Un Belge derrière Perlego, le Spotify du livre académique

©Perlego LTD

Avec son concept d’abonnement mensuel donnant accès à des centaines de milliers de titres, l’entrepreneur belge a le vent en poupe. Il cherche désormais à embaucher et va bientôt procéder à une importante levée de fonds.

Dans le système éducatif anglo-saxon, les livres académiques représentent un sérieux investissement pour les étudiants qui n’en consultent parfois que quelques chapitres seulement. Il faut compter en moyenne 500 euros au Royaume-Uni et près de 1.000 outre-Atlantique pour s’équiper des ouvrages à lire sur une année, un coût global en hausse de près de… 850% en 30 ans. C’est la réalité qui a amené Gauthier Van Malderen, jeune Belge de 25 ans, à lancer Perlego, "le Spotify du livre académique".

Le concept est simple: pour un abonnement mensuel de 13,5 euros, l’étudiant obtient l’accès à l’ensemble du catalogue de la plateforme, passant par exemple d’un "Economics" de Paul Krugman pour un étudiant en sciences économiques à un "Guerre et Paix" de Tolstoï pour un autre dans une filière littéraire. En bref, un modèle similaire à celui de Netflix ou de Spotify, ces spécialistes du contenu à la demande qui ont mis à mal les business models de leurs prédécesseurs. "Le coût total pour un étudiant est ainsi réduit en dessous du prix d’un livre physique, explique le porteur de projet. Et ce, alors qu’il a accès à un large choix de références."

Pas à son coup d’essai

Après des études en gestion à l’université Bocconi de Milan puis en entrepreneuriat à Cambridge, Gauthier Van Malderen décide de passer le cap et de se lancer. "J’avais écrit mon mémoire sur le sujet des livres académiques à la demande et je me suis dit pourquoi ne pas le faire."

Fort du capital tiré de la vente de sa précédente aventure, Iconic Matter, qui entendait proposer aux étudiants belges des carnets sponsorisés (par des clients comme Red Bull, Proximus, MTV,…), il fonde Perlego en août 2016 avec un ancien camarade de classe de l’École européenne de Bruxelles. Et attire les capitaux des investisseurs. Au total, il lève 860.000 livres (967.000 euros) outre-Manche en six mois. "Ce que je n’aurais pas pu faire en Belgique en un laps de temps si court."

Un solide point départ suivi d’une ascension assez naturelle. D’un Oxford University Press à un Springer, les éditeurs se sont ralliés un à un à l’initiative. En cause, la transformation de leur secteur qui passe de plus en plus par le digital. Ce qui ne signe aucunement l’échec de leur stratégie. Non, il s’agit-là pour eux de récupérer les revenus perdus suite aux photocopies illicites de titres ou à l’échange illégal de copies électroniques en ligne.

Désormais, Perlego compte 1.000 éditeurs à son tableau de chasse pour 520.000 références proposées. Deux nombres en perpétuelle évolution… vers le haut.

En parallèle de ces clients, la start-up travaille aussi directement pour de grands comptes: du monde universitaire ou business, avec des Vlerick, Barco, ESCP Europe, Umicore ou encore BASF.

Autant de développements qui ont évidemment amené l’équipe à grandir. Perlego compte à présent une équipe de 12 personnes dans ses bureaux londoniens, au sein de l’espace de coworking "WeWork".

Et pour continuer sur cette voie, Gauthier Van Malderen est en train de boucler en ce moment même une importante levée de fonds. Le jeune entrepreneur cherche quelque 4 millions d’euros, dont deux ont déjà été sécurisés auprès d’investisseurs dont le nom est pour l’heure tenu secret.

Du reste, l’entrepreneur flamand Peter Hinssen peut, lui, être mentionné. Il a rejoint le navire en cours de route vers novembre, lorsqu’il a injecté des capitaux "supérieurs à 50.000 euros".

Embauches en vue

Avec ces fonds nouveaux et ceux à venir prochainement, l’heure est à présent à l’embauche. Perlego cherche 20 à 25 nouveaux profils.

Reste la question des débuts. D’où est venue l’envie d’écrire cette histoire? D’une expérience personnelle. "Ayant été encore récemment étudiant moi-même, c’est un marché que je connaissais assez bien." Et quel marché. "C’est le plus sensible niveau prix qui existe côté consommateur. Ce qui implique que si vous arrivez avec une solution vraiment moins chère, vous pouvez croître massivement." Un élément qui a attiré l’entrepreneur.

Interrogé sur ses modèles, Gauthier Van Malderen ne cache pas son admiration pour un Jeff Bezos, fondateur d’Amazon. "Il n’a pas peur de casser son business si cela peut aller dans le sens de ce que veut le client." Un signe pour l’avenir? Les USA sont en tout cas une cible de choix. 46% des livres académiques y sont vendus.

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