La start-up namuroise OAD à l'assaut du marché chinois

©Anthony Dehez

Le contrat décroché par la petite société OAD porte sur le développement d’un logiciel pour une application qui sera utilisée pour les nouveaux produits du constructeur aéronautique chinois.

Encore une pépite aérospatiale wallonne qui est peut-être à l’aube de son envol: la petite start-up namuroise OAD (Optimal Aircraft Design), spécialisée dans le développement de logiciels aéronautiques, vient de décrocher un contrat avec le géant aéronautique chinois Comac. OAD, une SPRL, a été créée en 2007 par Didier Breyne, un ingénieur mécanicien qui en est le patron et, particularité, l’unique employé à ce stade. La société, qui fait office de Lilliputien dans un monde aéronautique peuplé de nombreux colosses, a en effet travaillé jusqu’ici avec des partenaires, des sous-traitants et des étudiants.

Le contrat, le plus important conclu jusqu’ici par OAD, a été signé avec Bastri (Beijing Aeronautical Science and Technology Research Institute), le centre de recherche de l’avionneur d’Etat chinois Comac. Il porte sur le développement d’un logiciel "pour une application précise – dont je ne peux parler – pour les nouveaux produits de Comac. Une application qui pourra également être utilisée sur les avions actuels du constructeur aéronautique chinois", souligne Didier Breyne. Comac a déjà dévoilé et réalisé le premier vol d’essai de son premier moyen-courrier, le C919, avec l’idée avouée de rivaliser avec les B737 et A320 et de bousculer le duopole formé par Boeing et Airbus. Mais l’entreprise a d’autres projets dans ses cartons, notamment celui d’un long courrier de 280 places, en collaboration avec un partenaire russe.

Modélisation

Le principal produit développé jusqu’ici par OAD est un logiciel de modélisation de nouveaux avions, utilisé au stade initial du processus de conception. "C’est la toute première phase de développement du produit. On prend le cahier des charges du client – capacité d’emport, prix au kilomètre… et on fournit une maquette numérisée avec les formes générales, l’emplacement des moteurs…", explique Didier Breyne.

L’idée d’un tel logiciel lui est venue par le passé alors qu’il avait en projet la conception d’un avion léger. Il y a une douzaine d’années, il n’existait aucun logiciel qui permettait de faire de façon simple, rapide et précise l’analyse conceptuelle d’un projet. Les sofwares existants, comme le célèbre logiciel Catia de Dassault, viennent un peu plus en aval dans le processus, pour les études préliminaires.

Baptisé ADS (Aircraft Design Software), le logiciel développé par Didier Breyne peut être utilisé pour une palette très large d’appareils, du petit drone à au gros avion de ligne. Décliné en plusieurs versions adaptées, il a déjà été vendu à plusieurs constructeurs amateurs et professionnels, à des universités et à des centres de recherche. Parallèlement, la petite société propose un nouveau service, la réalisation d’une analyse TMF (Analyse technique, Marketing et Financière), qui vise à aider les porteurs de projet à élaborer le plan d’affaire de leur idée. "Cela comprend notamment une première étude conceptuelle du projet, une étude visant à évaluer la taille du marché potentiel, ainsi qu’une analyse financière permettant de chiffrer les coûts de recherche et développement, de fabrication, d’opération et de vente. Nous agissons alors comme un bureau d’études", indique encore Didier Breyne.

Travailler avec Airbus?

Enfin, OAD organise également des formations en entreprise ou en institution académique. Dans ce cadre, Didier Breyne enseigne à la Haute Ecole Provinciale de Hainaut – Condorcet (Charleroi), mais aussi à l’Ecole centrale Paris et à son antenne chinoise, dans l’Université de Beihang.

Bien que le contrat avec les chinois représente un apport appréciable en termes de chiffre d’affaires, le CEO envisage déjà l’étape suivante. Il a en effet a répondu à un appel d’offres émis par un important bureau d’études français travaillant avec Airbus. Si OAD devait être retenue, "cela nous permettrait d’être inclus dans la boucle pour des appels d’offres avec Airbus et d’accroître notre crédibilité par rapport aux autres sociétés", conclut Didier Breyne, qui évoque alors la possibilité d’engager. "Mais cela n’ira jamais au-delà de 3 ou 4 personnes. Nous n’avons pas vocation à devenir un bureau d’études avec 50 ingénieurs."

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