Deliveroo, le plein de cash pour semer la concurrence

©rv

La start-up a levé 385 millions d'euros. Sa valorisation est désormais estimée à 2 milliards de dollars.

La start-up britannique, spécialiste de la livraison de repas à domicile, a bouclé un énième et colossal tour de financement. Pensez un peu: 385 millions de dollars qui viennent s’ajouter aux 455 millions de dollars déjà cramés depuis le début de l’aventure en 2013. À cette époque, Will Shu et Gred Orlowski, deux Américains vivant au Royaume-Uni, lancent un service pour connecter restaurants et consommateurs, lassés qu’ils sont par le manque d’options de livraison.

800 millions €
Deliveroo a levé 800 millions de dollars en 4 ans.

Très vite, ils comprennent qu’ils peuvent astucieusement tirer profit de la forte densité des villes européennes pour augmenter le volume de livraisons dans des périmètres restreints. En 2017, Deliveroo est désormais présent dans 12 pays et 150 villes. En l’espace de 4 ans, la start-up est parvenue à lever 800 millions de dollars de capitaux auprès d’investisseurs de renom, ayant les poches profondes.

Pertes cumulées

Avec ce nouvel apport, Deliveroo accède au statut très convoité de "licorne" britannique, sa valorisation frôlant les deux milliards de dollars alors que son bénéfice brut, lui, ne représente qu’un tout petit million en 2016. Le chiffre d’affaires de la société est bien en hausse de plus de 600% à 129 millions de livres mais les coûts de vente le sont presque tout autant, de sorte que la marge n’atteint même pas un pourcent. En outre, les pertes se sont creusées en 2016, passant de 30 millions de livres à 129 millions de livres.

"Avec cette nouvelle levée de fonds, nous allons renforcer nos investissements dans notre projet de cuisines dédiées Deliveroo Editions, développer notre technologie et étendre Deliveroo à de nouvelles villes et métropoles", a expliqué le fondateur et PDG de Deliveroo, Will Shu. Si la stratégie de Deliveroo consiste à croître par pénétration de nouveaux marchés en s’implantant dans de nouveaux pays ou imaginant de nouveaux produits, son développement est donc intrinsèquement lié à la générosité de ses investisseurs.

Concurrence

©Olivier Polet

La société doit également faire face à une concurrence féroce. De nouveaux acteurs investissent régulièrement le marché européen et les concurrents existants n’hésitent pas non plus à innover. En Belgique, la faillite de Take Eat Easy a ouvert une voie royale mais des acteurs du Web comme Amazon ou Uber prennent de plus en plus de place sur le marché de la restauration en ligne. L’Allemand Foodora, dont la maison-mère a levé près d’un milliard de dollars en Bourse en juin dernier, est également présent dans plus d’une dizaine de pays.

En outre, le groupe est dépendant d’un point de vue technologique. Pour ne pas se faire dépasser par la concurrence sur ses marchés, il faut être le plus innovant afin d’offrir la meilleure expérience possible à ses clients. Cela a aussi un prix.

Travailleurs précarisés

Enfin, le développement de Deliveroo pourrait être freiné par la polémique liée au statut précaire de ses livreurs. Payés au lance-pierres, dépourvus de protection sociale, les livreurs montent régulièrement au créneau ces derniers mois pour dénoncer leurs conditions de travail. Surtout depuis que le groupe a changé sa politique de rémunération et décidé de payer à la course.

La Commission européenne travaille au renforcement de la protection de ces travailleurs occasionnels ou qui n’ont pas de contrats standardisés. L’idée serait d’offrir tous les travailleurs de l’UE bénéficient d’une protection sociale complète, y compris les contrats à très courte durée, les contrats à temps partiel ou les contrats à zéro heure. Les travailleurs occasionnels devraient également avoir droit à un minimum d’heures garanti "après une période pré-définie", selon la CE.

Ces propositions pourraient augmenter les coûts du travail pour des sociétés comme Deliveroo ou Uber.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n