Loïc, l'entrepreneur qui n'aimait pas Steve Jobs

©Kristof Vadino

Loïc Jaillat, 27 ans, créateur de l'application T-IL, a une vision de l'entrepreneuriat bien à lui. Portrait d'un jeune Français visionnaire qui s'est réfugié à Molenbeek pour mettre sur pied son projet.

C’est dans les bureaux de Molengeek à Molenbeek que nous reçoit Loïc, grand brun souriant dont la chemise cache en partie quelques tatouages, vestiges d’une jeunesse pas tout à fait révolue. Pas étonnant comme lieu de rencontre quand on sait à quel point le tout nouvel incubateur molenbeekois a aidé le jeune homme. "Sans Molengeek, nous ne serions pas là où nous en sommes en ce moment, c’est plus que des bureaux mis à la disposition des start-ups, c’est une équipe de coachs prête à aider", explique-t-il reconnaissant.

Ses débuts en France... à vélo !

Le jeune entrepreneur se trouvait pourtant loin de la commune bruxelloise au départ. Né à Lille, Loïc a entamé, après le lycée, des études de commerce en alternance, un mode d’étude proche du monde de l’entrepreneuriat selon lui.

Une fois, son diplôme en poche, le jeune homme décide de faire le tour des dojos de France… à vélo ! Un projet fou qu’il partage avec le reste du monde grâce à une page Facebook. " On peut dire que c’était le premier projet que je mettais en place, même si lucrativement, il n’a rien apporté, il m’a permis de me faire remarquer ", se réjouit Loïc. En effet, peu après, le jeune homme est engagé par la célèbre entreprise de boissons énergisantes Redbull en tant que street marketing spécialiste.

T-IL est une application qui offre un catalogue de différents lieux touristiques dans de nombreuses villes qui vous correspondent réellement. Ainsi à votre inscription, vous devrez répondre à une dizaine de questions concernant vos goûts musicaux, culinaires... pour que votre profil soit créé. Vous indiquerez ensuite le genre de lieux que vous aimez dans votre ville. Ces derniers seront associés à votre profil. A l'avenir, quand vous vous rendrez à l'étranger et que vous voudrez découvrir des endroits vous correspondant réellement, l'application proposera des lieux qu'une personne correspondant à votre profil à elle-même aimer dans cette fameuse ville. 

Direction Bruxelles 

Décidé à rejoindre sa petite amie de l'époque, Loïc quitte sa France natale et emménage à Bruxelles. Désespéré par son échec dans sa recherche d'emploi qui s'explique en partie par sa méconnaissance du néerlandais, le Lillois décide de prendre les choses en main et de créer cet emploi qu'il ne trouve pas.

Ils sont jeunes, ils ont des idées... et font tout pour réussir.

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Mais se lancer dans l'entrepreneuriat seul ne semblait pas envisageable pour Loïc, jeune et en manque de confiance. Il trouve alors en la personne de Ricardo, un ami mexicain rencontré à son  arrivée à Bruxelles, l'associé idéal. L'équipe était donc formée mais il fallait encore trouver le produit. "Nous nous sommes assis à une table et nous avons réfléchi pendant des heures aux failles, à ce qu'il manquait de nos jours", raconte Loïc, "c'est ainsi que nous avons repensé à un voyage à Berlin qui s'était mal passé parce que nous ne connaissions pas les réels bons endroits à visiter et que nous avons passé notre temps dans les lieux super touristiques qui ne nous convenaient pas". Et voilà, qu'était donc née l'idée de l'application T-IL. 

Molengeek à la rescousse du jeune Français

©Kristof Vadino

Entre le moment où l'idée lui est venue et sa réelle mise en oeuvre, il y a tout de même presque une année qui s'est écoulée, une année qui n'a pas été tous les jours facile. Du moins jusqu'à sa rencontre avec les fondateurs de Molengeek, Ibrahim Ouassari et Julie Foulon. "A partir de ce moment-là, tout s'est enchaîné, même si l'idée avait déjà énormément germé, c'est grâce à eux que j'ai pu réellement la mettre en place", reconnaît le jeune Français. Entouré par une équipe de coachs compétents et prêts à lui dire ses quatre vérités, Loïc a pu faire évoluer son idée en un véritable projet qui s'est concrétisé en l'application T-IL. 

Ce qui a le plus plu au Français dans cet incubateur molenbeekois, c'est son ambiance conviviale "sans prise de tête". "La réputation de Molenbeek ne m'a jamais effrayé, avoue Loïc, en plus c'est un super quartier, je ne voudrais pas aller ailleurs à Bruxelles, je pense qu'il n'y a qu'ici qu'on peut avoir une bonne relation aussi bien avec ses collègues qu'avec la population du quartier, des enfants qui jouent dans la rue à l'épicier du coin". Un décor qui lui fait garder la tête sur les épaules.

Entrepreneuriat humain

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Parce que, oui, le plus important pour le Lillois est avant tout de garder les pieds sur terre. "Je ne veux pas devenir une sorte de Mark Zuckerberg, déambulant en peignoir dans les couloirs de son entreprise", déclare Loïc. Mais encore pire que Zuckerberg aux yeux du Français, Steve Jobs. Cette légende des technologies en a inspiré plus d'un mais certainement pas Loïc, qui se présente comme l'anti-Steve Jobs.

"J'aimerais devenir un patron qui connaît chacun de ses employés, à l'opposé de lui, explique le Français, pour moi j'aurai réellement réussi dans la vie quand j'aurai embauché quelqu'un et fourni à cette personne un cadre de travail digne de ce nom". Même s'il n'en est pas encore là, le Lillois visionnaire se voit déjà révolutionner le monde entrepreneurial afin de lui apporter une humanité dont il est quelque fois dépourvu de nos jours. 

Conseils de Loïc pour les jeunes qui comme lui voudraient se lancer dans l'aventure :

  • Ne pas avoir peur de parler de son idée. Beaucoup ont tendance à croire que s'ils en parlent, ils risquent de se la faire voler mais c'est faux. L'idée en soi ne vaut rien, on ne perd rien à en parler. En plus, en discutant avec les autres, on va pouvoir se rendre compte de ses failles ou de ses points forts à mettre en avant. 
  • Aller vers un incubateur dans lequel on se sent à l'aise. Un incubateur est primordial pour tout jeune entrepreneur, c'est là où il va réellement développer son projet et où il recevra l'aide de professionnels qui ont déjà pour la plupart expérimenté ce que le jeune vit. Rien de tel donc pour être sûr de bien faire et pour être orienté correctement. Mais pour cela, il ne faut pas se précipiter dans le premier incubateur venu et d'abord prendre le temps d'évaluer toutes les possibilités qui s'offrent au jeune entrepreneur. 

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