La pépite télécoms Onoff lève 10 millions d'euros

©Onoff

Lancée en 2014, la pépite télécoms française Onoff vient de boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros, dont 500.000 auprès des fonds Leansquare et Meusinvest. Objectif: atteindre la rentabilité en investir dans le marketing pour attirer de nouveaux clients.

"On n’aurait pas pu faire autrement", lâche d’emblée Taïg Khris. Le CEO de la start-up télécom Onoff - une application qui permet d’acheter plusieurs numéros mobiles virtuels pour une seule et même carte SIM - passe à la vitesse supérieure. Après avoir levé 5 millions d’euros depuis son lancement en 2014, l’ancien champion de rollers vient de réaliser un joli tour de table de 10 millions d’euros. "C’est une étape importe parce que nous sommes allés chercher des fonds d’investissement professionnels. Ils nous apportent non seulement les fonds, mais surtout l’expérience et la validation de notre modèle. C’était indispensable pour accélérer notre croissance", affirme-t-il.

Dans le pool d’investisseurs, on retrouve le leader français du Venture Capital, Idinvest, mais également OneRagtime et le fonds français Breega. Last but not least, les fonds belges Meusinvest et Leansquare clôturent ce tour de table à concurrence de 500.000 euros. L’objectif affiché est clair: atteindre la rentabilité en augmentant le nombre de clients. "Nous ne voulons pas alourdir inutilement la barque", explique Taïg Khris. "Nous réalisons un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros par an. Notre croissance mensuelle en termes de revenus est de l’ordre de 8,2% depuis 22 mois et nous y arrivons sans faire aucune publicité. Notre priorité aujourd’hui, c’est d’investir dans la communication. Nous voulons augmenter le nombre de clients, prouver que nous pouvons atteindre la rentabilité", insiste-t-il.

Forfaits illimités

Si aujourd’hui, la technologie développée par Onoff n’est pas à 100% parfaite, le produit a tout de même atteint une belle stabilité, ce qui permet à la société d’étoffer ses offres. Elle vient, par exemple, d’étendre la portabilité mobile au monde entier et de lancer de nouveaux forfaits d’appels illimités vers l’Europe (mobile et fixes). "Jusqu’à présent, nous ne vendions que des numéros. Aujourd’hui, nous proposons des forfaits. Si par exemple, vous êtes en Belgique et que vous voulez téléphoner en France ou en Allemagne, cela vous coûtera jusqu’à dix, voire vingt fois moins cher", commente Thaïg Khris.

La start-up prépare également une offre aux entreprises. Elle travaille au développement d’une plateforme de management qui permettra de gérer des flottes de numéros. Sortie prévue avant la fin de l’année.

La Belgique, plaque tournante de la téléphonie

Pour José Zurstrassen, serial entrepreneur et président de Leansquare, cet investissement est parfaitement cohérent avec la stratégie d’internationalisation du fonds liégeois qui met en avant les cartes à jouer de l’écosystème régional et/ou national. "Onoff va implanter son bureau régulatoire en Belgique. Pour un opérateur alternatif, c’est cohérent non seulement dans la mesure où c’est ici que se trouvent la plupart des institutions et régulateurs européens, mais également parce que la Belgique – et c’est parfois méconnu – est une véritable plaque tournante de la téléphonie", souligne-t-il.

Dans le même esprit d’attirer et de favoriser l’échange de compétences pour générer des retombées économiques, Leansquare a également investi dans différentes sociétés européennes, notamment à travers le Wallifornia Musictech, comme Soundbops (Écosse), un petit jeu qui permet de démystifier l’apprentissage de la musique chez les enfants, ou encore MOD_Devices (Allemagne), première plateforme digitale pour musiciens et performers. "On joue notre rôle d’accélérateur", estime José Zurstrassen.

Notez que dans le cas d’Onoff, l’investissement est un peu moins risqué. "Ce n’est pas une société 'précommerciale'. Elle génère un chiffre d’affaires, possède déjà une série de clients. Cela montre réellement l’existence d’un marché. Et il y aura des répercussions économiques chez puisqu’ils vont avoir besoin de personnel pour gérer le côté régulatoire de leurs activités", conclut José Zurstrassen.

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