reportage

Peas & Love, le Belge qui convoite les toits du monde pour ses fermes

©Dieter Telemans

Le Belge Peas & Love compte déjà sept fermes urbaines sur les toits de Bruxelles et Paris. Désormais, son augmentation de capital de 1,5 million d'euros quasi bouclée, il se tourne vers Londres ou Dubaï. Son ambition: 100 fermes dans 5 ans.

"Bonjour monsieur. Bonne récolte?" interroge Jean-Patrick Scheepers, fondateur de Peas & Love. Il se retrouve aujourd'hui sur le terrain du club de sport ucclois, le David Lloyd, où il vient d'installer une ferme urbaine.

Cette ferme est composée de 300 jardinets combinant bacs à plantes et murs végétaux utilisables recto verso. "Pendant l'aménagement, on ne voyait que des cadres de fer et des tentes noires. Je dois toujours expliquer qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre d'art moderne, mais d'une ferme en devenir", ironise-t-il.

©Peas and Love

On compte 300 parcelles de 3 m² chacune, sur lesquelles 60 herbes sont plantées: épinards, betteraves, radis, cerfeuil, fraises, tomates, roquette, citronnelle...  Une autre partie accueille des plus grandes plantes comme des courgettes, des framboises, des haricots et des potirons.

La ferme n'est ouverte que depuis quelques semaines, mais est déjà louée à 60%. "Nos autres sites affichent déjà complet. À Paris, nous avons même 1.500 personnes sur liste d'attente." Peas & Love est depuis l'an dernier coachée par l'accélérateur de start-ups du groupe de construction Besix pour pouvoir répondre à ce succès.

Un vaste monde ouvert

À Bruxelles, la société a déjà envahi le toit du outlet center Cameleon. Au centre de Paris, ses fermes remplissent les toits de l'hôtel Yooma (15e arrondissement) et de BNP Paribas Real Estate. Avec Le David Lloyds à Uccle, cela porte à quelque 7.000 m² de surface plantée.

Le maire de Londres nous a accueilli à bras ouverts. Nous vous voulons, nous a-t-il dit. L'objectif est d'atteindre les 100 fermes en Europe d'ici 5 ans.
Jean-Patrick Scheepers
Fondateur de Peas & Love

Ce nombre est appelé à doubler l'an prochain rien que pour Bruxelles et Paris, mais d'autres villes semblent s'ajouter au portefeuille du Belge comme Lyon et Lille. "Nous nous concentrons actuellement sur le territoire francophone, mais cela peut changer. Nous recevons des demandes du monde entier." Jean-Patrick Scheepers évoque ainsi l'Espagne, Dubai, Cuba, New York, Londres. "Le maire de Londres nous a accueillis à bras ouverts. Nous vous voulons, nous a-t-il dit. L'objectif est d'atteindre les 100 fermes en Europe d'ici 5 ans."

Pour financer sa croissance, Peas & Love s'attelle aux derniers détails de son augmentation de capital de 1,5 million d'euros. Un précédent tour de table a déjà permis de lever un peu plus d'un million. Cinq à huit millions d'euros supplémentaires seront sûrement encore nécessaires pour satisfaire aux plans de croissance.

38 euros
par mois
Le client loue chaque mois sa parcelle pour 38 euros.

Peas & Love joue à fond sur la tendance du circuit court agricole. Le client paie ainsi 38 euros par mois pour une parcelle. "La valeur de ce que vous récupérez est supérieure à ce que vous investissez. C'est biologique et vous faites votre propre récolte. Un bon déstressant!"

Pour ce tarif de location, Peas & Love s'occupe de tout. "Nous misons sur les personnes disposant de peu de temps, de peu de place et de peu de connaissances pour oeuvrer tout seuls." Le fondateur relate ainsi l'anecdote de ce client qui pensait que les feuilles des plants de fraises étaient mangeables. Où celle de ce client qui avait tout récolté en un jour et s'étonnait la semaine plus tard de ne plus rien avoir. "Les gens ont perdu le sens de la nature."

Peas & Love gère donc l'entretien, la plantation et l'arrosage. "Chaque semaine, nous donnons au client un état des lieux de la situation du potager, lui permettant de récolter."

"Jardiner, c'est comme faire des sushis"

Vue d'ensemble de la ferme installée sur le toit de Caméléon à Bruxelles. ©Peas and Love

Pour l'heure, la société semble être l'unique acteur de potagers urbains. "Nous aurions bien voulu copier quelqu'un, mais c'est impossible. Nous sommes les pionniers et avons donc dû commencer d'une feuille blanche."

Craint-il la concurrence? "C'est comme faire des sushis. Cela parait évident, mais c'est assez complexe si on veut bien le faire. Nous avons des années d'expérience et nous améliorons constamment que ce soit dans les substrats, l'irrigation, dans tout. En trois ans, nous avons ainsi pu doubler la productivité d'une parcelle. Nous récoltons aujourd'hui sur une parcelle 40kg par an."

Une ferme en ville, pour quoi faire?


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