise de décision, a bien évolué incluant désormais une combinaison de fonctions et une expertise business qui a séduit des milliers de clients. "C’est une solution créée par des entrepreneurs pour des entrepreneurs", résume Didier Vankeerberghen, cofondateur d’EMASphere.

Actuellement, la société emploie une quarantaine de personnes et vise la cinquantaine d’ici la fin de l’année. D’ici trois à quatre ans, elle estime qu’elle emploiera entre 200 et 250 personnes. "Pour 2021, nous estimons que notre chiffre d’affaires dépassera les 20 millions d’euros et pour 2023-2024, les 50 millions d’euros" précise Didier Vankeerberghen.

7,5 millions d’euros au total

Depuis son déménagement à l’Axisparc à Mont-Saint-Guibert en septembre 2016 dans la foulée de sa première levée de fonds, EMAsphere a conquis avec succès la Flandre. "Aujourd’hui, nous couvrons toute la Belgique", explique Didier Vankeerberghen. "Au deuxième trimestre, nous avons ouvert à Paris puis nous attaquerons les régions PACA et Rhône-Alpes."

Fin juin, la société a procédé à une nouvelle augmentation de capital à hauteur de 4,5 millions d’euros, portant le total des fonds levés depuis son lancement à 7,5 millions d’euros. Les investisseurs sont les fondateurs et le management, quelques investisseurs privés "avertis", une partie des employés et des clients d’EMASphere visiblement conquis. "Environ 90% des équipes commerciales ont investi dans ce second tour. C’est une preuve de confiance et une source de motivation", estime Didier Vankeerberghen.

Stratégiquement, EMASphere poursuit son développement étape par étape, notamment pour éviter une trop grande dilution. "Nous sommes confortés dans cette vision par le fait que nos actionnaires nous suivent à chaque pas et de façon significative. C’est d’autant plus important que nous aurons encore besoin de fonds supplémentaires dans le futur pour soutenir nos ambitions", commente Didier Vankeerberghen.

Un portefeuille de clients élargi

Actuellement, la scale-up est présente de manière directe, via ses propres forces commerciales, ou indirecte, via des fiduciaires ou des partenaires/revendeurs de solutions comptables, dans une trentaine de pays. "Nous avons plus de 1.600 clients et pour le premier trimestre, nous tablons sur 5.000", se réjouit Didier Vankeerberghen.

Cette poussée soudaine, EMAsphere l’a doit notamment à BDO France avec qui elle vient de signer un beau contrat qui va lui rapporter des milliers de nouveaux clients sur sa plateforme, mais pas uniquement. "La force de notre solution, c’est de pouvoir s’adresser à tout type de clients, qu’il s’agisse de PME ou de grands comptes", commente Didier Vankeerberghen. "C’est un GPS qui optimise le processus de décision, une sorte du Waze du pilotage des entreprises qui va chercher les meilleures données pour prendre les meilleures décisions".

Rester compétitif

EMAsphere va poursuivre l’élargissement de son réseau de distribution, en ouvrant l’Angleterre en début d’année et en envisageant sérieusement les Pays-Bas. Surtout, elle va continuer à investir dans sa solution comme elle l’a fait ces deux dernières années. "Nous avons beaucoup investi dans de nouvelles fonctions non-comptables à notre tableau de bord de gestion, notamment dans les prévisionnels de trésorerie, la consolidation ou le time-recording", souligne Didier Vankeerberghen.

Et la scale-up ne compte pas s’arrêter là. "Nous sommes dans des secteurs où rien n’est jamais acquis, où l’on perd rapidement son avantage compétitif. Et même si l’on observe une certaine maturité dans le marché, nos plus grands concurrents restent le tableau Excel et le statu quo", conclut Didier Vankeerberghen.

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