Près de 175 start-ups mijotent dans les incubateurs bruxellois

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Méconnus, mais surtout mal compris, les quatre incubateurs publics de la Région de Bruxelles-Capitale sont pourtant à l’origine de plusieurs "pépites", comme Novadip, Collibra, Edebex ou encore Softkinetic. Zoom sur ces outils de soutien à l’entrepreneuriat.

Les quatre incubateurs publics bruxellois étaient réunis mercredi sur le site Usquare, où viendra s’installer leur petit frère, axé sur l’industrie 4.0, d’ici quelques années.

Méconnues du grand public, ces structures d’accompagnement et d’aide au financement ne font pas de l’hébergement de start-ups une finalité, mais plutôt un moyen. Leur point fort: créer un écosystème physique, généralement autour d’une thématique, afin de faciliter les rencontres et les synergies.

Le principe de l’incubation suppose également un certain roulement des entreprises puisque les services et les conditions d’hébergement ne sont valables qu’un temps limité.

De là à instaurer un régime strict, il y a un pas que Jean Vereecken trouve qu’il ne faudrait jamais franchir. "Le politique voudrait qu’il y ait des règles simples et strictes. Maximum trois ou quatre ans. Mais un incubateur offre des services. Lorsqu’il n’y a plus rien à offrir, la société doit s’en aller naturellement", résume le managing director de l’ICAB.

Des thématiques

Les thématiques proposées n’ont pas été choisies au hasard, elles sont évidemment stratégiques pour la Région bruxelloise. Historiquement, Eebic est l’incubateur le plus ancien et par conséquent, le plus "multisectoriel". Il est lié à l’ULB et héberge actuellement 65 start-ups.

L’ICAB a pour sa part été fondé en 2009 avec la VUB, il est axé sur l’ICT et a déjà vu passer plus de 150 jeunes pousses. "On n’a pas de statistiques exactes parce que beaucoup d’entreprises se repositionnent plutôt que de faire faillite. Mais je dirais qu’environ 75% d’entre elles sont encore en activité aujourd’hui", fait remarquer Marnix Housen, CEO de l’ICAB, qui chiffre à 40 le nombre de start-ups accompagnées en ce moment.

BLSI (Brussels Life Science Incubator) est le troisième et le plus petit des incubateurs bruxellois. Créé en 2012 sur le site de l’UCL à Woluwe, il est axé sur les sciences de la vie. "Nos 30 start-ups sont actives dans trois branches principales: l’e-santé, les dispositifs médicaux et dans une moindre mesure, les biotechs, qui nécessitent en général davantage de financement et d’espace", explique Gianluigi Arialdi, CEO du BLSI.

Des spécificités

Avoir ce triptyque – incubateur/faculté de médecine/hôpital – offre de beaux avantages. "Cela permet de créer des synergies bénéfiques pour les entreprises qui sont chez nous. Par exemple, on peut générer des rencontres avec les différentes cliniques pour valider un besoin, voir quelles sont les procédures réglementaires de mise sur le marché qui doivent être respectées ou encore travailler avec la faculté de médecin en développant un projet de recherche en commun", commente Gianluigi Arialdi.

S’ils partagent grosso modo la même philosophie et le même mode de fonctionnement, les incubateurs publics bruxellois se distinguent par quelques spécificités propres à leur thématique. Ainsi, BSLI est le seul à proposer des laboratoires équipés, tandis que Greenbiz offre 17 ateliers de production, tous occupés actuellement. Le petit dernier, inauguré en 2016, est aussi le seul à ne pas être lié directement à une université. Il accompagne actuellement une quarantaine de jeunes pousses.

Des spin-offs qui se font rares

Les spin-offs viennent assez naturellement s’installer dans les incubateurs bruxellois dans la mesure où ils émanent et/ou rayonnent à partir des universités, à l’exception notoire de Greenbiz. Mais elles ne sont pas aussi nombreuses qu’on pourrait le croire. "Contrairement à ce qu’on pense, les incubateurs ne sont pas des lieux hautement technologiques, qui n’accueilleraient que des spin-offs. Sur les 85 sociétés qui sont passées par chez nous, à peine 4 étaient des spin-offs", réagit Gianluigi Arialdi.

Dans les années 90, toutes les universités rêvaient de faire des spin-offs. "À un moment donné, elles avaient même une clé de répartition des subsides qui étaient fonction du nombre de spin-offs", se souvient Jean Vereecken. Après le baby-boom des spin-offs, la chute s’est amorcée. À titre d’exemple, aujourd’hui, dans le sud du pays, les universités comme l’UCL ou l’ULB créent en moyenne deux à trois spin-offs par an, tous secteurs confondus.

La start-up Softkinetic, rachetée par le Japonais Sony en 2015, est devenu leader mondial des interfaces gestuelles et de la reconnaissance du mouvement pour l'electronique grand public et les marches professionnels. ©Thierry du Bois

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