Le Shazam belge de l'énergie salué à Las Vegas

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Smappee a reçu un Innovation Award au Consumer Electronic Show pour son Smappee Plus. Pionnière dans le monitoring énergétique, la start-up belge veut mettre un coup d’accélérateur à ses activités et semer la concurrence.

Stefaan Grosjean est un patron heureux. Sa start-up, basée à Courtrai et lancée en 2013, a reçu un joli prix au Consumer Electronic Show de Las Vegas pour Smappee Plus, la dernière évolution de son moniteur d’énergie. "C’est une belle reconnaissance et c’est la preuve qu’en tant que société belge, on peut innover à l’échelle mondiale. Cela prouve que nous allons dans le bon sens et que l’on a une bonne avance technologique", estime le fondateur de Smappee.

Smappee, c’est le Shazam de l’énergie. C’est un moniteur d’énergie intelligent qui entend la mélodie des appareils qui s’allument et s’éteignent dans votre maison. "Notre facture d’électricité mensuelle est une estimation qui est basée sur la consommation de l’année passée. Ce n’est pas donc pas juste. On voulait quelque chose qui aille plus loin. On voulait que les utilisateurs voient leur consommation mais surtout qu’il sachent qu’est-ce qui consomme quoi dans la maison. La porte de garage, le frigo ?", explique-t-il.

Smappe inventarise donc le total de l’énergie consommée et la détaille pour chaque appareil électrique. "On essaye d’être le plus précis possible mais parfois on se plante", reconnaît Stefaan Grosjean. "Il y a environ 20 mélodies en même temps mais avec de l’intelligence artificielle,  on arrive à capter à peu près 70% des sons électriques". Grâce à l’application, l’utilisateur peut suivre en temps réel la consommation de sa maison et au besoin enclencher ou désenclencher les appareils.

"On est copié"

Jusqu’à présent, Smappee a écoulé quelques 100.000 de ses moniteurs et est présent dans 92 pays. La Belgique est son principal marché. Il représente 18 à 20% de son chiffre d’affaires. Pour atteindre le break-even, son patron estime qu’il faudrait multiplier par deux les revenus de la société qui atteignaient 2,2 millions d’euros en 2016. La start-up espère pouvoir atteindre ce niveau en 2018 et recherche de nouveaux profils pour développer ses activités aux Etats-Unis.

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Avec Smappee Plus, qui apporte deux avancées (la capacité de mesurer la consommation d’installations plus complexes comme des pompes à chaleur ou des bornes de rechargement de voitures électriques, et celle de les contrôler),  la société espère pouvoir accélérer son rythme de développement car la concurrence est rude. "Le marché est chaud", reconnaît Stefaan Grosjean. "On était pionnier il y a 5 ans maintenant on est copié".

La société a bien déposé des brevets internationaux qui protègent ses innovations. Mais cela n’empêche pas certaines sociétés de s’inspirer un peu trop librement. "Ils prennent notre logo, ils en enlèvent une partie et changent la couleur du vert en orange et ils utilisent nos bulles qui sont pourtant une marque déposée", s’amuse (un peu) Stefaan Grosjean. Pour l’heure, le patron de Smappee n’envisage pas d’entrer en guerre. "Ça ne vaut pas la peine. Ce sont des sociétés qui ne font pas encore de chiffre d’affaires. Je préfère investir l’argent ailleurs", répond-il, philosophe.

Accélérer la cadence

Pour conserver sa longueur d’avance, Smappee a plus d’un tour dans son sac. "Jusqu’à présent, on a fait du BtoC via internet pour mettre au point le produit, l’améliorer grâce au feedback du marché. Maintenant on est en phase de croissance et on va faire du BtoCtoB avec des partenaires", détaille Stefaan Grosjean. Et c’est une des raisons de la présence de Smappee au CES. "Nous avons déjà eu une vingtaine de très bons contacts avec des distributeurs potentiels: des chaînes de bricolage, des sociétés spécialisées dans la domotique et même des fournisseurs d’énergie", détaille-t-il.

Avec le Smappee Pro, la start-up vise compte également élargir sa base clients en attirant les entreprises. "On ne vise pas les grandes industries mais bien des sites de taille moyenne comme les restaurants, les stations-essences ou certains lieux publics qui veulent aussi réduire leur empreinte écologique et leur facture énergétique. Ce sont des petits magasin avec des factures plus basses que des grands groupes mais qui n’ont pas forcément les moyens de mettre 5 ou 10 mille euros pour un moniteur d’énergie", ajoute le fondateur de Smappee.

Stefaan Grosjen envisage également la possibilité d’offrir une série de services utiles et complémentaires aux utilisateurs. Comme par exemple, leur permettre de faire la comparaison des fournisseurs dans l’application. "Nous sommes indépendants des fournisseurs. Si le client économise 80 euros en changeant de fournisseur grâce à Smappee, on pourrait imaginer qu’on capte 10 euros de commission par exemple. Il se pourrait aussi que quand Smappee entend qu’on fait du café, on ajoute une passerelle vers Nespresso et on procède à un renouvellement automatique des capsules", se prend-il à rêver dans un grand sourire.

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