Musimap, l'algorithme qui ressent la musique comme les humains pour mieux les cibler

Pierre Lebecque, sociologue, musicologue et musicothérapeute, est le fondateur de Musimap. ©doc

Véritable pépite belge, la technologie développée par Musimap pourrait bientôt s’arracher en Europe, voire beaucoup plus loin. Soutenue par la St’art, Meusinvest et des investisseurs privés, la start-up va commencer à commercialiser sa solution innovante de recommandation musicale: un algorithme qui ressent la musique comme les humains.

Pandora, Spotify ou même Apple Music. Tous ces services et applications tentent, avec un succès mitigé, de capter les goûts musicaux de leurs utilisateurs afin de leur proposer un contenu toujours plus personnalisé, toujours plus pointu, en fonction de leurs personnalités et de l’environnement dans lequel ils évoluent.

"C’est un bond de géant dans l’intelligence artificielle appliquée à la musique."
VINCENT FAVRAT
CEO DE MUSIMAP

Mais personne ne semble s’être le plus rapproché de réussir ce pari – parvenir à numériser avec justesse les goûts musicaux – que Musimap, l’un des récents investissements réalisés par le fonds St’art.

Lancée il y a un an et demi, la start-up belge est unique en son genre. Issue de quinze années de développement, sa technologie basée sur les sciences cognitives est une des plus fines au monde en matière de recommandation musicale. "Notre approche est interdisciplinaire. Nous voulions créer un algorithme humanisé, une sorte d’hybride entre les sciences molles et les sciences dures", explique Vincent Favrat, CEO. Avec un but bien précis: trouver son chemin dans la surabondance d’informations musicales.

Ressentir la musique

Une soixantaine d’experts en musicologie, sociologie, psychologie, lexicologie et même en neurologie, menés par Pierre Lebecque, ont donc étudié plus d’un million de morceaux de musique afin de dresser une cartographie complexe et approfondie de l’histoire de la musique du monde.

L'algorithme tient compte de 50 millions de morceaux. ©musimap

Résultat: une technologie qui émule les interactions complexes que le cerveau et le corps humain entretiennent avec la musique. "Notre algorithme est sensible aux émotions. Il ressent, raisonne et répond à la musique comme les humains le font", résume Vincent Favrat.

Actuellement, le "réseau neuronal musical" de Musimap comprend 3 milliards de points d’information, 2 milliards de relations, 50 millions de morceaux, 4,3 millions d’artistes, 11.332 mots clés, 1.500 sous-genres, 390 types d’humeur et une centaine de contextes d’écoute. Et cela ne cesse d’augmenter. "Nous sommes en train de faire un bon de géant dans l’intelligence artificielle appliquée à la musique", estime Vincent Favrat.

Premiers contrats signés

On l’aura compris, Musimap n’a pas vocation à fournir un service directement aux consommateurs. "Ce que nous vendons, ce sont des licences B2B exclusives ou semi-exclusives", explique Vincent Favrat. Les premiers contrats ont été signés, notamment avec un gros streamer en France et un autre est en passe de l’être avec une agence de communication. Outre le marché de l’écoute en ligne et de la communication digitale, la start-up, basée à Bruxelles et Berlin, vise globalement toutes les entreprises intégrant la musique à leurs offres, comme l’industrie automobile ou les professionnels de l’audiovisuel.

Financée par des investisseurs privés et publics (Meusinvest et St’art), la petite équipe de Musimap n’envisage pas pour le moment de procéder à un second tour. "Nous sommes pleinement financés. Notre technologie est finalisée et nous sommes dans une phase très active de signatures de contrats. Notre objectif, c’est d’avoir une situation pérenne pour ensuite décliner nos API’s (interfaces de programmation) dans différents secteurs d’activités", résume Vincent Favrat..

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