Un Uber des soins à domicile lancé en Belgique

Quelque vingt-deux métiers, comme les dentistes ou les pédicures, ont déjà été identifiés par les fondateurs de FlyCARE. ©BELGA

FlyCARE veut repenser le secteur des soins à domicile en combinant une plateforme, des équipements portables et la blockchain. Un projet audacieux et séduisant.

Offrir à tous et à tout moment un accès direct aux soins médicaux et de bien-être grâce à un nouveau modèle basé sur la connectivité, des équipements portables novateurs et la blockchain : c’est le pari plutôt ambitieux de deux entrepreneurs qui veulent lancer depuis la Belgique une sorte d’Uber des soins à domicile.

"Le projet est né de plusieurs constats, par rapport à l’évolution de l’économie et du marché, des problématiques sociales mais aussi des professionnels", explique Bruno Lamoureux, CEO et cofondateur avec Dieter Bauch de la start-up bruxelloise flyCARE. "Il y a par exemple les pédicures, dont la plupart travaillent dans des conditions exécrables. Pour les dentistes, il y a parfois des listes d’attente très longues. Par ailleurs, de nombreux praticiens, quels qu’ils soient, ont du mal à s’installer après leurs études faute de moyens financiers. Enfin, j’ai aussi constaté qu’il était assez difficile d’organiser l’agenda de toute une famille en fonction de tous ces services dont on a besoin."

Une longue liste de problèmes n’ayant pas grand-chose à voir entre eux, mais qui pourraient trouver une solution grâce à un modèle disruptif. Car si la banque ou l’hôtellerie ont été transformées par les objets connectés et les réseaux sociaux, il n’y a pas de raison que le secteur des soins à domicile, qui est mal adapté aux nouvelles habitudes de consommation, ne fasse lui aussi son aggiornamento.

Bruno Lamoureux ©Document FlyCARe

Étant actifs dans l’industrie européenne des matériels médicaux, Bruno Lamoureux et Dieter Bauch possèdent déjà l’instrument pouvant les aider à concrétiser leur idée: la flyBOX, un équipement mobile, léger et facile d’emploi, qui peut se décliner en fonction des besoins de 22 professions identifiées (dentistes, podologues, coiffeurs, tatoueurs…). Véritable cabinet amovible complet et entièrement indépendant, la flyBOX est déjà produite en Allemagne (Leipzig) dans une société (NWT) créée par les deux hommes et spécialisée dans la fabrication de matériel médical et de soins de beauté.

Deuxième élément de cette révolution annoncée: une plateforme pour smartphone et tablettes de mise en contact des prestataires et des clients, via des applications permettant les prises de rendez-vous, la gestion administrative ainsi que les paiements. C’est à ce niveau que se situe la comparaison avec la célèbre -et controversée- entreprise américaine spécialisée dans les services VTC. "On peut proposer non pas un seul soin comme certains le font déjà, mais 22 métiers –et il y en aura beaucoup plus- regroupés sur une seule plateforme," poursuit Bruno Lamoureux. "On pourra avoir de manière très simple à tous ces soins, choisir les praticiens que l’on veut, prendre les rendez-vous à domicile et donc centraliser les soins à tout moment."

De leur côté, les praticiens, grâce à leur application professionnelle, ont accès au matériel sans aucun investissement. Ils paient juste une contribution mensuelle que Bruno Lamoureux décrit comme très modeste, "de l’ordre de 30 à 40 euros pour un coiffeur à 150 euros pour un dentiste". Un catalogue de consommables sera aussi proposé. Tout cela se fera de façon complètement transparente et contrôlée. Ce qui évitera les critiques adressées à Uber.

Troisième innovation: pour les paiements, Flycare utilise la technologie de la Blockchain Ethereum qui permet l’émission d’ "utility" token (actif digital). Flycare disposera ainsi de sa propre cryptomonnaie, le flyCARE Coin (FCC). Celui-ci sera utilisable partout dans le monde comme moyen de paiement sur mobile via l’application pour toute la communauté. Les patients conserveront la possibilité de payer en euros par carte de crédit.

Société de droit belge, FlyCARE s’est installée à Bruxelles. L’entreprise a bénéficié d’un soutien initial de Belfius. La ville de lancement de la plateforme n’a pas encore été choisie et le CEO indique hésiter entre Anvers, Bruxelles et Amsterdam. Mais elle sera progressivement disponible dans 22 villes, y compris jusqu’aux USA. Pour se développer, la start up a besoin de l’ordre d’un million dans un premier temps. Elle a lancé depuis début mai une vente publique de ses tokens (ICO ou Initial Coin Offer). Le financement se fera ainsi par et pour la communauté flyCARE. Une opération que ses promoteurs décrivent comme une première européenne et mondiale dans le secteur des soins de santé et de bien-être.

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