Piximate, l'intelligence artificielle pour les images

Georges Caron ©Hugues Depasse

La start-up néolouvaniste a noué un partenariat avec Auxipress, discute avec Amoobi et s’apprête à lever 750.000 euros.

Piximate passe à la vitesse supérieure. Cette plateforme de gestion automatisée de photos et vidéos via l’intelligence artificielle et le "machine learning" a fait évoluer son business model, du B-to-C – créneau très encombré – vers le B-to-B, et plus spécialement dans le marketing. Ce qui lui a permis d’accélérer son développement.

Derrière Piximate, on trouve Georges Caron, un ingénieur cofondateur de Keemotion, spin-off de l’UCL qui a mis au point une technologie de captation automatisée d’événements sportifs avant de la revendre en 2015 à un consortium d’investisseurs américains.

Avec le développeur informatique Valerio Burgarello et l’entrepreneur Laure Uytdenhoef, il a ensuite lancé Piximate il y a deux ans. Le trio en détient la majorité du capital, le solde étant aux mains du fonds Leansquare et de business angels. "Nous avons développé deux produits, raconte Georges Caron. Le premier, c’est la récupération de photos et vidéos dans les médias à des fins de communication et de marketing sur une seule plateforme. Un moteur de reconnaissance faciale et de logos les analyse et leur donne un score de pertinence en fonction de différents critères: âge, sexe, etc." Exemple: des photos d’un événement que l’organisateur veut diffuser sur les réseaux sociaux.

Piximate envisage une augmentation de capital de 750.000 euros.

"L’autre outil est utilisé dans le retail, poursuit Georges Caron. Nous plaçons des caméras dans des magasins, des malls ou des rues commerçantes permettant d’analyser le chaland, d’évaluer son âge, de connaître son sexe, pourquoi il est attiré par un produit, pourquoi il l’achète ou non, etc." La technologie fait penser à celle de la nivelloise Amoobi qui analyse le comportement du client à l’aide de capteurs optiques 3D. "Nous sommes complémentaires, indique Georges Caron. Ils sont forts dans l’analyse de données mais nos caméras qui viennent du monde de la sécurité sont plus précises que certains capteurs; elles fonctionnent en outre à l’extérieur." Si bien que les deux sociétés étudient l’idée d’une collaboration approfondie.

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Plus concret est le partenariat noué récemment avec Auxipress, spécialisée de l’analyse des médias. "Ce qui nous a attirés, c’est leur outil de reconnaissance automatique des logos", indique son COO Thierry Cornez. Jusqu’à présent, les collaborateurs devaient visionner des heures de programmes et identifier eux-mêmes les logos de leurs clients. Intéressant quand on sait que les équipes d’Auxipress doivent visionner et analyser 300 heures de vidéo par jour et 6.000 articles de presse par semaine.

Outre Auxipress, Piximate a déjà travaillé pour Tom & Co, Levi’s, Mercedes, Candriam, etc. De quoi générer cette année un chiffre d’affaires de 200.000 euros. Le double est attendu en 2019 et le break-even l’année d’après. Après avoir levé 600.000 euros lors de leur lancement, les fondateurs envisagent une nouvelle levée de fonds début 2019. "Nous espérons lever 750.000 euros afin de financer notre croissance car nous visons un développement international, indique Laure Uytdenhoef. Les actionnaires actuels sont partants mais nous sommes aussi ouverts à de nouveaux partenaires potentiels."


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