Le Belge 87 seconds passe dans le giron des Français de Datawords

Thibaut Dehem (à gauche) a fondé l’agence 87 seconds avec l’aide, six mois plus tard, de Philip Swinnen (à droite). ©Anthony Dehez

Lancée en 2012, la scale-up a réalisé une belle trajectoire en passant du studio d’animation à la société créatrice de contenus vidéo au sens large. Pour poursuivre ses rêves internationaux, elle rejoint le groupe français Datawords.

"Pour nous, c’est clairement le bon moment, lâche d’emblée Thibaut Dehem. Je suis absolument convaincu qu’il y a énormément de cartes qui se redistribuent dans le monde des agences. Il y a de nouveaux modèles qui se développent, d’autres qui s’essoufflent."

C’est en partant de ce constat que 87 seconds commence, il y a un an, son road-show. "Ça fait 5 ans qu’on existe. Nous avons doublé notre chiffre d’affaires chaque année depuis notre lancement. On est passé d’une petite agence d’animation pour les PME à une agence partenaire vidéo de grands groupes (animation, production filmée, 3D, conseils vidéo/conception). La prochaine étape pour nous, c’est de monter en gamme", poursuit son fondateur.

Croissance organique

Détail peu commun: 87 seconds n’a jamais, en cinq ans de vie, fait de levée de fonds. "On essaie un peu d’évangéliser ça, sourit Thibaut Dehem. Nous sommes la preuve qu’il y a moyen de croître organiquement. C’est souvent plus sain aussi parce que ça engendre de meilleures pratiques en interne", estime son fondateur.

87 seconds
  • Fondée en 2012 par Thibaut Dehem avec deux business angels, Olivier Verdin et Olivier Simonis. 87 seconds est une agence créative de contenus vidéo au sens large.
  • 7,5 millions d’euros de chiffre d’affaires estimé en 2018.
  • 70 employés
  • 400 clients
  • Présente dans 5 pays.

Aujourd’hui, la scale-up emploie environ 70 personnes et possède des bureaux à Bruxelles, Paris, Lyon, Genève, Amsterdam, et Madrid. Elle compte parmi ses clients de grands noms comme ING, Engie, KPMG, Test-Achats, Alpro, Duvel, Michelin, Visit.brussels et Astra Zeneca.

La scale-up a toujours misé sur l’expansion de son réseau international et le développement de campagnes de contenu mondial, mais le fondateur de 87 seconds juge qu’il aurait été difficile de poursuivre seule la croissance déjà amorcée. "ça n’aurait pas été possible parce qu’on reste un peu cloisonné dans le milieu de la vidéo alors que le digital est tellement plus large. Or, pour aller plus loin, il faut connecter la vidéo avec des campagnes plus larges. S’allier avec un plus grand groupe, cela nous met directement dans une autre dimension."

Le groupe en question, c’est Datawords. Un groupe français de marketing numérique d’envergure mondiale qui a déjà racheté deux autres agences numériques, Vanksen en 2018 et Digiprod en 2014.

Rien ne doit changer

La nouvelle entité affiche un chiffre d’affaires consolidé de 70 millions d’euros et comptabilise 500 employés répartis entre l’Europe, l’Asie et les USA. "Nous restons aux commandes à 200% et nous restons également autonomes", assure Philip Swinnen, qui a rejoint Thibaut Dehem six mois après le début de l’aventure. "On garde la marque, on garde le logo. Même plus encore puisqu’ils ont une équipe de 20 personnes en France qui va venir sous notre marque. C’est une belle histoire."

Si Datawords est basé à Paris et est longtemps resté sous le radar en développant son propre concept d’e-multiculturalisme (mélange de techno et multiculturalisme, NDLR), le groupe est actif mondialement. Il dispose notamment de bureaux à Shangai, à Hong-Kong ou encore à Montréal. "Dès le départ, on va donc pouvoir travailler avec des marques sur ces différents continents, souligne Thibaut Dehem. Et en Europe, nous allons consolider tous les bureaux européens. On aura un bureau à Londres, en Allemagne, en Suisse."

Dans le secteur du luxe, Datawords compte parmi ses clients L’Oréal, Nina Ricci, Clarins, ou encore Montblanc.

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