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Opinum valide son modèle à l'étranger

Loïc Bar, CEO d'Opinum

La start-up brabançonne, qui "scanne" et optimise les consommations d’énergie dans les bâtiments, a bouclé la troisième phase de sa levée de fonds en engrangeant un nouveau million d’euros. Elle a réussi son examen de passage sur le marché français, ce qui soulève la question du rythme de son développement à l’international: en y allant prudemment ou plus franchement?

Après avoir séduit des clients de la taille de Proximus en Belgique, Opinum, la jeune pousse wallonne spécialisée dans la collecte et l’optimisation des données de consommation d’énergie des bâtiments, a fait ses premiers pas avec succès à l’international. La start-up établie à Braine-l’Alleud, au cœur du Brabant wallon, vient de boucler la troisième étape de sa levée de fonds entamée à l’automne 2015.

Voici trois semaines, quatre investisseurs ont injecté ensemble un million d’euros dans Opinum: il s’agit du holding public wallon SRIW Environnement, du holding régional Sambrinvest, d’Inventures, le fonds d’investissement adossé à la plateforme de financement participatif MyMicroInvest, et de Bruno Vanderschueren, un des deux fondateurs de Lampiris (passé depuis aux mains du groupe Total). Les trois premiers avaient déjà participé à la première étape en 2015, aux côtés de trois business angels, tandis que Bruno Vanderschueren avait assumé à lui seul la deuxième étape en septembre 2016. Au total, les trois opérations ont permis à Opinum de disposer d’un peu plus de 3 millions d’euros. La dernière lui a aussi permis d’apurer ses pertes reportées (0,5 million).

"En France, on a gagné des marchés face à des géants de l’industrie."
loïc bar
fondateur et ceo d’opinum

"Cette dernière étape avait été prévue dès l’automne 2015, explique le fondateur et CEO Loïc Bar. Elle était cependant conditionnée au bon suivi du business plan rédigé à l’époque." La direction de l’entreprise devait notamment démontrer l’existence d’un intérêt pour ses services sur les marchés étrangers. Raison pour laquelle Opinum a effectué, début de cette année, ses premiers pas en France. Elle y a participé à quelques appels d’offre, succès à la clé. "On y a gagné des marchés face à des acteurs dotés de beaucoup plus gros moyens que nous, de véritables géants de l’industrie, souligne le CEO. Un de ces projets nous amènera à gérer les données quotidiennement recueillies au départ de 200.000 capteurs, contre quelques dizaines dans un de nos projets belges à Louvain-la-Neuve: l’échelle est totalement différente, ce qui nous ouvre de belles perspectives."

L’Allemagne et les Pays-Bas

Si les actionnaires ont été satisfaits des premiers bons points obtenus en France, il reste à présent à Opinum à faire la preuve qu’elle est capable d’exécuter ces contrats. "À ce moment-là, la question ne se posera plus du bien-fondé de notre internationalisation, mais du ‘comment’", poursuit l’entrepreneur. Pour l’heure, en effet, management et actionnaires sont en train de soupeser la stratégie à déployer à l’international: en y allant moderato cantabile ou à fond les manettes.

Outre l’Hexagone, les Pays-Bas et l’Allemagne attirent Loïc Bar et son équipe. Ils ont déjà décroché des projets chez nos voisins du nord, tandis qu’ils ont enregistré de premières marques d’intérêt outre-Rhin. "D’ici novembre, on aura arrêté notre décision." Si elle est positive, Opinum mettra le grand braquet à l’international et son chiffre d’affaires sera généré à plus de 50% hors de Belgique. Ce qui aura deux conséquences: la start-up devra peut-être passer par une levée de fonds supplémentaire, et devra certainement compléter son recrutement. "On emporte des contrats qui valent beaucoup d’argent, mais on doit les implémenter avant de commencer à toucher les revenus récurrents qu’ils représentent." D’où ce décalage dans le temps, qui nécessite d’encore supporter la trésorerie à court terme. Côté moyens humains, Opinum emploie 18 personnes aujourd’hui, contre 11 l’an dernier. L’option "internationalisation forte" nécessiterait une quinzaine d’engagements supplémentaires. Quant au break even, Loïc Bar le prévoit pour le début 2018.

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