Menu Next Door accuse l'Afsca de harceler ses "cuisiniers"

©Menu Next Door

L’organisme de sécurité alimentaire assimile les "chefs" de la start-up à des traiteurs. En réponse, dans une lettre ouverte, Menu Next Door accuse l’Afsca de s’acharner sur ses apprentis cuisiniers.

Le message est fort, certainement un poil racoleur, mais il poursuit un but bien déterminé: attirer l’attention des politiques sur un cadre réglementaire jugé inadapté aux acteurs émergents de l’économie numérique.

"Le cadre réglementaire est archaïque, rédigé à une époque où internet n’existait même pas."
nicolas van rymenant
CEO de Menu Next Door

Le fondateur de Menu Next Door, plate-forme en ligne qui permet à des particuliers de vendre ponctuellement des repas à emporter, publie une lettre ouverte et accuse l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) de "s’acharner" sur les apprentis cuisiniers qui utilisent sa plate-forme. "Ces dix derniers jours, des agents sont entrés chez une quinzaine de nos utilisateurs sans l’autorisation que la réglementation leur impose et les ont intimidés", affirme Nicolas Van Rymenant, fondateur de Menu Next Door.

Interrogée par nos soins, l’Afsca réfute sereinement ces allégations, arguant qu’elle applique la loi. "La réglementation nous permet de rentrer partout où des opérateurs réalisent des préparations pour des tiers. S’agissant de traiteurs comme les autres, ils sont traités de la même manière, que leurs produits soient vendus par téléphone ou par internet", explique Jean-Marie Dochy, directeur général des contrôles.

"Menu Next Door voudrait une dérogation mais la réglementation est la même pour tous les traiteurs."
Jean-Marie Dochy
DG Contrôle - AFSCA

C’est là tout le nœud du problème: pour Menu Next Door, ses utilisateurs ne sont pas des traiteurs au sens de restaurateurs professionnels, mais de simples particuliers. "Environ 80% de nos cuisiniers le sont à titre exceptionnel, c’est-à-dire entre une et quatre fois par an, explique Nicolas Van Rymenant. Nous ne plaidons pas en faveur d’un système à deux vitesses mais nous souhaitons qu’à long terme, nos politiques établissent un statut pour nos chefs qui prenne notamment en considération les revenus perçus et les portions réalisées".

Dérogation

Pour l’intraitable Afsca, Menu Next Door ne voudrait rien d’autre qu’une "dérogation", inacceptable au regard de l’intérêt général.

©Marlies Wessels

Sur le récit bien fourni d’un harcèlement quotidien, l’Agence répond d’ailleurs qu’elle a effectué ses premiers contrôles durant l’été sur base de plaintes externes. Elle a ensuite laissé plusieurs mois aux chefs de Menu Next Door pour s’enregistrer comme producteurs et payer leur cotisation annuelle, conformément à la réglementation.

À la suite des derniers contrôles effectués, elle a constaté que beaucoup étaient toujours en infraction sur ce point, même si elle admet que les exigences de propreté sont tout à fait respectées. "La contribution annuelle est de 140 euros alors que les cuisiniers gagnent en moyenne 100 euros par mois sur Menu Next Door. Vendredi dernier, un fonctionnaire de l’Afsca a été payé pendant deux heures pour contrôler une dame qui avait préparé et vendu un seul et unique plat. C’est complètement absurde", s’insurge Nicolas Van Rymenant. Absurde certainement, mais pas illégal.

 

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