Venyo proche de la phase de décollage

Bien que fixe, le simulateur de vol de Venyo donne la même illusion qu’un engin sur vérins. ©Dimitri Polome

La start-up carolo travaille sur un projet de simulateur de vol novateur. Elle espère obtenir dans les prochains mois la certification qui lui permettra de passer à la phase d’industrialisation.

Se faire une place au soleil dans un secteur high tech dominé par quelques poids lourds, où les contrats se négocient en dizaines de millions de dollars: c’est le pari un peu fou tenté par les fondateurs de la start-up carolo Venyo, qui se sont lancés, à partir de rien, dans le développement d’un simulateur de vol novateur.

L’histoire commence en 2006. Quelques actionnaires soutiennent la création d’une PME autour d’un projet dans le domaine de l’internet. Mais avec la crise de 2008, l’idée initiale doit être abandonnée. Un plan B est alors trouvé: créer un simulateur de vol professionnel repensé, moins onéreux et plus facile à employer que les imposantes machines de la concurrence. Les simulateurs "full flight" sur vérins, le nec plus ultra pour la formation et la qualification des pilotes, ont en effet besoin de grandes surfaces d’accueil et d’une source d’énergie importante. Ils nécessitent également des heures de mise en œuvre et de maintenance. Ils sont dès lors chers, très chers: de 10 à 25 millions de dollars l’unité, avec un coût d’utilisation à l’heure en conséquence. Des contraintes qui ont poussé la plupart des compagnies aériennes à externaliser ce service dans des centres mutualisés.

Obtenir la certification

Venyo a opté pour un simulateur de Boeing 737NG, l’appareil mono-couloir et biréacteur le plus courant sur le marché. Un démonstrateur a été finalisé pour le salon du Bourget de 2013, où sa présentation a fait forte impression. La grand-messe de l’aéronautique n’a en effet pas beaucoup l’habitude de voir exposés de tels engins, dont le transport n’est pas aisé.

Le simulateur de Venyo est fixe, sans vérins hydrauliques qui le font bouger. Mais comme il se présente comme plus évolué et plus réaliste que les autres simulateurs de cette catégorie, il permet de couvrir potentiellement une bonne partie de la formation des pilotes, explique Jean-Claude Streel, Development Manager de Venyo. Le projet s’attaque certes à une niche, mais dans un secteur en expansion: "Dans les deux prochaines décennies, le nombre de personnes qui voyageront en avion va doubler. Ce qui veut dire que l’activité va croître dans tous les domaines liés à l’aéronautique", fait valoir Jean-Claude Streel. Autre innovation: les simulateurs de Venyo ne seront pas vendus, mais seront fournis en leasing, suivant les besoins des compagnies.

Pour les responsables de la petite entreprise installée à Gosselies, le prochain objectif est de faire agréer le prototype et d’obtenir la certification de l’Easa (European Aviation Safety Agency), un organisme européen représenté en Belgique par la BCAA (Belgian Civil Administration Autority). Une étape majeure, qui devrait être franchie durant l’été (mais sans doute pas d’ici le prochain salon du Bourget). La même démarche devra être réalisée auprès des autorités américaines (la FAA).

Ces deux sésames permettront de lancer les phases de commercialisation et d’industrialisation. À cet effet, Venyo vient de faire l’acquisition d’un terrain d’une centaine d’ares sur l’Aéropôle de Gosselies. Les responsables de la société ambitionnent de fabriquer et de mettre sur le marché une dizaine de simulateurs de vol par an, ce qui permettra de faire passer l’emploi de quinze à une quarantaine de postes.

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