Venilu, le vélo électrique nivellois qui monte

©Frédéric Pauwels / HUMA

Produits à Nivelles, les vélos Venilu veulent atteindre des sommets grâce à un prix très compétitif.

Dans les 25 mètres carrés loués dans les locaux de Signa Cars à Nivelles, Emerson s’affaire à monter seul des petits vélos électriques pliables, trois par trois. C’est d’ailleurs cocasse de le voir s’activer avec des Porsche, Audi GT et Jaguar de collection en arrière-plan. Les Ahooga, Cowboy et autres jeunes marques de vélo belges volent souvent la vedette en termes de retombées médias. Plus discrète, la marque Venilu a pris le contrepied. Ici, on part du business, de la base, et si la couverture média suit, tant mieux. Le prix est lui réduit au minimum avec un vélo électrique pliable à partir de 1200 euros. Les Ahooga électriques les moins chers débutant eux à plus de 2.000 euros.

Venilu Bike est une start-up créée par Brieuc Thoumsin, un "Solvay boy" qui, après un bref passage à la Loterie nationale, s’est rendu compte que ce qu’il voulait faire, c’était créer des entreprises. Les premiers produits de Venilu consistaient en des casques ou des vestes pour cyclistes avec clignotants intégrés. Un bon millier de ces produits sont vendus par mois, notamment via Amazon.

1 million €
Le chiffre d’affaires est déjà au dessus du million d’euros et Venilu entend augmenter drastiquement ses capacités.

Puis le grand saut a été opéré en 2017 avec la production de vélos. Brieuc a trouvé dans Raphaël Hasson, le directeur de la société familiale Alteximex, le partenaire idéal. Ce dernier a créé un pôle start-up privé. Une aubaine pour un acteur comme Venilu Bikes, qui s’appuie sur un réseau d’affaires déjà bien établi plutôt que sur un pôle start-up de style académique. "On connaît des jeunes entrepreneurs qui passent 70% de leur temps à pitcher leur compagnie. Ils obtiennent un financement, qu’ils brûlent assez vite, et puis doivent à nouveau trouver des fonds", expliquent les deux hommes. Actionnaires à 50-50 dans le projet Venilu, ils devraient bientôt ouvrir le capital à d’autres investisseurs car le développement consomme pas mal de cash-flow.

1.500 vélos

Les choses vont vite. La société a été lancée en septembre 2017. Une première centaine de vélos pliables électriques a été produite cette année-là. Ensuite, sur base du feed-back des utilisateurs, le moteur a été déplacé de la roue avant à la roue arrière pour des questions de confort et l’autonomie du vélo a été revue à la hausse. "Elle est en moyenne de 30 kilomètres, mais elle peut monter jusqu’à 50 kilomètres si vous êtes économe", assure Brieuc Thoumsin.

1.500 vélos ont été produits de mai à octobre et le chiffre d’affaires est déjà de plus d’un million d’euros. En Belgique, Venilu a un accord pour vendre ses vélos via Carbon Bike, qui commercialise les vélos haut de gamme comme Stevens ou Pinarello. Un petit vélo électrique pliable complète bien la gamme de ces magasins, surtout qu’il est abordable.

©Frédéric Pauwels / HUMA

Si l’assemblage est belge, les pièces elles viennent d’un peu partout. Quant aux prix compétitifs, il n’y a pas de secret, Venilu y arrive en rabotant les marges par rapport à la compétition. "Le prix freine encore beaucoup de gens. Au niveau qualité, on contrôle tout, de nos fournisseurs à l’assemblage. On n’aurait jamais cela si on faisait produire les vélos en usine", explique Hasson. Les entrepreneurs rappellent au passage que les vélos Cowboy sont produits en Pologne… Ahooga assemble par contre également ses vélos en Belgique.

L’entreprise compte plus de 50 points de vente en Belgique et plusieurs points de vente en France. "Notre objectif 2019, c’est de nous étendre en France", détaille le fondateur de Venilu. "Nous voulons avoir 300 points de vente en France et 250 points de vente au Benelux. Nous voulons également augmenter notre part de vente en direct via le site et ouvrir des concept stores dans les grandes villes en 2019", ajoute-t-il.

Logistique

Le coté logistique est grandement facilité par Alteximex qui, avec ses activités textiles classiques (produits pour bébé, vêtements sous licence pour des marques comme Disney etc.), a l’habitude de convoyer des gros volumes. La valeur au m³ de vélos électriques est d’ailleurs bien supérieure aux marchandises habituelles d’Alteximex. "30 ans de marché ça aide aussi par rapport aux banques", sourit Raphaël Hasson. Pour se faire connaître, la marque travaille désormais également avec Tatiana Silva comme égérie.

Venilu veut doubler les capacités pour ses vélos d’ici 2019. Des techniciens, des profils marketing et commerciaux sont recherchés. De quoi transformer ce début d’aventure en une belle réussite dans un secteur du vélo électrique qui reste en plein boom.

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