Qover signe avec trois start-ups belges, en attendant une grande banque

Quentin Colmant et Jean Charles Velge de Qover ©Frédéric Pauwels / Collectif H

Accountable, i-Lance et Mozzeno vont proposer à leurs clients des produits d’assurance conçus par l’"insurtech" belge.

L’insurtech belge Qover vient de signer un deal commercial avec trois autres start-ups, belges aussi. Accountable, i-Lance et Mozzeno vont désormais proposer à leurs clients des produits d’assurance conçus par Qover: revenu garanti (pendant 6 ou 12 mois) et couverture accidents (24h/24, autrement dit couvrant les accidents de travail et privés).

Accountable (simplification comptable, financière et administrative pour indépendants), i-Lance (référencement et recrutement de freelances), Mozzeno (financements entre particuliers) sont trois plateformes nées avec le digital. Chacune a l’ambition de casser les codes dans son créneau en proposant des services numériques, rapides, simples, flexibles. C’est aussi ce que vise Qover dans son domaine: "Hacking insurance", c’est son slogan.

France, Espagne

Fondée en 2016 par Quentin Colmant et Jean-Charles Velge (36 ans chacun), Qover conçoit et développe des produits d’assurance digitaux, pour le compte de tiers. C’est elle, par exemple, qui assure les coursiers de Deliveroo dans plusieurs pays (Belgique, Espagne, Italie,…) auxquels la France s’est ajoutée le 1er janvier dernier. Les coursiers sont assurés à l’heure, lorsqu’ils sont loggés sur l’application. C’est la technologie développée par Qover qui permet de faire varier la durée de la couverture, à la demande et en temps réel.

L’an dernier, la PME bruxelloise de 33 personnes a aussi signé en Espagne avec Creditea, plateforme de crédits à la consommation. Ce sont là les premiers contrats européens pour l’insurtech, qui, en Belgique, a par exemple développé des produits pour Immoweb (couverture loyer impayé) ou Toyota (assurance couvrant 100% de la valeur d’un véhicule neuf pendant 5 ans).

Cette fois, ce sont donc trois start-ups belges qui font appel à ses services. "Ces nouvelles techs belges trouvent chez nous des produits d’assurance adaptés à leur communauté, insiste Quentin Colmant, l’un des deux fondateurs. Nous partageons le même ADN avec elles, notamment un ‘time to market’ très court, une rapidité dans la mise sur le marché d’un produit sur mesure."

"Lenteur belge"

"Des start-ups créent des solutions digitales entre elles, un écosystème se développe et c’est très bien, prolonge Quentin Colmant. Ce qui est dommage, par contre, c’est que les grandes banques belges tardent à travailler avec nous. On a des contacts, parfois depuis plus de deux ans, mais cela ne va pas plus loin."

"En Belgique, il y a encore une lenteur, une méfiance des acteurs tradition-nels."
Quentin Colmant
Cofondateur de Qover

Il y a bien eu un projet pilote pendant un mois avec ING Belgique, mais sans suite. "Les acteurs traditionnels nous voient comme un concurrent alors que nous sommes en fait un facilitateur pour leur digitalisation. En France ou en Espagne, cela va beaucoup plus vite, les grands acteurs ont compris l’intérêt de travailler avec les fintechs. En Belgique, malheureusement, il y a encore une lenteur, une méfiance des acteurs traditionnels envers nous. C’est dommage parce que l’économie et l’entrepreneuriat belges ont besoin que tout le monde se parle et interagisse. Car cela crée de la valeur."

Cette prudence s’expliquerait-elle par le fait que les banques (comme les assureurs traditionnels) veulent garder la main sur leurs développements digitaux et, au passage, sur l’ensemble des marges? "Sans doute, oui. Ceci dit, malgré la lenteur, les discussions vont dans la bonne direction, et nous sommes persuadés qu’une collaboration entre les start-ups et les grands acteurs est inévitable dans un monde en pleine transformation digitale."

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