Qover, la start-up belge qui veut réveiller l'assurance

Quentin Colmant ©rv

On connaît les "fintechs" depuis un moment. Les "insurtechs", elles, en sont au tout début. Parmi celles qui arrivent, il y a la belge Qover, lancée par deux amis trentenaires.

Cela fait un moment que les fintechs ont leurs "summits" et autres grand-messes un peu partout dans le monde. Pour les "insurtechs", ces start-ups nées avec le digital et qui ambitionnent de révolutionner l’assurance, c’est encore le tout début.

Il y a un mois se tenait à Las Vegas le premier "InsureTech Connect". Et cette semaine, c’est à Londres qu’a lieu "InsurTech Rising", premier du genre lui aussi.

"Les assureurs classiques se contentent de numériser leurs activités, sans revoir leurs produits, ni leurs services."

Rising? Les "insurtechs" émergent en effet, si l’on en juge par les moyens injectés dans ces nouvelles entreprises nées avec le digital. Selon le bureau CB Insights, 2,6 milliards de dollars ont été levés en 2015 par les insurtechs, trois fois plus qu’en 2014 et vingt fois plus qu’en 2011. En 2016, le compteur pointe à 1,4 milliard de dollars pour les neuf premiers mois, dont 125 millions en Europe.

La moitié de ces montants sont du "seed money", du capital d’amorçage destiné à financer le développement de ces start-ups de l’assurance. À 60%, l’argent est allé à des start-ups américaines, toujours selon CB Insights. Les firmes européennes ont de leur côté levé quelque 200 millions de dollars depuis début 2015, selon les deals qui ont été rendus publics. En 2012, on en était à… 3 millions.

À 33 et 34 ans

Bref, l’intérêt et les moyens investis vont effectivement crescendo. Parmi les insurtechs européennes sur le point de se lancer sur le marché, il y a la belge Qover. Basée à Bruxelles, elle est née en janvier dernier et est due à Quentin Colmant (33 ans) et Jean-Charles Velge (34 ans).

"En stand alone, un assureur classique n’est plus capable d’être à la pointe de la technologie dans tous les domaines."
Quentin Colmant

Tous deux ont lâché une carrière bien lancée dans l’assurance et la finance pour lancer leur start-up, comme on part d’une page blanche.

Depuis lors, le duo a recruté six personnes, des développeurs pour l’essentiel, et levé de premiers fonds auprès de Belcube (les business angels Jean Zurstrassen, Grégoire de Streel, deux cofondateurs de Keytrade notamment, ainsi que Harold Mechelynck et Thierry Pirson, à la base d’Ogone) et de Callataÿ & Wouters Ventures. Un premier apport pour développer une solution digitale et une première série de produits. C’est chose faite à présent. Qover mise sur de premières ventes début 2017.

L’assurance découpée

La start-up ambitionne de vendre en Europe des produits d’assurance sur mesure à des tiers (un assureur, une banque, un commerce, un e-commerce etc.). Sur mesure? Qover découpe les produits classiques en sous-produits plus ciblés et fait varier la durée de la couverture d’un jour à un an, à la demande. Exemple: j’emprunte la voiture d’un ami et je la couvre en omnium le temps d’un week-end.

Qover veut tirer parti de la "modularité et de la légèreté" offertes par le digital. La firme fournira en ligne les produits conçus par ses soins. Le risque sera porté par de grands groupes d’assurance et de réassurance, quand la gestion des sinistres sera outsourcée.

"Comme il n’y a pas encore beaucoup de projets comme le nôtre, on a la possibilité d’attirer des top profils."
Jean-Charles Velge

"Notre vision est qu’en stand alone, un assureur classique n’est plus capable d’être à la pointe de la technologie dans tous les domaines, parce que cela va trop vite", situe Quentin Colmant. "Quand ils parviennent à adopter le digital, les assureurs classiques se contentent de numériser leurs activités mais sans revoir leurs produits, ni leurs services. Pour nous, la digitalisation permet précisément de repenser les produits et les services traditionnels, de changer l’assurance."

Les deux amis étaient à Las Vegas il y a un mois, ils sont à Londres cette semaine, pour être là où cela se passe quand on est une insurtech. Il s’agira ensuite de confirmer commercialement la pertinence de leur vision.

Ils s’y emploieront depuis Bruxelles. "On ne le dit pas assez: on a ici un pool de talents incroyable grâce au multilinguisme et à la qualité des universités", insiste Jean-Charles Velge. "Et comme il n’y a pas encore beaucoup de projets comme le nôtre, on a la possibilité d’attirer des top profils, meilleurs que nous dans leur domaine, et qui recherchent un nouvel environnement de travail."

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